‹ Jeunesse; comédie en trois actesChapitre 46 sur 99 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

CHAVRY, MAURICETTE, puis ROGER.

MAURICETTE.

C'est égal, je voudrais bien savoir comment vous avez fait pour vous perdre dans le petit bois ?

CHAVRY.

J'ai eu beaucoup de mal. Seulement, je m'étais mis dans la tête d'avoir un instant de conversation avec vous, avant notre départ.

MAURICETTE, moqueuse.

Vraiment?

CHAVRY.

Car nous allons repartir tout à l'heure, vous savez...

Soupir.

MAURICETTE, très naturellement.

Je sais... votre chauffeur est en train de...

CHAVRY.

De longs mois, probablement, vont passer sans que nous ayons occasion de nous revoir... (Nouveau soupir.) Aussi... Ecoutez, mademoiselle Mauricette, je ne vous connais pas depuis très longtemps, mais "il me semble que je vous connais déjà très bien.

MAURIGETTE.

^ Croyez-vous ?

GHA.VRY.

Il me semble! Vous êtes une petite Indépendante, pas faite du tout, par conséquent, pour la situation que vous occupez ici. Je pensais à cela justement tout à l'heure, et comme je m'intéresse... oui, comme je m'intéresse déjà beaucoup à vous, cela me tourmentait.

MAURIGKTTE, moqueuse.

Et c'est cette inquiétude qui vous a ramené si vite du fond du jardin. Eh bien, cher monsieur, je suis très contente de pouvoir vous rassurer... Mon indépendance ne souffre de rien, ici. Et ma situation me plaît tout à fait... Ainsi donc, partez le cœur légerl (Elle se lève.) Et maintenant...

GHAVRY, se rapprochant d'elle.

Voulez-vous savoir un rêve que j'ai fait?

MAURIGETTE.

Je n'y tiens pas absolument...

Elle s'écarte.

GHAVRY, la suivant de près.

Je vais voas le dire tout de même. Il est très gentil, ce rêve... Je suis sûr qu'il vous plaira. Et il ne dépendrait que de vous de le réaliser. Je vous voyais réinstallée dans votre petite maison de Montmartre, dont vous parliez tout à l'heure.

Vous aviez de la chance ! Elle est démolie.

GHAVRY.

Celle-là ou une autre, toute pareille, gentimen: meublée, selon votre goût...

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