‹ Jeunesse; comédie en trois actesChapitre 92 sur 99 · ROGER, CHARLES · texte numérisé non relu

ROGER, CHARLES

ROGER, s arrêtant, saisi à la vue de Charles.

Toil

Oui... (Roger reste sur le seuil, hésitant.) Eh Lien I

Entrez!... Entrez donc!

ROGER

Je comprends ! Tu as intercepté ma lettre, et...

CHARLES, haussant les épaules.

Vous devriez me connaître assez pour savoir que ce ne sont pas là mes façons d'agir. Un entretien est devenu indispensable entre nous. J'ai saisi l'occasion qui me l'otïrait. Rien de plus.

ROGER

Tu n'avais pas besoin de recourir à ce moyen 1 Sois tranquille, tu étais parmi ceux qu'en arrivant j'avais le plus d'impatience de revoir. Et quoique, à vrai dire, je n'aie pas précisément choisi ce jour et cette heure pour notre rencontre, ma foi I puisque

roccasion se présente... (Geste décidé. Se redressant et

crânant.) Regarde-moi. Je ne courbe pas la tête et il me semble que je n'ai pas l'air trop penaud.

CHARLES, posément.

Je vais vous dire. Je me suis très peu préoccupé des attitudes que nous pourrions prendre l'un vis-àvis de l'aulre. Cela me paraît de mince importance. Evidemment, nous avons des choses graves à nous

dire. Tâchons que ce soit brièvemept, sans colère, et en nous faisant réciproquement le moins de mal possible.

ROGER, toujours ironique.

Jet'écoute avec admiration!... Peste! Quelle modération! Quel beau calme !... Ah! on voit bien que les choses ont tourné à ton avantage. Excuse-moi si je ne montre pas exactement la même égalité d'humeur. Mais c'est que pour moi... je vais peut-être t'étonner beaucoup en te confiant cela... il n'en a pas été tout à fait de même... (un léger temps, il s'assied.) Maintenant, si j'ai tenu dés mon entrée à te faire remarquer que je gardais toute mon assurance et ma liberté d'esprit, c'est qu'en te voj'ant làj chez toi, installé à m'attendre, toi le mari de Mauricette, pourvu par la loi et par la société d'une ample collection de droits et de privilèges, je me s'iis persuadé que tu pouvais te croire armé d'assez sérieux griefs contre moi. Or...

(se tournant vers Charles.) 11 faut être net, n'C^t-Ce pas'^ CHARLES, tranquillement.

Je n'y vois pas d'inconvénient.

ROGER

Or, après ce que tu as fait contre moi, en ennemi...

CHARLES, protestant.

Permettez !

ROGER, le coupant et insistant avec force.

En ennemi impitoyable!... Je veux que tu saches, avant tout, que je ne me crois plus tenu, envers toi, à aucun ménagement. Tu comprends?

CHARLES, paisiblement.

Non, mais cela ne m'étonne pas. J'ai constaté, à maintes reprises, entre nos deux natures, de telles et

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