LITANIES A LA NOTRE-DAME DE TOUTES NOS DOULEURS
[ ARFolS jusqu'à ce cœur les rampantes pensées Se s(3nt haussées ; pardonne-moi !
ions l'ortie aux vireux buissons des jalousies Il t'a meurtrie, pardonne-moi !
Pardonne au faible roi qui t'aime, O sa Reine pardonne-moi !
Pardonne larmes, anathèmes, Et blasphèmes, et mon amour même.
Si faible, faible devant toi, Pardonne-moi !
Sois-moi légère, sois-moi lionne, Larmes, blasphèmes, absous-moi !
Le Dieu, ô ma Patronne, ordonne.
Sans tin il faut qu'un cœur pardonne Pour sans fin être aimé : ô toi, Pardon ne- moi !
ji-i:nfs Fr.ix'RS
Dame mienne et madone, Empérière lionne De mes moi, Pardonnez-moi, pardonnez- moi
Fièvre à cpioi je m'adonne, Gloire dont se fleuronnent Mes émois, Consolez-moi, consolez-moi,
Et ces lières courojines Qu'à mes frères tu donnes, Donne, donnez-moi :
Exaucez-mc^i, exaucez- moi !
Arcane de sagesse
Gaie ampoule d'ivresse, Keine-roi, Pardonnez-moi, ])ardon nez-moi
Très haute, mes j^aresses Te vouent cette faiblesse, .Mon arroi :
Consolez-moi, consolez-moi ;
Trop aimable prêtresse.
Nef d'or en mes détresses, Oui fuyez, oh ])ourquoi ?
Exaucez-moi, exaucez-moi
64 jF.UNFS FLEURS
Toute aline Notre-Dame, ' Réconfort pour toute âme Aux abois, Exaltez-moi^ exaltez-moi ;
Mirifique dicta me.
Liqueur, glace, or et flamme.
Que je bois.
Elancez-moi, élancez-moi !
Etoile (les vèprées D'aurores diaprée Oue je vois. Eclairez-moi. constellez -moi ;
Triple Lune obsécrée, Prônée et consacrée Par ma voix.
Consolez-moi, consolez-moi ;
Muse haut célébrée Par la lyre enivrée Et l'allègre hautbois.
Exaucez-moi, exaucez-moi ;
Ostensoir salutaire Où tremble ma prière.
Quand je crois, Pardonnez-moi, pardonnez-moi :
JEUNHS FLEURS 65
Amoureux sanctuaire, Trésors, électuaire De ma foi.
Consolez-moi, consolez-moi ;
. Registre obituaire Où tous deuils se gravèrent Tant et tant de fois.
Epargnez-moi, épargnez-moi I
Adorable spectacle, P'ier-écrin, réceptacle Des minois, Réjouissez-moi, réjouissez-moi ;
Bienheureux habitacle, Saint des saints, tabernacle, Champ d'or aux tournois, Protégez-moi, protégez-moi 1
Sempiternelle idole, Irrésistible embole Des effrois, Tardonnez-moi, pardonnez-moi ;
Bouche dont la parole Et rassure et console Un cœur froid, Consolez-moi, consolez-moi ■
S3-mbole des symboles, Espoirs, palme, auréoles De gloire et de joie, Exaucez-moi, exaucez-moi ;
Reine et esclave née, Mensonge invétéré Que je crois, Pardonnez-moi, pardonnez-moi ;
Par vous, claire àme-fée La mienne est arrachée x\ ses croix :
Consolez-moi, consolez-moi :
Vous avez délivré Cette sœur esseulée,
Veuillez par siircr.)]:.
Exaucez-moi, exaucez-moi !
iMusique })our nos fêtes.
Harpe cTor des j)rophélev Sous DOS doigts.
Inspirez-moi. inspirez-moi ;
Et bondisse et parfaite La seule hymne de fête Qu'un tel cœur vous doit :
Accueillez-le, accueillez-moi !
ll.UNVS FLHURS
J'ai profané ma foi, J'ai péché contre toi,
Oublie!
Je suis, ô toi ! sans toi, Arbrisseau frêle, bois
Qui plie !
Là-haut, là-haut emporte-moi.
Entends comme ma voix
Supplie, Aile sur aile emporte-moi
Vers toi !
Le Poète, dégrisé :
— Je ne suis qu'une huitre, une huitre malade :
O Muse, rapprends-moi les fiers chants du Ménale !