CHAPITRE II
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“tu. Venez à moi, vous qui me désirez avec “ardeur.” (Eccli. 24-25.) Telles sont les paroles que vous adresse la très sainte Vierge, afin d'exciter vos désirs et votre confiance dans la prière, et surtout dans la prière mentale appelée la méditation.
La méditation ! qu’elle vous est nécessaire pour obtenir les faveurs de choix dont vous avez besoin au milieu de tant de pièges qui vous sont tendus, et pour résister aux tentations sans nombre de vos ennemis | Enfant de Marie, voulez-vous gagner les bonnes grâces de votre Mère du Ciel ? Aimez, comme Elle, la méditation. Dés sa plus tendre enfance, dit saint Jérôme, Elle consacrait une grande partie de son temps à l'oraison. Autant que possible, appliquez-vous chaque jour à ce pieux exercice, au moins pendant un quart d'heure ; et, afin de vous en bien acquitter, adressezvous à Celle qui est si justement appelée la maltresse de la science de Dieu et la directrice de ses ouvrages.
On demandait un jour au bienheureux Eléazar à quel patron il avait recours pour si bien faire la méditation. ‘“ A la Vierge Marie, “ répondit-il Je considére d’abord mon indi-
‘ gnité, ma profonde misère ; je me tourné | “alors vers cette aimable Mère pour lui Æ
‘“ demander de mettre en ma bouche et en ‘ mon cœur ce qui lui est le plus agréable, ‘ainsi qu'à son Fils ; et je dis un Ave Maria:
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“# Pour lors, je ne manque jamais de matière “nouvelle pour ces choses divines.” Faites de même : humiliez-vous profondément ; considérez ensuite pendant quelques instants combien vous êtes rempli de défauts, dépourvu de vertus, loin de la perfection que suppose votre titre d'Enfant de Marie ; adressez-vous alors à la trés sainte Vierge dans les sentiments de la plus filiale confiance ; dites-lui, si vous voulez : ‘“ Bonne Mère, je vous apporte les trois puissances de mon âme. Faites oraison en moi ; Soyez dans ma mémoire Pour en effacer tout autre souvenir que celui de Jésus ; dans mon entendement, pour en bannir toute autre con-
naissance ; dans ma volonté, pour en arracher tout autre vouloir.”
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Quant au Corps de l’oraison ou deuxième Partie de la méditation, il est deux actes spé- Ciaiement importants que la très sainte Vierge aimerait à vous voir pratiquer, chaque fois que vous méditez. Le premier consiste à former
toujours quelque résolution particulière, relativement à votre conduite : par €xemple, de mortifier cette petite passion qui vous domine, de
d'imiter telle ou telle vertu Mère, et surtout SOn recueillement.
Thérèse, parlant de la méditation, dit: ‘ Le ‘profit de l’âme ne consiste pas à penser “ beaucoup à Dieu, mais à l'aimer généreuse- ‘ ment, .et cet amour s’acquiert-en se détermi- “ nant à travailler pour lui” Puis elle conclut : Pour moi, je ne désirerais pas d'autre “ oraison que celle qui me ferait croître en ver- “tus.” (Fond. chap. x.)
Le second acte de la volonté, c’est la recommandation à Dieu, qui est la partie la plus noble de la méditation. Bien plus, se recommander à Notre-Seigneur, à Marie, c'est l'essence même de l'oraison, qu’on nomme Oraison de demande, oraison par laquelle, au rapport de Cassien, se sont sanctifiés les Pères du désert, qui avaient sans cesse à la bouche ces paroles dont l'Eglise se sert en commençant les heures canoniales : Deus in adjutorium mnmeum intende: © Dieu, venez à mon aide.
Désormais, ne dites donc plus : “Je ne puis réussir à faire l’oraison.” Lisez le sujet de méditation que vous aurez soin de préparer la veille, autant qu’il vous sera possible ; et si vous ne pouvez vous entretenir intérieurement avec la très sainte Vierge, servez-vous d’un livre et faites le Pauvre aux pieds de votre Mère ; sollicitez comme un indigent qui a besoin de recevoir même le souffle pour respirer.
Pour toucher plus sûrement son Cœur compatissant, énumérez-lui vos misères, appuyez- VOUS Sur sa bonté, sa puissante intercession ;
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vue des souffrances et de la mort qu'il a voulu endurer pour moi ? ”
Sollicitez de cette manière ou autrement, soit aux pieds de Marie, soit en union avec Elle, et soyez certain que c’est là l’oraison la plus fructueuse, la plus facile et la plus importante de toutes... Et si vous n'étiez pas en état de faire autre chose durant le cours de la méditation, dites cent et cent fois du fond du Cœur l’oraison jaculatoire qui vous plaît davantage. : Quand vous ne feriez que dire: “O Mère, ayez pitié de votre pauvre enfant, ” Croyez-vous que le cri de votre âme ne touchera pas le Cœur si miséricordieux de la trés sainte Vierge ?
“ Les statues mêmes qui ornent les palais, ‘ dit saint François de Sales, servent à hono- “rer le roi.” De même aussi, si vous êtes là comme une statue intelligente qui ouvre de temps en temps les yeux pour regarder Marie, vous ne resterez pas sans mérite, et vous glorifierez Jésus et votre divine Mattresse.
Vers la fin, offrez vos remerciements, êt donnez-vous à cette Vierge fidèle, afin qu'Elle garde en vous toutes les grâces qu’Elle vous aura obtenues pendant l'oraison, ainsi que les résolutions que vous avez dû prendre. $i vous
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n'êtes que peu ou point avancé dans la vie pratique d'union à Marie, ce ne sera pas une des résolutions les moins fructueuses que de vous déterminer sérieusement à entrer dans cette voie si facile et si Propre à vo: corduire à la perfection.
Laissez épancher votre âme, ei ‘ermirant, et dites : “ O douce Souveraine, que r2 puis-je être tout le jour à vos pieds, afin de vous bénir, de chanter vos louanges et de vous demander toutes les grâces dont j'ai besoin ! Je désire du moins y rester en esprit, et je m'unis pour cela à toutes les Ames pieuses qui, aujourd’hui, du fond de cette vallée de larmes, vous béniront avec tant de bonheur et vous serviront avec tant de zèle... Je voudrais être à la fois dans tous les sanctuaires du monde où vous êtes spécialement honorée, pour quelqu'une de vos vertus, ou Pour Vos admirables privilèges... Ce n’est pas assez. Je veux m'unir à tous les saints du ciel, surtout à ceux qui vous ont le plus aimée ici-bas ; je vous offre leurs louanges, leurs hommages, leur amour...
Mais comme, l'offrande qui vous est la plus agréable est Jésus. votre Fils, je m’unis à son CŒur pour vous louer, vous bénir, vous aimer, comme il l’a fait sur cette terre et le fait maintenant au Ciel... Bénissez-moi. .., bénissez aussi Ceux qui me sont chers, tous vos vrais enfants, etc.” Si vous en avez le temps, vous pourrez développer ces sentiments en lisant le
Chapitre des conventions. Sain: Luc dit de la très sainte Vierge : “ Marie conservait toutes ‘ces choses en son Cœur.” Comme cette divine Mère, rappelez-vous le plus souvent que vous le pourrez, pendant le jour, vos réflexions du matin, et voyez de temps en temps, par un simple retour sur vous-même, par exemple au son de l'heure, si vous êtes fidèles à vos résolutions.