SCÈNE III
MAURIGETTE, CHARLES.
CHARLES, tendrement.
Ma pelile Mauricette va me faire le plaisir de rester avec moi ?
MAURIGETTE, s'installant dans le fauteuil.
Mais oui, vous voyez. Je m'installe... A moins que je ne vous gêne...
CHARLES
Me gêner!... Vous savez bien que je voudrais voua avoir comme ça prés de moi, toujours.
MAURICETTE, souriant.
A tous les moments ?
CHARLES
A tous les moments t
MAURIGETTE.
Ça finirait par bien vous ennuyen
CHARLES
Jamais!... Par exemple!... Mais c'est pour cela qu'on se marie. C'est pour avoir ainsi tout le temps une petite femme qu'on sent prés de soi, même quand on ne la voit pas, qu'on trouve là quand on lève la tête et qu'on la regarde pour se reposer, qui vous sourit...
MAURIGETTE.
Ou qui vous fait des misères.
CHARLES, la regardant tendrement.
Quand on l'aime, ce ne sont jamais de bien grosses misères.
MAURIGETTE.
Si, si... Ainsi, moi, je crois que je, vous fais endjver Lien souvent, mon pauvre Charles.
CHARLES, souriant.
Quelle idée !
MAURIGETTE.
Si vous croyez que je ne vous vois pas quand vous froncez votre front... comme ça... que vous faites Votre vilaine bouche, ou que vous vous détournez et que vous vous en allez vers la fenêtre, les mains dans vos poches, pour respirer à l'aise... Et cela me fait beaucoup de peine, vous savez, la peine que je Vous fais...
CHARLES
Mais vous ne me faites pas de peine. C'est moi qui m'en fais tout seul parce que je vous vois triste, et que je voudrais vous voir gaie, gaie... gaie comme autrefois... Mais, même cette peine-là, c'est encore vous, vous toute seule au monde, qui pouvez me la donner. Et c'est un peu pour cela que je me suis mis à l'aimer.
MAURIGETTE, touchée.
C'est gentil ce que vous me dites là. (Lui montrant nn pouf près d'elle.) Venez là, asseyez-vous prés de moi, Charles... Charlie!...
CHARLES, s'asseyant près d'elle. Gravement.
Non, pas Charlie... Ils n'en ont pas comme moi en Angleterre I