ACTE TROISIEME
mettant entre nous, en m'empêchant de la voir alors que, je le sens, je le sais, nos deux coeurs s'appellent!...
CHARLES, haussant les épaules.
Quelles illusions vous vous faites, Mauricette vous a oublié.
ROGER
Tu mens !
CHARLES, hors de lui.
Avant de vous refuser sa porte, je l'ai consultée.
ROGER
Tu mens I... tu mens I... Je vois que tu mens... La vérité, qui me console, c'est que ta dureté, ta violence, ton despotisme, n'ont rien pu contre ce qui était; que tu l'as prise, mais que tu ne l'as pas eue. Et, si tu me fermes si bien ta porte, c'est que tu as lieu d'avoir encore peur de moi I
CHARLES, de même.
Vous êtes fou et vous me faites pitié 1
ROGER
Et tu as raison de trembler, car je te le dis bien haut, je n'ai plus dans la tête et dans le cœur qu'une pensée, qu'un espoir, qu'un but : la revoir. J'y consacrerai tout ce qui me reste de force, et, par quelque moyen que ce soit, j'y arriverai.
CHARLES, haussant les épaules.
Ne vous donnez pas tant de peine, vous allez la voir.
ROGER
Tu dis?...
CHARLES
Yo is allez la voir,.. Je veux vous montrer qu'on n'a pas si grand'peur de vous que votre pauvre fa-
tuité se l'imagine, et que si ma femme vit près de moi, c'est librement de son plein gré... avec amour. Cet entretien que vous avez cherché par des moyens détournés et à mon insu, c'est moi qui l'autorise à présent et qui l'exige vous entendez, qui l'exige!... Vous allez parler à Mauiicelte, mais dites-lui bien cette fois tout ce que vous avez à lui dire, car je vous jure bien que vous ne trouverez plus ensuite occasion
de rien ajouter... jamais! (il va à la porte de la chambre de Mauricette qu'il entr'ouvre.) Mauricette, venez.
Mauricette paraît sur le seuil, interdite. Son premier regard va à Roger, très ému, qui la regarde avidement, mais sans oser s avancer vers elle.