II. AU MOMENT DE LA COMMUNION
Tout recueilli en Marie, orné de ses vertus, adressez-vous avec confiance aux trois personnes de l’adorable Trinité.
A Dieu le Père. — Estil croyable, 6 mon Dieu, que vous daigniez faire en ce moment pour moi le même prodige que vous opérâtes autrefois pour la très sainte Vierge? Se peut-il que vous permettiez que votre divin Fils qui vous est semblable en toute perfection descende en mon âme pour y contracter une alliance si étroite? Eh! qui Suis-je, mon Dieu, pour approcher ainsi de celui en qui vous placez vos complaisances, moi, si peu reconnaissant de vos bienfaits et si souvent occupé de pensées tout opposées à votre amour et à votre gloire ! Je me lèverai, cependant, et j'irai vers vous, Ô mon Dieu, pour recevoir mon Jésus, car voici Celle dont les vertus vous ont charmé, Marie votre Fille bien-aimée, qui veut bien le recevoir Elle-même en moi et lui rendre pour moi les devoirs de remerciements et d'amour dont je suis incapable. C'est sur son humilité. sa pureté, son amour, sur toutes ses vertus que je m'appuie ; c’est Elle qui fait tout mon espoir
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devant vous. Ne me Voyez pas, Seigneur, mais Celle qui s’avoue toujours comme Ja plus humble de vos esclaves. Ze ancilla Domini, fat mihi secundum verbum luum.
À Dieu le Fils, — Que suis-je, 6 Jésus, Sagesse éternelle, splendeur du Père, effusion toute pure de sa clarté ; Vous, Verbe de Dieu, Par qui toutes choses ont été faites | hélas | qui suis-je, pour que vous vouliez descendre en mon âme, moi, si infidèle à votre amour? .., En présence de votre adorable Majesté, je suis prêt à vous dire comme Pierre : retirez-vous de moi, Seigneur, car j'ai trop péché. ; Mais non, doux Sauveur, ne vous éloignez pas ; venez plutôt, car voici votre Mére : Ecce Mater fua. Elle a décoré mon intérieur de ses vertus et de ses mérites. Zæya jus Sub capite meo, ct dextera illius amplexabitur me. Le- VEZ-VOUS, Seigneur, et venez habiter dans le lieu de votre demeure, dans le Cœur de Marie, votre paradis de délices, l'Arche sacrée où vous sanctifiez les âmes. C’est là, Seigneur, que je veux vous introduire ; là que je vous contemplerai‘comme un frère bien-aimé entre les bras de ma Mère ; c'est à que vous m'enseignerez et que je vous offrirai le vin de l'amour le plus pur, les fleurs des plus hautes vertus.
A lEsprit-Saint, — Dieu d'amour, Vertu du Très-Haut, Esprit-Saint, je ne suis pas digne de posséder en moi le chef-d'œuvre de votre toute-puissante charité, ce Dieu Sauveur pour
lequel vous formâtes Marie si pure, ornée de si admirables vertus. Oh ! si, au jour où vous la couvrîtes de votre ombre, cette divine Vierge brillait de l'éclat d’une si haute sainteté, ne dois-je pas trembler au moment de m'approcher du même Jésus, moi qui ai tant résisté à vos grâces, et dont la vie jusqu'ici a été si languissante et si coupable! Mais voici votre fidèle Epouse, par qui et en qui vous voulez encore former Jésus dans les cœurs; c'est en Elle que j'ai placé toute ma confiance! Elle est avec moi, et c'est Elle qui va recevoir le chef-d'œuvre de votre amour. Esprit-Saint, ne voyez pas mes iniquités, mais les vertus de Marie ; vous qui venez où vous trouvez formée cette divine Vierge, venez, Esprit de flamme, dans le Cœur de votre céleste Epouse. Il est toujours aussi pur, aussi brûlant d'amour, toujours aussi digne de vous qu’au jour où, par votre vertu, Jésus s’unissait à notre humanité dans son chaste sein. Venez, Ô Esprit sancticateur ; venez en mon âme pour y établir le règne de Marie, et par Elle y former Jésus !
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