‹ Jésus régnantChapitre 67 sur 144 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Coucher.

OUS voici arrivés au dernier acte de la journée. Commencée avec Marie et

par Marie, c'est aussi avec Elle que vous la finirez; c'est uni à votre divine Mère que vous offrirez à la très sainte Trinité la prière qui précède le repos, dans ses sentiments que vous réciterez les actes de foi, d'espérance, de charité, de remerciement. Avec quelle satisfaction vous appuierez sur ces mots: Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur. (le cœur de Marie). A l'examen général, que vous ferez. comme :l vous a été dit (page 110), vous vous humilierez de nouveau de vos négligences et de vos fautes, sar rapport à l'union à la très sainte Vierge, suppliant cette auguste Reine

de vous en obtenir l’absolution et de laver votre âme dans le précieux sang de Jésus.

Si vous récitez les Litanies, dites avec amour toutes ces belles invocations à l'honneur de Marie l... Préparez bien le sujet d’oraison, vous rappelant l'importance qu'y attachent les maîtres de la vie spirituelle. Enfin, suppliez avec humilité et confiance votre divine Mère d'étendre encore une fois ses mains pour vous bénir: Vos cum prole pia, benedicat Virgo Maria. … © très sainte Vierge, bénissez-moi, vous et votre divin Fils !

C'est sous le charme de cette bénédiction, sous le regard de Marie, que vous vous retirerez, pour vous livrer au sommeil. Une excellente pratique que je vous conseille avant de vous mettre au lit, c’est de réciter, quand vous le pouvez, trois Ave Maria, à l'intention d’obtenir une bonne mort par la très sainte Vierge, selon la promesse que Celle-ci en fit un jour à sainte Mechtilde : “ Au premier Æe, lui dit- « Elle, voys me demanderez, en vertu du su- « prême pouvoir dont j'ai été revêtue par Dieu « Je Père, de vous fortifier dans vos combats ‘et de vous défendre contre les puissances ennemies. — Au deuxième Ave, vous me ‘ supplierez, par l’admirable sagesse que j'ai “ reçue de mon Fils, de remplir votre âme de « vives lumières, afin qu’elle ne soit pas obscur- “ cie par les ténèbres de l'ignorance ou de l'er- “ reur. — Enfin au troisième Ave, demandez-

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“ moi, par les vives flammes d'amour dont le “ Saint-Esprit m'a embrasée, de vous donner “une charité si ardente, que vous puissiez sur- ‘“ monter les craintes et les angoisses de la mort.” En vous couchant, offrez votre sommeil pour honorer celui de la très sainte Vierge. Quelles admirables dispositions | que de choses sublimes l'Esprit-Saint nous dit par ces seuls mots du Livre des Cantiques : Je dors et mon cœur veille !... Ses doux colloques avec Dieu n'étaient point interrompus par le repos que prenait votre divine Mére. . En la saluant une dernière fois, suppliez-la de vous donner quelque part à ses sentiments, recommandez-lui votre âme comme si vous alliez mourir. N’oubliez pas de saluer votre saint Patron, tous les saints qui ont le plus aimé la très sainte Vierge ; dites un Ave Maria en l'honneur de votre saint Ange, pour qu'il vous garantisse des illusions de l’ennemi et offre pour vous cette Salutation à votre divine Mère, à chaque heure de la nuit,

Si vous vous éveillez, que votre premier soupir soit encore pour Marie. Un religieux de l'Ordre des Minimes, le bienheureux Simon Garzia, la saluait ainsi: Salut, Fille de Dieu le Père ! Salut, Mère de Dieu le Fils ! Salut, Epouse du Saint-Esprit | Salut, Temple au- Suste de la très sainte Trinité /

Telle est la 74e d'union à Marie Comme elle paraît belle et précieuse aux yeux de la foi !

Elle a, sans doute, ses luttes, ses peines, ses épreuves inséparables de cette vallée de pleurs ; mais de quelle beauté surnaturelle, de quels inappréciables mérites se trouvent revêtus tous ces actes, ces travaux faits en union avec la très sainte Vierge, qui embellit de ses mains pures et divines tout ce qu’Elle reçoit ! quelle moisson abondante pour le grand jour de la récompense | Quelle joie pour les anges, quelle gloire pour notre auguste Souveraine et pour son divin Fils! Quel contentement, même icibas, pour une âme qui s'apolique à se conformer aux sentiments, aux dispositions du Cœur de Marie ! Oh! cette vie d'union, n'est-ce pas une anticipation du bonheur du ciel ?

Embrassez donc avec un nouveall zèle cette pratique si douce, si salutaire ; mais que ce soit un zèle constant qui, appuyé sur la bonté et la puissance de Marie, ne se lasse et ne s'épouvante de rien. Rappelez-vous tant de véritables serviteurs de notre glorieuse Souveraine : quelle vie de détachement, quelle mort à soi-même ! quelle générosité au service d'une si grande Reine! que de luttes! que de fatigues, que de persécutions même | :

Cher enfant de Marie, aimez ardemment votre bonne Mère, afin de mieux aimer Jésus, faites-la connaître et aimer autant que Vous le pourrez. Comme alors, au moment de mourir, vous bénirez ce jour où vous vous êtes déterminé sérieusement à cette vie d'union avec

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notre aimable Maîtresse ! On dit d’un de ses serviteurs les plus dévoués, saint Félix de Valois, qu’: 1 moment de rendre le dernier soupir, consolé par la présence de sa divine Mère, de douces larmes coulaient de ses yeux. ‘“ Heureux jour, s’écriait-il, où j'ai renoncé aux espérances du monde pour ine consacrer au service de Jésus et de Marie! Heures bénies que j'ai passées à chanter les louanges de mon Dieu!

Heureuses larmes que j'ai versées au souvenir de mes fautes ! Heureuses austérités auxquelles je me suis volontairement condamné !

Heureuse vie, toute dédiée à la gloire de la Mère de Dieu ! C’est vous qui m'avez préparé cette bienheureuse éternité à laquelle je suis si délicieusement invité ! ”

Vous aussi, cher enfant, l'âme inondée de joie, visité peut-être par votre divine Mère, qui viendra vous aider à combattre les derniers combats de la foi, vous pourrez vous écrier : Heureux jour, où j'ai vécu tout dévoué à Marie ; heureux travaux, heureuses peines que j'ai endurées !... O heureuse vie d'union à Marie, à Jésus ! O heureuse éternité !

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