ACTE DEUXIÈME
MAURICETTE.
Mes bêtes, madame!... Toutes mes pauvres petites Lètes que j'ai oubliées !
ROGER, gravement.
Qu'est-ce qu'elles ont dû penser?
RIVR.\Y.
Mademoiselle Mauricelte soigne votre basse-cour, comme une vraie petite fermière, et elle s'y entend...
GHAVRY, aimable, tiès près de Mauricette.
Mademoiselle, pourtant, n'a pas toujours vécu à la campagne ?
MAURICETTE.
Oh! non, monsieur, du temps de pauvre papa nous avions une maison avec un petit jardin, à Montmartre.
MADAME GHAVRY, léger haut-le-corps.
A Montmartre?
MAURICETTE, répétant avec ud pou d'étonnement.
Oui, madame, à Montmartre I
MADAME GHAVRY.
Ah! (a Andrée.) Et c'est là que vous avez rencontré mademoiselle ?
ANDRÉE, souriant.
Non. Mauricette est venue toute seule à nous.
MAURICETTE.
Et je m'en rends compte à présent, j'ai eu plus de chance encore que je ne pensais, parce qu'il y a bien des maisons où l'on n'aurait pas voulu de moi; d'autres où je me serais trop ennuyée et où je n'aurais pas pu rester. Alors, qu'est-ce que j'aurais fait? Je serais retournée à Montmartre, dans les ateliers. Et
qu'est-ce que je serais devenue. C4omment tout cela aurait-il fini ?
CHARLES, vivemeot.
Mais très bien... Moi, j'en suis sûr.
MAIJRICETTE.
Ahl... (sincère.) Eh bien, moi pasi
GHAVRY, riant.
Très drôle I Mademoiselle Mauricette est très drôle !
CHARLES, fronçant les sourcils.
Mais non, monsieur, mais non. Mademoiselle Mauricette parle, parle, dit tout ce qui lui passe par la tête, sans réfléchir, mais...
GHAVRY.
Permettez I...
CHARLES, sèchement.
Pas du tout 1
MADAME CH.VVRY, riant sans bonne grâce.
Allons ! Voilà que ces messieurs vont se disputer en l'honneur de mademoiselle I
M.VURICETTE, se lève vivement et apporte le bouquet A madame Chavry.
Votre bouquet, madame...
MADAME GHAVRY.
Très joli, vraiment ! Mais il faut que je remercie tussi ces messieurs. C'est une collaboration!
MAURICETTE.
Ils m'ont donné de très bons conseils.
MADAME RIVRAY.
Qui a le meilleur goût, mademoiselle Mauricette ?