V. — Notre amour de Jésus
dans sQs perfections infinies
est notre bonheur
Jésus est la source éternelle de notre bonheur, comme II est l'objet suprême de nos connaissances et de notre amour. En soi et dans l'ordre établi par Dieu, nous ne pouvons trouver ni
posséder d'autre bonheur réel que celui qui nous vient de Jésus, que ce divin Sauveur nous a rendu en nous réintégrant dans nos droits à l'éternelle Patrie, et dont II s'est constitué la garantie nécessaire par ses mérites infinis et par les grâces sans nombre qu'il nous prodigue si miséricordieusement K
Le premier moyen de nous rendre heureux, que nous offre Jésus, c'est celui qui consiste à Le connaître. Tant que nous n'avons pas de Lui une juste connaissance, nous ne pouvons ni Le désirer ni L'aimer ; aussi, notre amour est-il en raison directe de l'intelligence que nous en avons ; ce qui fait qu'au ciel l'amour des Bienheureux arrive à son comble et ne peut plus être dépassé, parce que la vision béatifique leur donne la science parfaite de Jésus, autant qu'ils sont susceptibles de la posséder '^
1 « Notre Seigneur Jésus-Christ nous a donné par sa grâce une consolation éternelle. » II Thés., ii, i5. — « Il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel. » Hebr., V, 9.
' Les Bienheureux ne peuvent avoir de Dieu une science parfaite, dans le sens strict du mot, parce que la connaissance se mesurant d'après l'objet, aucun esprit créé ne peut avoir une intelligence complète de ce qui est incréé et infini. C'est ce qu'exprime Saint Thomas : « Pour connaître l'Etre qui subsiste par lui-même et qui est son être même, il n'y a que l'intelligence divine qui en soit capable, parce qu'il est au-dessus des facultés naturelles de tout esprit créé, puisqu'il n'y a pas de
L'amour ne donne le bonheur parfait que quand l'objet aimé est pleinement possédé ; c'est pourquoi sur la terre notre bonheur n'est jamais complet, parce que le ciel seul nous donnera la jouissance parfaite de Jésus. II n'en est pas moins exact de dire que, quoique le bonheur ici-bas soit relatif, il consiste essentiellement, comme le bonheur éternel, dans la possession de Jésus connu et aimé. Toutefois, de ces trois notions de possession, de connaissance et d'amour, la connaissance est la première en origine comme en importance, puisqu'elle précède et est la condition des deux autres.
créature qui soit à elle-même son être, toute créature ayant reçu nécessairement l'existence. » S. Thom., I p., q. 12, a. 4.
Même éclairée par la grâce dans la vision béatifique, l'âme bienheureuse ne peut connaître Dieu parfaitement. « La lumière de gloire, dit le même Docteur, par là même qu'elle est créée et qu'elle est reçue dans une intelligence qui est créée aussi, ne peut être infinie ; par conséquent il est impossible qu'un esprit créé ait de Dieu une connaissance infinie et partant qu'il le comprenne. » Ibid., a. 7.
Ce qui n'empêche pas cependant les Bienheureux de jouir d'un bonheur parfait, car la joie se mesurant, non plus d'après l'objet mais d'après le sujet, leurs désirs sont tous comblés. « Quand nous serons parvenus à la béatitude parfaite nous n'aurons plus rien à désirer, parce qu'alors nous jouirons pleinement de Dieu, et que nous rencontrerons dans cette jouissance tous les autres biens que nous aurons ambitionnés, suivant cette parole du Psalmiste (Ps. en, 5) : « Il remplit votre désir en vous comblant de ses biens ». La joie des Bienheureux sera parfaitement pleine, elle sera même surabondante, parce qu'ils obtiendront plus qu'ils n'ont pu désirer. Car, selon l'expression de l'Apôtre (I Cor., h, 9) : « Le cœur de l'homme n'a jamais conçu
Connaître Jésus doit donc être pour nous un bonheur au-dessus de tous les bonheurs de la terre. Plus nous Le connaîtrons, et plus nous serons heureux ; plus nous pénétrerons dans son essence divine pour en adorer toutes les perfections, et plus nous augmenterons notre source de bonheur ; plus Jésus deviendra l'objet constant de nos études et de nos contemplations, et plus nous répandrons de bonheur dans notre vie; plus nous aurons à cœur de connaître Jésus de cette science divine dont II se connaît Luimême, et plus nous nous passionnerons pour Lui et trouverons notre unique bonheur à penser à
ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. » II II, q. 28, a. 3.
Quoique le bonheur soit parfait dans les Bienheureux, il n'est pas le même chez tous ; cela dépend du degré de la vision béatifique. « Comme la béatitude consiste dans la vision de Dieu, de même le degré de la béatitude dépend de la manière dont on le voit. » (I p., q. 62, a. 9). Mais, par ailleurs, le degré de la vision béatifique dépendant du degré de la charité, le bonheur du ciel découle essentiellement de l'amour que l'on a pour Dieu. Ce qui donne une force nouvelle à la thèse que nous n'avons cessé de développer dans cet ouvrage, à savoir : que, pour être méritoire et sanctifiante, notre connaissance de Jésus doit être toute imprégnée d'amour, inspirée, fécondée, vivifiée par l'amour.
Ecoutons une dernière fois le langage lumineux de l'incomparable Docteur angélique : « Plus l'esprit participe à la lumière de la gloire, et plus la vision qu'il a de Dieu est parfaite. Or, on participe d'autant plus à la lumière de la gloire qu'on possède une charité plus étendue. Car l'ardeur de la charité règle l'ardeur du désir, et le désir rend celui qui le conçoit plus ou moins digne de l'objet désiré. D'où l'on voit que le degré de charité détermine le degré de perfection de la vision divine et la mesure du bonheur dont nous jouirons en elle. » 1 p., q. 12, a. 5.
Lui, à Le louer, à L'adorer, à Le glorifier, à nous unir intimement à Lui dans l'admiration et dans l'amour de ses éternelles et infinies perfections.
Ecoutons Jésus nous redire ce qu'il nous a plus d'une fois fait entendre dans l'intime de l'âme, au cours de notre lecture, et conservons ces paroles comme un résumé de ses enseignements et un doux refrain de son amour : (f Demeurez en moi et moi en vous. Demeurez dans mon amour. Celui qui demeure en moi et moi en lui porte beaucoup de fruit... Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit pleine ^ »
Nous avons non seulement le droit mais encore le devoir d'être heureux, puisque le bonheur consiste essentiellement dans la connaissance amoureuse et la possession du souverain Bien, que nous avons l'obligation sacrée d'acquérir. Nous ne pouvons donc aucunement nous reprocher d'aspirer au bonheur, du moment que nous le mettons là où il est. Bien plus, rien ne peut nous empêcher d'être heureux, au milieu même des plus grandes épreuves, puisque tout, dans les desseins de Jésus, doit nous servir à nous sanctifier, en nous rapprochant de Lui et en nous Le
* Jean, xv, 4, 5, 9, 11.
manifestant dans ses divines perfections *. Tant que notre esprit considère Jésus, que notre cœur brûle pour Lui, que notre volonté adhère à la sienne, nous sommes en communication intime avec la source même du bonheur ; et, lors même que tout en nous souffrirait, il nous restera toujours l'immense joie de contempler Jésus ainsi que la divine consolation de Le louer et de L'aimer dans ses incommensurables et ineflfables perfections.
Que ce soit sur la terre notre unique ambition, avant d'en faire au ciel notre divine et éternelle occupation !
Que Jésus, le Verbe incarné, le Prêtre éternel et la divine Victime, toujours présent et toujours nous aimant au Très Saint Sacrement, soit notre science, notre amour et notre tout à jamais ! « Je vis. non, ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Jésus gui vit en moi. . . Je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et s'est livré pour moi^. m
^ * Je surabonde de joie au milieu des tribulations. » (II Cor., VII, 4). « Avec le Christ j'ai été cloué à la croix » (Gal., ii, 19), devons-nous nous écrier, comme Saint Paul, et protester à son exemple que « ni la mort, ni la vie,... ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la violence, ni ce qu'il y a de plus élevé, ni ce qu'il y a de plus profond, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ notre Seigneur » (Rom., viii, 38, 39).
2 Gai.., II, 20.
A Jésus, connu et aimé dans ses perfections infinies
O mon divin Jésus,
Saint des saints, Dieu de Dieu, Lumière incréce,
Vérité indéfectible, Sainteté infinie, Charité éternelle,
je Vous adore et je Vous aime.
Je Vous adore
en empruntant les ine^ables complaisances
que votre divin Père prend en Vous.
Je Vous aime avec le même amour infini
dont Vous Vous aimez Vous-même éternellement.
J'adore et j'aime en Vous
tout ce que Vous êtes de toute éternité,
et tout ce que Vous avez daigné être dans le temps.
J'adore et j'aime particulièrement votre mission
de miséricorde et d'amour,
opérée par votre divin Sacerdoce
et consommée dans votre suprême Immolation.
Je veux passer ma vie à Vous contempler
et trouver mon ciel à Vous aimer.
Ravissez mon esprit par vos ine^ables beautés.
Brûlez mon coeur par les feux de votre divine charité.
Transformez mon âme et consumez ma vie
dans les célestes contemplations
de vos éternelles suavités !
VÉRITÉ ET AMODR
VÉRITÉ ET AMODR
t "Nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui. »
/ Jean. IV, 16.
Connaître Jésus est up devoir de première importance
Devoir imposé par Jésus Lui-même — devoir essentiel à ma condition humaine — devoir de l'accomplissement duquel dépend mon bonheur éternel.
Devoir qui doit passer avant tout le reste — devoir auquel tous les autres sont subordonnés — devoir auquel je suis tenu d'attacher une importance capitale — devoir que je dois avoir à cœur d'accomplir le plus parfaitement possible.
Devoir qui s'impose à tous les hommes — devoir dont aucune condition n'exempte — devoir qui ne souffre aucune exception — devoir qui atteint les générations de tous les temps et de tous les lieux.
Devoir qui embrasse toute la vie — devoir qui conserve son importance à tous les âges — devoir qui se concilie avec tous les états — devoir qui s'allie à toutes les joies comme à toutes les peines — devoir qui reste quand même la plus douce joie de l'exil, en attendant d'être l'éternelle félicité de la Patrie.
O Jésus ! faites que je Vous connaisse.
Connaitre Jésus est la science des sciences
Science toute divine dans son objet — science des perfections infinies de Dieu — science des mystères cachés en Dieu — science de l'éternelle charité.
Science des mystères de l'Homme- Dieu — science de sa vie dans le sein du Père, avant l'Incarnation — science de sa vie mortelle — science de ses souflFrances et de sa mort — science de ses enseignements et de ses vertus — science de ses bienfaits et de ses miséricordes — science de son ineffable amour dans l'Eucharistie — science de son éternel Sacerdoce Le constituant le Sacrificateur divin de son propre Sacrifice — science de sa Résurrection et de sa gloire éternelle dans les siècles des siècles.
Science de l'amour infini de Dieu pour les hommes — science de la rédemption du genre humain — science de la vertu et de la grâce pour la pratiquer — science des récompenses éternelles dans la Béatitude.
Science du véritable bonheur sur la terre — science qui remplit l'âme de suavités et la vie de mérites — science qui élève sans cesse et attire vers les hauteurs — science qui purifie les âmes et les embrase d'un feu tout divin — science qui fait les saints et peuple le ciel de Bienheureux.
O Jésus !
faites que je Vous préfère à tout.
Étudier Jésus
pour Le connaître,
douce et absolue nécessité
Nécessité pour répondre à l'obligation formelle que Jésus m'en fait — nécessité pour arriver à avoir de Jésus une science exacte — nécessité pour approfondir ses divines perfections — nécessité pour avoir l'intelligence de ses mystères — nécessité pour comprendre l'immensité de son amour.
Nécessité pour atteindre plus sûrement la fin pour laquelle je suis créé — nécessité pour arriver naturellement par des opérations successives de mon intelligence à l'acquisition de cette science suréminente — nécessité pour faire de ma vie le saint usage que j'en dois faire — nécessité pour acquérir la science du salut — nécessité pour connaître parfaitement mes devoirs et avoir le courage de les remplir — nécessité pour assurer mon salut éternel.
Nécessité pour satisfaire en Jésus les désirs immenses qu'il a d'être connu — nécessité pour Lui donner la gloire qu'il attend de la connaissance que j'aurai de Lui — nécessité pour correspondre à son amour qui Le pousse à se révéler à moi.
Nécessité pour faire fructifier dans mon âme les grâces que Jésus me donne en vue de l'acquisition de sa divine science — nécessité pour tenir mon âme toujours en haleine dans le chemin de la vertu — nécessité pour avoir toujours devant les yeux le divin Modèle que je ne dois pas me lasser de contempler et de copier — nécessité pour développer dans mon âme l'amour envers Celui dont l'étude m'est une manifestation constante de l'amour qu'il me porte — nécessité pour ne point perdre de vue ce Jésus qui doit être sans cesse mon divin objectif, le centre de ma vie, mon idéal et mon tout.
O Jésus ! faites que je ne goûte plus d'autre bonheur que celui de Vous étudier et de Vous aimer.
Étudier Jésus avec amour, vrai charme de la vie
Avec amour, parce que Jésus est amour — amour éternel et incréé — amour du Père et objet de ses infinies complaisances — amour
dans son essence et dans ses divines opérations.
Avec amour, parce que Jésus est ici-bas la manifestation de l'amour éternel — parce que l'amour est la raison d'être, le mobile et la fin de tous ses mystères — parce que sa vie et sa mort ne sont qu'amour — parce que l'Eucharistie qui Le garde au monde est un Sacrement d'inetfable amour — parce qu'il est au ciel l'objet de l'éternel amour des Bienheureux.
Avec amour, parce que je ne puis aller à Jésus que par la même voie par laquelle II a daigné venir à moi — parce que je ne puis m'approcher du foyer de l'amour sans brûler moi-même de ses feux — parce que Jésus qui m'a fait à son image m'a fait pour aimer — parce que l'amour illumine l'âme et la rend clairvoyante — parce que plus je connais ses perfections infinies et plus je les aime.
Avec amour, parce que ma science de Jésus doit me conduire à l'imitation de ses vertus et que plus je L'aimerai plus je voudrai Lui ressembler — parce que l'amour me maintiendra généreux et fidèle à son service et qu'alors je pourrai me livrer plus librement à cette divine étude — parce que l'amour, en m'unissant plus étroi-
VÉRITÉ ET AMOUR 3o3
tement à mon Bien-Aimé, m'en donnera une connaissance beaucoup plus intime et plus fructueuse.
O Jésus I faites que je me passionne peur Vous étudier et Vous connaître.
Etudier Jésus
par amour pour Lui
et par intérêt pour moi
Par amour pour Lui, puisqu'il est tout et qu'il est à Lui seul toute perfection, toute beauté, toute science et toute sainteté — puisqu'il est la vérité, la bonté, l'amour, la vie, le temps et l'éternité — puisque Le connaître c'est L'aimer, L'aimer c'est Lui être uni, Lui être uni c'est Le posséder et Le posséder c'est l'éternelle félicité.
Par amour pour Lui, pour son bon plaisir — pour répondre à ses divins appels — pour Lui donner la joie de se manifester et de se communiquer — pour Lui procurer la gloire qu'il cherche en grandissant dans mon âme et en prenant la place prépondérante dans ma vie — pour
Lui permettre de rayonner dans mon intelligence afin de mieux embraser ensuite mon cœur et de me ravir totalement à Lui.
Par intérêt pour moi, puisque Jésus m'a fait pour Lui et que L'étudier c'est me mettre en contact immédiat avec Lui — puisque, étant créé à son image, je dois L'imiter dans la connaissance qu'il a de Lui-même, pour mieux ensuite L'aimer de l'amour dont II s'aime — puisque c'est m'acheminer vers la fin à laquelle je suis destiné, qui est de Le connaître et de jouir de Lui sans fin dans une éternelle vision.
Par intérêt pour moi, qui ai tant besoin de ce secours au milieu des peines et des difficultés de la vie — pour moi, qui puis ainsi m'appuyer sur la vérité indéfectible et puiser l'amour divin à sa source éternelle — pour moi, qui trouve en Jésus le remède à tous mes maux, la grâce pour pratiquer toutes les vertus, la solution de tous mes doutes, le bonheur dont mon cœur est assoiffé, la perfection à la laquelle j'aspire, la raison des sublimes aspirations de mon âme, la vie divine qui me vivifie et me fera vivre éternellement.
O Jésus I faites que |e ne me lasse Jamais
de Vous étudier,
pas plus que je ne veux cesser de Vous aimer.
VÉRITÉ ET AMOUR 3o5
Étudier Jésus
dans les conditions requises
peur ei) profiter
Conditions spirituelles — de pureté de vie, pour rendre mon âme apte à recevoir les lumières de Jésus — de détachement, pour n'être point paralysé dans mes études et pour pouvoir librement et à tout instant me mettre en communication intime avec Jésus — d'humilité, à la vue de ma misère mise en face d'uiîe science aussi sublime — de prière, en faisant de mes études une élévation continuelle de mon âme vers Jésus.
Conditions morales — de pureté d'intention, cherchant avant tout la gloire de Jésus et ne désirant croître dans sa connaissance que pour des motifs surnaturels et jamais humains — de zèle, pour ranimer sans cesse mon ardeur au travail — de persévérance, pour ne point me lasser dans mes efforts ni me laisser arrêter par aucune difficulté, la connaissance de Jésus méritant souverainement que je souffre pour l'acquérir.
Conditions intellectuelles — de sérieux et d'attention, pour faire de la connaissance de Jésus une véritable étude et non une recherche superficielle — de paix et de recueillement, pour me
306 CONNAISSANCE DE jéSUS LE VERBE INCARNÉ
livrer tout entier à mes travaux — de réflexion prolongée, pour approfondir les sujets, m'en pénétrer et m'en nourrir.
Conditions matérielles — de méthode, pour tirer le meilleur parti possible de mes heures de travail — de temps, pour consacrer à cette importante science les moments les plus propices et pendant le temps voulu — d'ouvrages, pour en faire un choix judicieux, pour recourir de préférence aux meilleures sources et pour y chercher toujours ce qui ^jeut le plus développer dans mon âme la connaissance de Jésus avec son amour.
O J6sus t faites que f emploie toujours
avec amour et générosité les meilleurs moyens
de Vous mieux connaître et de Vous mieux aimer.
L'amour de Jésus dans ses divines perfections,
couronnement de la connaissance que )'ep ai
Couronnement d'amour, parce qu'en Jésus tout est inspiré par l'amour et tout se termine
VÉRITÉ ET AMOUR 3o7
à l'amour — parce qu'il s'aime en même temps qu'il se connaît, et qu'il s'aimera éternellement puisqu'il se connaîtra toujours parfaitement — parce qu'il s'est manifesté aux hommes dans l'amour, et qu'il s'unira éternellement les âmes dans un amour sans fin.
Couronnement d'amour, parce que je ne puis aspirer à une connaissance vraie de Jésus sans être en même temps embrasé de son amour — parce que ce qui me ravit surtout en Lui, c'est son amour, et que je ne peux mieux y correspondre qu'en L'aimant.
Couronnement d'amour, parce que l'amour est le principe divinement fécond pour la sanctification de mon âme et que la connaissance de Jésus est avant tout destinée à me sanctifier — parce que, après avoir étudié tout ce qu'il a fait pour moi, je ne puis marcher sur les traces de Jésus que si j'ai au cœur un amour qui soit le rayonnement du sien.
Couronnement d'amour, parce que le ciel est la patrie de l'amour et que j'y suis destiné — parce que l'amour, dans la vision béatifique, vient mettre un sceau éternel à toutes les vertus pratiquées pendant la vie — parce que la con-
3o8 CONNAISSANCE DE JÉSUS LE VERBE INCARNÉ
sommation d'amour dans l'unité est la science des sciences, et que Jésus ne se révélera pleinement à mon âme que quand son amour m'aura absorbé pour l'éternité.
O Jésus ! faites que je Vous aime
comme Vous le méritez.
Faites que )e Vous aiine pour que je Vous connaisse.
paites que je Vous connaisse pour Vous aimer
sans mesure et sans fin.