‹ Jeunesse; comédie en trois actesChapitre 74 sur 99 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

CHARLES, tressaillant.

Oui, oui, c'est tout, (l.a regardant avec un sourire.) Je

te remercie, ma Ijonne Antoinelle, de m'aider ainsi^ et je te demande Ijien pardon de l'accabler de toutes ces corvées d'insUillaliun. Tu es une sœur inco:nparable.

ANTOINETTE^ gaiement.

Heureusement que je t'en ai donné d'autres preuves! Sans cela... Mais comprends donc que c'est plutôt, amusant pour une vieille fille comme moi d'installer un jeune ménage. .Je me fais des illusions à certains moments. Il me semble que c'est pour moi que je travaille.

Tant mieux. C'est égal, j'aurais préféré que la maîtresse de la miison s'occupât elle-même de tous ces détails, arrang'nîl à son goilt notre intérieur... Il me semble que ça aurait pu être si gentil... Enfin... (un soupir.) Mais, tu comprenls, elle n'y est pas aliachée à cet intérieur. Ça ne l'auiuserait pas. Alors, je t'ai demandé... Voilà.

Un tcmp Lin peu pénible.

ANTOINETTE

Où est-elle, Mauricetle?

CHARLES

Là, dans sa chambre. Elle était fatguée après le déjeuner. Elle est allée s'étendre sur sa chaise-longue... Elle doit être avec Françoise... tu sais, sa vieille b )nne d'autrefois que nous avons retrouvée el reprise. Elles bavardent ensemble. Elle lui parle di son passé, de son enfance... d'autre chose peut-être... est-ce que je sais ?... (Bouffée de pipe.) En tout cas, sûrement, elle lui en dit plus long qu'à moi.

silence. Il regarde monter la fumée de ea pipe.

ANTOINETTE

Charles,.. Charles, ne te laisse pas aller I

CHARLES, se secouant.

Me laisser aller, moi, ma vieille, mais je n'y pense pas... J'ai plus de ressort que ça... ah! là! là!... heureusement I Quand j'entreprends quelque chose, je persiste jusqu'au bout... Et ça finit toujours par aller.

ANTOINETTE

Mais oui, ça finira par aller très bie .

CHARLES, sans conviction.

Evidemment... Il est certain qu'au commencement j'avais plus de courage, plus de. . . plus d'enthousiasme ! Je croyais que les choses s'arrangeraient mieux, plus vite... Ça ne va pas très vite... D'abord, après l'avoir ramenée de là-bas, je voyais tout en rose. Je comptais sur la force de mon amour, sur ma patience aussi, . pour me la gagner... Après, je me suis dit: quand un peu de temps aura passé, quand elle aura oublié ce qui n'était peut-être qu'un amour d'enfant, quand elle sera vraiment à moi, quand nous serons mariés... Eh bien, voilà, à présent nous sommes mariés... nous sommes mariés depuis trois mois... Et ça n'a pas beaucoup changé.

ANTOINETTE

Mais si, Charles, mais si...

CHARLES, secouant la tôte.

Non, ça n'a pas beaucoup changé... Et, à présent, je me demande quand ça changera... Il y a des jourg, vois-tu, où je me dis que j'ai peut-être eu trop do confiance en moi et que j'ai eu tort de l'épouser..,,' J'aurais dû attendre... attendre plus longtemps...

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