ACTE PREMIER
MAURIGETTE, avec aplomb.
II a de l'œil. Nous autres, nous voyons ça tout de suite du premier coup .. (un temps, soupirant.) Voyezvous, tout de même, je vais y entrer, chez la vieille dame. Qu'est-ce que vous voulez. Il faut faire une lin I Ça vaut mieux I
Oui, ça vaut mieux.
MAURIGETTE, soupirant.
Monsieur est raisonnable, lui !
GH ARLES
Vous avez vu cela, mademoiselle !
MAURIGETTE.
J'ai vu cela, oui, monsieur! Et j'ai vu aussi que je vous rasais ferme avec mes petites histoires. Depuis cinq minutes, vous avalez votre langue.
CHARLES*, se levant.
Hé! bien, mademoiselle, vous avez mal vu. Je vous ai écoutée avec beaucoup d'émotion, beaucoup d'intérêt et... et... Je m'en vais !
ANDRÉE
Déjà?
CHARLES, très raide, compassé.
J'ai ma clinique... Mademoiselle...
MAURIGETTE, ge levant.
Mais je...
ANDRÉE
Non, un instant encore, mon enfant, voulez- vous...
MAURIGETTE.
Oh I Je ne demande pas mieux, madame, (a Charles.) Au revoir, monsieur.
Andrée accompagne Charles jusqu'à la porte.
ANDRÉE, à mi voix.
EsL-elle gentille, hein I Est-elle gentille I
CHARLES, fans cn'housiasme.
Oui, ouil
ANDRÉE
Vous dites oui, oui... comme on dit...
CHARLES, avec humeur.
Je ne suis pas un emballé comme vous, moi... (Un temps.) Elle est très gentille... (un temps.) Vous pouriez vous intéresser à elle, prendre son adresse.
ANDRÉE
J'ai une idée.
CHARLES, fronçant les sourcils.
Quelle idée?
ANDRÉE
Une idée qui va faire peut-être le bonheur de mon mari, le mien et celui de cette enfant.
CHARLES
Méfiez-vous.
ANDRÉE
Pouiquoi?
Trop de bonheurs à la fois et qui n'ont rien à faire les uns avec les autres I Méfiez-vous.
ANDRÉE
Laissez-moi faire I
Il sort.