IV. — Jésus est le centre de rhistoire du monde
Pour mieux comprendre l'importance souveraine de la connaissance de Jésus, il suftit de considérer la place que Jésus tient dans l'humanité, le rôle qu'il a joué dans l'histoire du monde, et l'influence qu'il exerce sur les nations et sur les individus.
Jamais homme n'a opéré ce qu'a fait Jésus, jamais conquérant n'a tant bouleversé les empires, jamais chef d'armée n'a conduit tant de soldats à la victoire, jamais héros n'a opéré plus de merveilles ni conquis plus de lauriers.
Jamais créature n'a plus honoré l'humanité, jamais prophète n'a été plus écouté, jamais thaumaturge n'a plus émer\ eillé, jamais génie n'a été plus grand dans autant de simplicité, et jamais être n'a été tant aimé.
Mais surtout jamais humain ne s'est plus approché de la Divinité, jamais luortel n'a plus parlé d'immortalité, jamais vie terrestre n'a plus ressemblé à l'éternité.
La raison en est que Jésus n'est pas de la terre, mais qu'il vient du ciel • ; Il n'est pas simplement homme, Il est Dieu. Sous des dehors pauvres et misérables, Il cache la beauté et la richesse des cieux ; sous l'enveloppe de notre fragile humanité, Il voile la gloire extérieure de sa Divinité; sous le couvert d'une vie toute de simplicité. Il se consume dans un brasier d'éternelle charité ; sous l'apparence du Fils de l'Homme, Il demeure le Fils de Dieu 2.
Aussi son action divine et cachée se fait-elle sentir autour de Lui, agit-elle au loin, passe-t-elle les mers, embrasse-t-elle le monde et exerce-t-elle sur les générations de tous les temps cette influence universelle à laquelle ne résistent ni les hommes ni l'espace ni la durée -K
Jésus a changé l'orientation du monde. A sa venue, les peuples d'Orient se sont mis en branle ;
1 « Je suis descendu du cie/. » Jean, vi, 38,
2 « (Jésus-Christ) étant Dieu par nature, n'a pas estimé que ce fut pour lui une usurpation en se faisant égal à Dieu ; mais il s'est anéanti lui-même en prenant la nature de l'esclave, en devenant semblable aux hommes, en se montrant j<)//j l'apparence d'un homme, rt Phil., ii, 6, 7.
3 « C'est pourquoi Dieu l'a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. i> Phil., ii, 9-11.
à sa mort, la terre a fléchi sur la base et du sang qui coulait de la Croix une sève nouvelle de vie divine a couru dans les veines de l'humanité. Pendant des siècles attendu, Jésus a changé les soupirs de son peuple dans les transports de joie et d'amour qui ont éclaté de toute part et qui ont lancé les âmes, à sa suite, dans la voie du renoncement et du sacrifice, à la conquête de la sainteté. Le monde entier a connu la renommée du divin Crucifié. Des millions de martyrs ont donné pour Lui leur sang ; des multitudes, éprises de charité divine, ont peuplé les déserts et les cloîtres ; les saints, fidèles imitateurs de leur Maître, se sont multipliés sur tous les points du globe. Il s'est levé des armées de croyants et d'admirateurs, et le nom de Jésus a rempli l'univers.
Jésus est devenu le point de mire de l'humanité, le sujet des études les plus approfondies, l'objet de l'admiration quasi universelle, l'objectif des arts et l'inspiration des génies. On a voulu tout connaître de Jésus et on a scruté sa vie, pesé ses paroles, médité ses enseignements, apprécié ses moindres actes. On a vécu de son souvenir, on s'est inspiré de sa doctrine, on s'est fait les fidèles observateurs de ses commandements et les glorieux défenseurs de sa Personne adorable.
De tout temps Jésus a conservé une telle place dans l'humanité, qu'à aucune époque de l'histoire
on n'a cessé de s'occuper de Lui. Jamais homme ne fut plus estimé et incompris à la fois, plus écouté et plus combattu, plus aimé et plus haï. Vieille histoire des misères humaines, où la vertu coudoie le crime ; vieille lutte de l'enfer contre le ciel, où Satan s'acharne toujours contre ce qu'il y a de plus pur et de plus saint.
Jésus s'était levé dans le monde comme un signe de contradiction '. Au cours de sa vie, et même en face de ses plus grands miracles, les avis étaient partagés à son sujet ; les uns l'appelaient bon et les autres méchant, les uns le confessaient Dieu et les autres attribuaient à Béelzébud les merveilles qu'il opérait-. Depuis, il en a toujours été ainsi ; mais cette ingratitude et cet aveuglement des hommes n'enlèvent rien au rôle prépondérant que Jésus joue dans le monde. Et l'on peut dire en toute vérité, en parlant de Lui, que jamais homme n'a été plus contredit et jamais Dieu plus adoré.
Avec Jésus un monde nouveau a, en vérité, commencé ; aussi, les années de l'ère chrétienne
* « Voici que cet enfant est établi... comme un signe de contradiction, » Luc, n, 34.
'^ « Il y eut encore une diz'ision parmi les Juifs à cause de ces paroles. Beaucoup d'entre eux disaient : II est possédé du démon, et il a perdu le sens : pourquoi l'écoutez-vous ? D'autres disaient : ce ne sont point les paroles d'un homme possédé du démon, le démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles? » Jean, X, 19-21.
se comptent-elles à partir de son avènement.
Jésus est vraiment le sommet de l'histoire du monde et le soleil qui en éclaire les deux pentes. Pendant quatre mille ans, l'humanité s'est dirigée vers Lui ; et depuis sa venue, l'humanité vit de Lui et, sous sa conduite, continue sa marche vers l'éternité.
Pour que Jésus ait opéré un tel changement dans le monde et ait déterminé un semblable mouvement dans les esprits et les cœurs, c'est qu'il est à Lui seul tout ce qu'il est venu manifester, toutes les merveilles qu'il a accomplies, toutes les beautés qu'il a révélées, toutes les vérités qu'il a enseignées, tout l'amour qu'il a prodigué.
Le connaître est une science qui s'impose, science nécessaire mais toute de beauté, de sainteté et de charité.