‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoceChapitre 5 sur 55 · II. — Jésus est la révélatiop de la Divinité · texte numérisé non relu

II. — Jésus est la révélatiop de la Divinité

Nous sommes d'autant plus tenus de connaître Jésus, que c'est par Lui que nous allons à son divin Père et que nous connaissons la très sainte et très adorable Trinité.

Jésus est venu manifester aux hommes les grandeurs, les perfections infinies et l'éternelle charité de Dieu '. Jusque-là l'humanité n'avait qu'une notion vague et incomplète de la Divinité; elle n'en connaissait qu'imparfaitement les mystères, elle ne l'avait entrevue que de loin, elle

1 « Nul n'a jamais vu Dieu, mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a fait connaître. » Jean, i, i8.

n'en avait point éprouvé tout l'amour et toute la bonté. Il lui avait manqué une bouche divine qui lui révélât à découvert les mystères cachés, un Cœur tout de feu divin consumé qui palpitât dans la poitrine d'un Dieu, une personnification vivante de la Divinité qui fût une révélation constante des perfections divines et de l'éternelle Charité.

Jésus apparaît et les voiles tombent ; Jésus descend jusqu'à l'homme et II l'élève jusqu'à Dieu ; Jésus parle, et la vérité se fait jour; Jésus aime, et 11 embrase les cœurs ; Jésus montre le ciel, et II nous fait entrevoir les splendeurs de la béatitude.

Jésus se couvre des dehors de notre humanité ', mais II prouve qu'il est Dieu tout autant qu'il est Homme. Il nous parle de son Père qui L'engendre de toute éternité- et qui prend en son Fils ses divines complaisances '. Il nous enseigne qu'il ne fait rien sans lui et qu'il est venu pour accomplir ses adorables Volontés '. Il nous apprend que son

' << II s'est anéanti lui-même, en prenant la forme d'esclave, en devenant semblable aux hommes, et en se montrant sous l'apparence d'un homme. » Phil., n, 7.

■-' « Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde. » Jean, xiv, 28.

« Je suis le Fils de Dieu. » Jean, x, 36.

« Moi et le Père nous ne sommes qu'un. » Jean, x, 3o.

•' « Une voix se fît entendre du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je me suis complu. » Luc, m, 22.

* « En vérité, en vérité je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, si ce n'est ce qu'il voit faire au Père ; car tout

bonheur est de révéler son divin Père et de lui gagner des âmes'. Il aspire à les lui donner toutes; mais II nous dit clairement que pour aller à son Père il faut passer par Lui, que personne ne connaît le Père si Lui, le Fils, ne le lui a révélé, ni le Fils si le Père ne le lui a appris-.

Jésus nous parle encore du Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils, fruit divin et substantiel de leur mutuel amour, de sa mission qui viendra compléter la sienne, et de ses opérations divines dans les âmes \

Admirable enseignement qui nous ouvre des horizons immenses et sublimes sur les relations ineffables des trois Personnes divines.

Comment, dès lors, ne serait pas essentielle et indispensable la connaissance de Celui par qui seul nous pouvons acquérir la notion de semblables mystères ; surtout, lorsque nous savons

ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement. » Jean, v, tg. « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Jean, v, 3o.

• << Je vous ai glorifié sur la terre... J'ai fait connaître votre nom aux hommes et je le leur ferai connaître. » Jean, xvii, 4, 6, 26.

- i< Personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils aura voulu le révéler. » Matth., xi, 27.

" « Mais le Paradet, l'Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera touter choses, et i>oits rappellera tout ce que je vous ai dit. » Jkan, xiv, 26.

que Dieu le Père ne L'a envoyé au monde que pour lui faire ces divines révélations.

Avant la venue de Jésus, l'humanité allait à Dieu par des connaissances vagues et générales ; devant la Majesté suprême, elle se tenait dans une attitude de respect qui s'alliait très bien à son devoir d'adoration, mais qui ne répondait pas suffisamment à son besoin d'amour. De son côté. Dieu, qui n'avait pourtant cessé de pardonner à son peuple sans cesse infidèle, après toutefois l'avoir souvent châtié, n'avait pas révélé son amour aux hommes dans toute son intensité.

Pour satisfaire ce double besoin d'amour de la part de Dieu et de ses créatures, il fallait attendre l'apparition de Jésus. Jésus vient et II concrète en Lui les notions anciennes sur la Divinité, en les complétant par des révélations nouvelles qui constitueront jusqu'à la fin des temps l'admirable doctrine d'une religion parfaite. Maintenant que Jésus est venu et qu'il nous a enseignés, nous n'avons plus rien à attendre, nous possédons la Vérité intégrale et l'Amour incréé sous sa forme la plus palpable et la plus attrayante *.

Mais puisque Jésus est le centre de tout, nous

* « Père, j'ai consommé l'œuvre que vous m'avez donnée à faire... J'ai manifesté votre nom aux hommes... Maintenant ils connaissent que tout ce que vous m'avez donné vient de vous... Ils ont cru véritablement que je suis sorti de vous, et ils ont cru que vous m'avez envoyé. » Jean, xvm, 4, 6-8.

sommes obligés d'aller à Lui ; nous ne pouvons pas, comme dans l'Ancien Testament, nous contenter d'un culte imprécis de l'Eternel et faire du Jéhovah des Hébreux notre Dieu inaccessible ; nous possédons Dieu avec nous, l'Emmanuel s'est fait notre compagnon d'exil, notre Maître et notre divin Modèle. C'est par Jésus que Dieu nous a parlé S c'est en Jésus qu'il s'est révélé -, c'est par le Cœur de Jésus qu'il nous a aimés", c'est par le sang de Jésus qu'il nous a sauvés^. Pour avoir de Dieu une notion exacte et pour comprendre l'immensité de son amour, nous devons donc connaître Jésus et concentrer en Lui toutes les ardeurs de notre cœur.

* « Après nous avoir parlé dans les siècles écoulés par ses prophètes, Dieu nous a enfin parlé par son propre Fils. » Hebr., i, 2.

■- « Celui qui me voit, voit celui qui m'a envoyé. » -Jean, xii, 45.

« Il y a si longtemps que je suis avec vous et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui qui me voit, voit aussi le Père. » Jean, xn-, 9.

3 « Dieu n'a pas envoyé son Fils unique dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » Jean, iii, 17.

« Père juste, je leur ai fait connaître votre nom... afin que l'amour dont vous m'avez aimé soit en eux. » Jean, xvii, 26.

■^ « Dieu le Père nous a rendus agréables à ses yeux en son Fils bien-aimé. C'est en lui que nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon les richesses de sa grâce. » Ephes., I, 6, 7.

« Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui ; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. » Col., i, 19, 20.

38 CONNAISSANCE DE jÊSL'S I.E VERBE INCARNE

Notre premier et doux devoir est de L'étudier avec un zèle constant et un enthousiasme tout divin. La seule pensée qu'en Le connaissant nous acquerrons la science de tout ce qu'il nous est le plus important de savoir au ciel et sur la terre, doit nous exciter à poursuivre généreusement notre étude de Jésus et à nous passionner pour Celui que nous ne posséderons pleinement que quand nous Le connaîtrons parfaitement et L'aimerons sans mesure et sans fin.

III. — La vie éternelle consiste dans la connaissance de Jésus

La fin de tout homme venant en ce monde est de parvenir à la vie éternelle. Nous ne sommes point sur la terre pour y rester ; nous marchons vers un au delà qui n'est point de ce monde et qui dépasse les limites du temps '. Outre qu'il y a en nous des aspirations et des désirs qui échappent au contrôle de notre volonté et qui s'imposent indiscutablement à elle pour la faire soupirer, même inconsciemment, après un bonheur que la terre et les créatures ne peuvent

' « Nous n'avons point ici-bas tie detucurc /)ennaneiile, mais nous cherchons celle qui est à venir. » Hebr., xni, 14.

donner ', nous ne pouvons échapper à l'empire universel de la mort, qui, dans les desseins de Dieu, n'est que le commencement d'une vie nouvelle mais éternelle.

La vie du temps est donc éphémère et passagère ; un rien nous l'enlève, la brise la plus légère souvent nous la ravit, comme la plume que le vent emporte. Si nous ne sommes pas faits pour vivre ici-bas dans cette demeure instable de la vie du temps, nous ne le sommes pas davantage pour nous attacher à rien de ce qui passe et s'évanouit. Notre vraie demeure est dans le ciel, notre vraie vie est en Dieu -'.

Par conséquent, tout ce qu'il y a de grand dans notre création, tout ce qu'il y a de miséricordieux dans notre rédemption, tout ce qu'il y a de divin dans notre appel à la gloire, tout ce qu'il y a d'inefifablement tendre dans notre union à Dieu, se trouve compris et renfermé dans la vie éternelle qui nous met en possession définitive de

' « Nous sommes les maîtres de nos actions, dit saint Thomas, en tant que nous pouvons choisir une chose ou une autre. Or, le choix ne peut s'appliquer à la fin, et ne s'applique qu'aux moyens qui conduisent à la fin. Le désir de la fin dernière n'est donc l>as une des choses dont nous soyons les maîtres. » S. Thom., I p., q. 82, a. 1, ad 3.

2 « Nous savons en eflFet que si cette maison de terre que nous habitons est détruite, nous avons un édifice qui vient de Dieu, une maison qui n'est point faite de main d'homme, mais qui est éternelle dans les deux. » II Cor., v, 1.

Dieu et nous livre éternellement à ses divins embrassements.

Dans le ciel, plus d'ombre ni de mystère, plus de tristesse ni de larmes', plus de doute ni de défaillance, plus de foi mais la vision, plus d'espérance mais la possession, plus de désir mais la pleine satisfaction de toutes nos aspirations'^.

C'est Dieu vu à découvert, compris sans raisonnement, voulu sans effort, aimé sans mesure, possédé sans fin ^.

Et tout cela est renfermé en Jésus ; la connaissance de Jésus nous le donne. « La vie éternelle consiste, a-t-Il enseigné Lui-même, à connaître Dieu et Celui que Dieu a envoyé, Jésus-Christ *. » Enseignement profond, d'une portée sans limites et qui nous ouvre des horizons infinis sur notre destinée et sur la facilité avec laquelle il a plu à la Toute-Puissance divine de nous y conduire.

' « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n'existera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui était autrefois a disparu. » Apoc., xxi, 4.

2 « Quand nous serons parvenus à la béatitude parfaite, nous n'aurons ftlus rien à désirer, parce qu'alors nous jouirons pleinement de Dieu, et que nous rencontrerons dans cette jouissance tous les autres biens que nous aurons ambitionnés. » S. Thom., Il II, q. 28, a. 3.

3 « Nous voj'ons maintenant à travers un miroir, en énigme ; mais alors nous verrons face à face. Maintenant je connais en partie ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. » I Cor., XIII, 12.

'' Jean, xvii, 3.

Rien n'est grand et important comme notre salut éternel, rien n'est digne d'envie et divin comme cette vie éternelle à laquelle nous sommes appelés et qui comprend, avec les splendeurs de la gloire divine, le bonheur indicible de la possession de Dieu dans l'union sans fin. Lorsque nous serons arrivés à la connaissance parfaite de Jésus, nous posséderons tous ces biens à la fois ^. L'essence même de cette vie éternelle et bienheureuse consiste dans la connaissance de Jésus ; cette connaissance nous donnant et l'intelligence du mystère de la Très Sainte Trinité, fondement et origine de tous les autres mystères, et la science du Verbe Incarné se faisant le Sauveur des hommes et se constituant leur éternelle récompense.

Jésus est une manifestation tellement complète de la Divinité, Il réunit si parfaitement en Lui toutes les communications de Dieu à l'humanité et toutes les destinées éternelles de l'âme humaine, que Le connaître dans toute sa splendeur c'est posséder Dieu, c'est le comprendre, c'est l'aimer, c'est être absorbé en lui dans une union

1 C'est la pensée qu'exprime Saint Thomas, quand il fait consister le bonheur suprême dans la science de Dieu : « Si une intelligence créée ne voyait que Dieu, qui est la source et le principe de tout être et de toute vérité, son désir de savoir serait tellement rempli qu'elle ne chercherait n'en autre chose et qu'elle serait heureuse. » S. Thom., I p., q. 12, a. 8, ad 4.

ineffable; et cela dans la perfection suprême, sans possibilité d'accroissement, et dans une stabilité éternelle, sans interruption et sans fin.

Si la connaissance parfaite de Jésus nous donne ainsi là-haut la vie éternelle, les efforts faits sur la terre pour l'acquérir doivent conséquemment nous faire participer à l'avance aux biens et à la félicité de la Patrie'.

Connaître Jésus, l'envoyé du Père, le Verbe incarné, c'est donc tout le bonheur du temps et tout le bonheur de l'éternité. Kt puisque la vie éternelle consiste à I.e connaître, et que c'est là le souverain Bien, nous ne pouvons pas ici-bas négliger cette connaissance sans manquer à notre devoir le plus sacré. Ne point nous en soucier dénoterait une indifférence inconcevable et équi-

' Le même saint Docteur met en première ligne la connaissance de Jésus le Verbe incarné, comme moyen d'arriver à la science et à l'amour des choses divines et éternelles : « Les choses qui appartiennent à la Divinité, dit-il, sont par elles-mêmes les plus capables d'exciter l'amour, et par conséquent la dévotion, parce qu'on doit aimer Dieu par-dessus tout. Mais la faiblesse de notre nature fait que comme nous avons besoin de signes sensibles pour arriver à la connaissance des choses divines, de même il nous faut des choses qui frafjfjent nos sens pour exciter en nous \ amour divin ; et la première de toutes ces choses est l'Hi^MANmi DU Christ, dont il est dit dans une Préface (celle de Noël) qu'elle a eu lieu pour qu'en connaissant Dieu visiblement, nous soyons portés par lui à Vantour des choses invisibles. C'est pouiquoi ce qui appartient à Xhumanité du Christ excite en nous d'une manière presque sensible, la dévotion la plus vive. » S. Thom., II II, q. 82, a. 3, ad 2.

IMPORTAiNCE DE LA CONNAISSANCE DE JESUS 40

vaudrait, autant qu'il est en nous, à un mépris et à un refus de la vie éternelle, de tout ce qui la constitue et du bonheur sans fin dont elle est le gage.

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