‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoceChapitre 37 sur 55 · VI. — Assurer notre sanctificatiei · texte numérisé non relu

VI. — Assurer notre sanctificatiei

Toutes les âmes sont tenues de travailler à leur salut éternel, il n'est fait d'exception pour aucune ; mais toutes ne sont pas appelées au même degré de perfection. La sainteté des âmes tient à un ensemble de conditions et de circonstances qu'il nous est bien difficile de déterminer pour en indiquer la mesure. Il faudrait, pour cela, connaître non seulement l'état, les devoirs, les secours, les obstacles, le genre de vie et le milieu de chacun, mais aussi les dons de Jésus, ses grâces, ses desseins et son action divine dans l'âme.

Néanmoins, nous pouvons affirmer sans crainte, qu'en dehors des devoirs essentiels de toute créature, réclamés par l'obligation universelle de tra-

vailler à son salut éternel, il en est de particuliers à chaque âme qui font partie d'un plan individuel de perfection que Jésus a formé pour elle.

Nous ne passons pas tous par les mêmes voies; nous ne sommes pas tous sujets aux mêmes infirmités physiques et morales ; nous ne rencontrons pas tous les mêmes difficultés ; nous ne sommes pas tous exposés aux mêmes tentations et aux mêmes dangers ; nous n'avons pas tous à lutter contre les mêmes ennemis ; nous ne portons pas tous le poids des mêmes misères et des mêmes défaillances ; nous n'avons pas tous à compter avec le même tempérament et le même caractère; nous n'avons pas tous à nous méfier des mêmes penchants et des mêmes habitudes ; enfin, nous n'avons pas tous les mêmes devoirs d'état à accomplir, et nous n'avons pas tous reçu les mêmes lumières et les mêmes grâces.

C'est cet ensemble de détails qui constitue la vie propre et quotidienne de chaque âme et lui crée des obligations particulières destinées à la sanctifier, si elle y est fidèle.

Ce concours de circonstances mobiles qui modifie si facilement notre existence morale ou spirituelle, n'est pas un efïet du hasard. C'est Jésus qui, étant maître absolu, dispose les événements, les personnes et les choses, les grâces, les aspirations intimes et les états d'âme, en vue

de raccomplissement de ses desseins adorables, et toujours pour le plus grand bien de chacun. Mais à côté des dangers, Il met les moyens de s'en préserver ; en face des difficultés, Il donne la grâce de les surmonter ; au milieu des peines de tout genre, comme dans les diverses conditions de vie. Il est là, tout à côté de l'âme, pour l'éclairer, la fortifier, la secourir efficacement et la garder généreuse et fidèle '.

De tous les secours qu'il lui donne et de toutes les grâces qu'il lui fait, il n'en est pas de comparable à celle des exemples de vertu et de perfection dont sont remplies sa vie mortelle et sa vie eucharistique. Jésus apparaît alors comme le modèle de toutes les vertus ; modèle parfait qui répond à l'idéal de la plus haute sainteté ; modèle universel qui contient l'exemplaire pratique à suivre partout et dans les situations les plus diverses ; modèle constant, invariable dans ses

' « // ne vous manque aucune grâce, dit Saint Paul (I Cor., I, 7), à vous qui attendez la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ. »

Remarquons que cette manifestation de Jésus est avant tout le fruit de l'amour que nous Lui portons. Jésus Lui-même nous le dit expressément, comme pour nous faire entendre qu'il n'y a pas de vertu sans amour et que l'âme qui L'aime véritablement Lui est tellement agi'éable, que non seulement II ne lui refuse aucune grâce, mais que, de son côté, Il ne met aucune borne à son amour et se manifeste pleinement à elle. « Celui qui m'aime, dit-Il, sera aimé par mon Père, et moi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui (Jean, xiv, 21). »

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principes comme dans son amour, dont la lumière ne saurait se voiler et dont le secours ne fait jamais défaut.

Jésus n'est pas seulement pour nous un modèle utile dans les circonstances diverses de la vie, mais II est essentiellement le divin et nécessaire exemplaire que nous avons le devoir absolu de copier.

Il n'a voulu vivre de notre vie que pour se mettre davantage à notre portée; pour nous apparaître marchant dans la même voie, sujet aux mêmes difficultés, exposé aux mêmes ennemis, aux prises avec la même pauvreté, les mêmes soucis, les mêmes peines et les mêmes épreuves; passant par la tristesse, la tentation ', les humi-

' La tentation, à laquelle il a plu à Jésus, notre divin Maître, de se soumettre, est un des faits de sa vie dont on a souvent une idée moins précise, quoiqu'il soit l'empli d'enseignements précieux et d'une immense bonté à notre égard. C'est encore l'Ange de l'Ecole qui nous en donnera l'intelligence. Avant tout, comprenons que Jésus n'a été tenté que parce qu'il l'a voulu. « Le Christ, dit Saint Thomas, s'est soumis au démon par sa propre volonté pour être tenté, comme aussi il s'est volontairement soumis à ses suppôts pour être mis à mort ; autrement, le diable n'aurait pas osé venir à lui. » S. Thom., III p., q. 41, a. 2.

Voici maintenant les motifs de sa tentation. « Le Christ a voulu être tenté : I" Pour nous donner un secours contre les tentations. « Il était juste, dit Saint Cirégoire (Hom. xvi, in Lv.), qu'il vainquît nos tentations par les siennes, comme il était venu vaincre notre mort par la sienne. »

Hâtions, les contradictions, les persécutions et les abandons ; méprisé et incompris, souffrant et mourant ; puis, demeurant au Très Saint Sacrement doux, patient, humble et humilié, aimant et abandonné, vivant et semblant privé de vie '.

Nous n'avons qu'à lever les yeux et nous apercevons aussitôt notre divin modèle; nous trouvons en Lui tous les secours qui nous sont nécessaires et au moment opportun ; avant même que nous ayons formulé une prière, Il nous a assistés de sa grâce. Et c'est ainsi qu'il est la lumière, la vérité, la force, la persévérance, la victoire et la vie des âmes qui veulent marcher sur ses traces et Lui

« 2" Pour que nous fussions sur nos gardes ; afin que personne, quelque saint qu'il fût, ne se crût tranquille et à l'abri de la tentation.

« 3'> A cause de l'exemple, pour nous apprendre le moyen de triompher des tentations du démon. D'où Saint Augustin dit (Z7e Trin., lib. IV, cap. 12) que « le Christ se laissa tenter par le démon pour être notre médiateur et nous aider à surmonter les tentations, non seulement par son secours mais encore par son exemple ».

« 4'' Pour que nous ayons confiance dans sa miséricorde. D'où Saint Paul dit (Hébr., iv, i5): « Nous n'avons pas un pontife qui ne puisse compatir à nos infirmités, ayant été tenté en toutes choses, et étant semblable à nous, sauf le péché. » S. Thom., III p., q. 41, a. 1.

' « Alors qu'il était Dieu... il s'est anéanti lui-même pour prendre la forme de l'esclave, pour devenir semblable aux hommes et en tout se montrer sous l'apparence de l'homme. » Phil., Il, 6. 7.

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faire l'honneur d'un service tout de fidélité et d'amour '.

Douce obligation que celle que Jésus nous a Lui-même imposée, pour répondre à ses desseins d'amour et de miséricorde sur nous, en nous faisant une loi de Le prendre comme modèle et, dès lors, de L'établir l'objet de nos fréquentes considérations et de nos amoureuses contemplations.

Nous ne pouvons nous garder fidèles et nous sanctifier d'une manière efficace que si nous connaissons Jésus, et si nous revenons sans cesse à Lui suivant nos besoins et notre condition. La sanctification de notre âme est une affaire assez sérieuse pour que cette pensée nous excite à faire de Jésus notre étude habituelle.

Pour être fidèle à la grâce, il faut recourir à Jésus ; pour se sanctifier, il faut connaître, étudier et imiter Jésus. En devenant expert dans la connaissance de Jésus, on avance plus vite et on monte plus haut dans la perfection. Que Jésus

* « La grâce de Dieu notre Sauveur s'est manifestée à tous les hommes, nous enseignant à renoncer à l'impiété (parce quelle est lumière et vérité) ; aux convoitises mondaines, pour que nous vivions avec sobriété, avec justice et avec piété dans ce siècle (parce quelle est une force) ; attendant la bienheureuse espérance et l'avènement de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ (parce quelle est le moyen de la persévérance et le gage de la victoire, comme la vie de l'âme). »

TiT., Il, 11, 12.

soit notre science et notre Tout, et nous deviendrons des saints !

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