‹ Jeunesse; comédie en trois actesChapitre 65 sur 99 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

de VOUS fiancer !... Vous ne l'épousez plus? Non ! (aroa soupir de joie.) Ah I ah! Mais c'est intéressant, cela !.. Et pourquoi voulez-vous partir?

MAURICETTE, suppliante.

Ne m'interrogez pas! Ne m'interrogez pas!

ROGERj énergiquement.

Ecoutez, Mauricette. Vous sentez bien qu'à présent il faut que je sois mis au courant de tout, de tout ! que je ne vous laisserai pas partir... en admettant que je doive en arriver là... sans avoir de réponses à toutes mes questions. Bon ! Alors, assoyez-vous ! Et déposez le petit sac. Si, si, je vous assure qu'il

faut le déposer... (Il le lui prend des mains.) Le VOilà là,

sur cette chaise, vous voj'ez, il no se sauve pas ! (sérieux et ému.) Et maintenant on va se parler à cœur ouvert, n'est ce pas, comme de vieux amis... Vous * savez que moi, je vous aime bien, ma petite Mauricette. Pourquoi partez-vous?

MAURICETTE, les yeux baissés et la voix étranglée.

Eli bien, voilà, voilà, justement... parceque... parce que j'avais fait répondre oui au docteur. Quand j'ai dit oui, je croyais que je voulais, n'est-ce pas.. Après, j'ai bien regardé en moi et j'ai vu que je ne voulais pas... Je ne veux pas me marier avec le docteur... Je neveux me marier avec personne!

ROGER, satisfaction non dissimjjlée.

Bien!... Très bien! Vous avez changé d'avis. C'est votre droit. On ne se sauve pas pour cela. Vous allez venir avec moi trouver ma femme et vous lui direz .4

MAURICETTE, nerveuse, se lovant brusquement.

Non, ça, jamais, vous entendez ! Je ne le ferai pas, je ne le ferai pas. (Avec eflfort.) D'ailleurs, ce n'est pas

seulement pour cela que je veux m'en aller... J'ai des raisons... d'autres raisons...

KOGER.

J'écoute I

MAURIGETTE, avec effort.

Eh Lien, puisque vous voulez le savoir, je ne me plais pas ici I.-. je n'y suis pas heureuse... j'y suis même très malheureuse!

ROGER, sceptique.

Depuis quand ?

MAURICETTE, de même.

Depuis... depuis tout le temps! Oh! je sais bien que je n'en avais pas l'air!... Mais je souiïrais, oui, parfaitement, je souffrais d'être obligée de me tenir *raido.>. de... de ne plus voir les gens dont j'ai l'Iiabitude. . Enfin je souffrais dans mon indépendance, là !... Et, comme j'avais honte de vous avouer tout cela, j'ai préféré partir.

ROGER

Sans ménie nous dire adieu?

MAURICETTE, vivement.

Oh ! je vous aurais écrit.

ROGER

Vous ne savez pas mentir, ma petite. Du reste, à quoi bon vous"ï}uestionnor... Comme si je ne devinais pas tout seul ce qui s'est passé, comment on vous a poussée à cette fuite insensée !

MAURICETTE.

Vous vous trompez, vous vous trompez. On a été très bon pour moi, au contraire. Quand madame Dautran est montée dans ma chambre, je pleurais. Elle

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