ALLELUIA DANS LES CAMPAGNES
A Madame Adrien Mitiiouard,
1 RAIS ES, fraises, fraises, fraises ! Hélà les roses, hélà, hélà !
Les colicots (*) Claquenl aux vents, Sous la voûte des bois c'est un pépiement fou, Et le soleil rit de partout, Mon grand enfant !
Trilles, trilles, trilles, trilles î Les hirondelles en délire Fauchent les prairies bleues du ciel Et vrillent Tair chaud de leurs cris :
Noël !
lit sœur alouette de là-haut
Appelle :
— Aline, Aline, hé 1 Philomèle,
Hohiho 1
— Noël 1
-(*) Coquelicots.
114 jf:.:nfs flel'rs
Les colicots Claquent aux vents.
Les jeunes blés couleur de miel Enlacent les bluets si doux, Les marguerites et les nielles ; Les tendres seigdes murmurants
Vont sous les vents, Et le soleil rit de partout.
Sous la voûte des bois c'est un j^épiement fou ; Au creux des sillons Le g'ai liseron se convoKulute, Et se trémoussent les grillons; Le velours rose des luzernes Palpite sous de lents remous :
Rires, trilles, rires, trilles 1
Les papillons, les belles filles.
Et les grillons, et tout mon cœur,
Et le soleil qui pleure et rit.
Tout chante, tout reluit, tout brille ;
Comme un sable ailé l'air scintille
Et se balance tout bouillant;
Vx pïouïtt et 1 ïouïtl î L'alouette de France S'arrache au sillon
JEUNES FLEURS I i ^
Et perce le ciel Et s'élance encore :
Allons I — Où donc est ma sœur, s^'écrie l'hirondelle ? Du fond du soleil un cri lui répond : — Lumière, lumière, lumière !
Amour, patrie et lil^erté, Azur !
Et près des logis et vers les églises Les hauts lys jiubiles Fébrilement blancs.
S'épuisent d'amour et montent vers Dieu, Et vont s'éclater, Eteindre et dissoudre Au paradis d'or.
Pater Noster qui es in Cœlis, Sanctiftcetur Nomen Tuum.
Matin de la Satut-Jean,
Tl6 JEUNES FLEURS