VOSGES
A M. ET Mi'ic EUGKNE MATtlIKC.
ES hauts sapins frileux grelotants sous les bises lîntrefroissent sans fin, sistres, voix indécises, l.es paillettes d'argent du gel ;
O géants noirs et verts roitlls aux blancs plumages. De iièches hérissés, fantômes des vieux ào-es spectres perclus, froids immortels,
Un soleil lourd de neige en frissonnant se glisse Et gèle sur les prismes du givre : ah, que puisse Dans ces squelettes sous le ciel,
Atteindre un jour, Printemj^s, ton chaud ei profond souffle. Et que souffre mon cœur quand les sapins engouffrent La froide bise de Noël !
Forêt de Vitnmont,
8o . JF.U.KES FLEURS
LORRAINE
A Madame Gkokgks Denoînvill
ÉTANT la pipe en porcelaiiie I-Lii tel cabaret délaissé, J'exliunie longuement l'iialeine Qui s'essore d'un cher passé ; Le soleil filtre par les vitres Kt fciit des ronds Idancs s:ir le mur : Il vagabonde entre les litres Kt les verres aux reflets durs ; Des mouches fileut, caracolent Va font des zig-zags tourno\'ants.
Tourbillonnent et se bousculent ; Les (doches brament lourdement ; Pucelles gentement niaises, Trottent, missel d'or à la main. Offrir à Dieu l'éveil fervent Du cher petit cœur en dentelle Oui cherclie, cherche son chemin ; L'amour s'exhale de la terre Lu un baistM" lent et brûlant:
Il grise, il emporte, il altère, Vertigineusement !
Linn'ii//,:
.1 HUNES FLEURS 8l