ACTE PREMIER 2b
Hé I bien, ripn...
ANDRÉE
Comment l'avez-vous trouvé ?
CHARLES
Le même I oh I le même... En voilà un qui ne change pas !
ANDRÉE
Il vous a parlé de moi ?
CHARLES
Peu... Ah ! si... il m'a dit que vous étiez une femme incomparable. Et il doit le savoir, car il a beaucoup comparé!
ANDRÉE, avec reproche.
Charles !
CHARLES^ lui prenant la main affectueusement.
Je vous ai fait de la peine?... Ah ! c'est avec vous que je regrette souvent de manquer de délicatesse...
ANDRÉE
Vous avez une nature charmante 1
CHARLES
Je vous aime beaucoup, et c'est ce qui me rend agressif. J'enrage de voir que vous faites dépendre toute votre vie du caprice ou de l'humeur de cet animal.
Il était mieux, n'est-ce pas, en sortant?
CHARLES
Oui. Il parait que je Tai ranimé sans le vouloir... oh ! oui, sans le vouloir... "Vous avez là un mari...
ANDRÉE, avec un peu d'impatience.
Vous ne le comprenez pas!... (un temps.) Vous êtes sûr qu'il n'est pas malade ?
CHARLES
Oh ! de ce côlé-là, soyez tranquille. Il est douillet. Au moindre Lobo, il ferait tout de suite un vacarme!...
ANDRÉE
Il n'a pas d'inquiétudes, de chagrin secret?
CHARLES, la regardant. Après un temps :
Quelle admirable femme vous êtes 1
ANDRÉE
Une femme dévouée, voilA tout.
CHARLES
Et qu'est-ce qu'un autre aurait fait de vous?
ANDRÉE
Une femme assez ordinaire, probablement... Oh I je m'en rends bien compte, si j'ai quelques mérites, c'est à lui que je les dois.
CHARLES, ironique.
Ah!...
ANDRÉE
La femme que je suis, je ne l'aurais été, je ne pouvais l'être que pour lui... Ce sont les hommes comme lui qui font les femmes comme moi ; ce sont leurs défauts qui font nos qualités. J'y ai souvent pensé. Ils nous imposent d'être ce que nous sommes. Oh! ce n'est pas tout de suite, il faut du temps et de la peine... beaucoup de peine!... Si vous m'aviez connue jeune fille...
CHARLES, attendri.
Je vous vois...