HYMNE
V Arc en Ciel.
<y ALUT, clair Temple en moi ! si grand ! tout l'Univers,
Tout ce qu'on sent, ce qu'on pressent et ce qu'on rêve,
Tout, d'une seule de tes innombrables grèves.
Nefs d'ombre qu'éblouit l'envol d'oiseaux, nos vers,
Occuper ne saurait les lointains élastiques,
Superpositions de brouillards parfumés,
Où tournent en grondant les cercles de musiques
Et de lumières, étrangement animés
D'une vie essaimant en songes eurytmiques ;
Où l'œil de notre esprit est l'immense Oiseau-Tour
Dont s^'emporte le vol si haut que de sa vue
S'éteignent plaines, monts, continents^ mers chenues,
Car s'annulent ici haut et bas, nuit et jour.
Et l'espace et le temps, ô bornes insensées !
Là jaillissent, trouant l'orbe substantiel.
Innombrable forêt des colonnes lancées
Vers éternellement un intangible ciel,
L*énorme assomption de toutes nos pensées
Fusant, fuyant, filant vers un monde irréel,
Loin des grossiers encens de mes ferveurs passées.
Au centre frémissant (Dansez, ô sœurs divines !)
Les deux incessibles Princesses s'examinent :
L'une te darde, ô fièvre de vivre, ô nos joies ;
L'autre mène voguer la foule dévorante
Des rêves que le mot plus ne nomme : Immortelles,
Mon verbe trébuchant vous révère en silence.
ES gloires, les apothéoses.
Aux vainqueurs je les abandonne, Mais une auréole de roses, O Vénus, sera la couronne De Fagus.
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