‹ Jeunesse; comédie en trois actesChapitre 97 sur 99 · SCÈNE XII MAURIGETTE, ROGER, puis ANDRÉE, GHARLES · texte numérisé non relu

SCÈNE XII MAURIGETTE, ROGER, puis ANDRÉE, GHARLES

Après que Charles est sorti, Mauricette se tourne vers Roger, rencontre son regard et détourne les yeux. Il est debout, très ému, et s'appuyant au dossier d'un fauteuil. Mauricette lui fait signe de s asseoir.

ROGER, essayant de sourire.

Pardonnez-moi... si... si je ne vous parle pas tout de suite... J'ai la gorge serrée. C'est l'émotion. Ça va passer, (un temps.) Il y a si longtemps que j'attendais ce moment, et le voilà enfin, le voilà J... (Et comme

Mauricette fait un mouvement pour changer de place.) Non,

je VOUS en prie, je vous en supplie, restez là ainsi. Laissez-moi vous regarder... vous regarder tout mon saoul... remplir mes yeux... Que c'est bon de vous voir!... Que c'est bon... Ah!

Il soupire profondément.

MAURIGETTE.

Galmez-vous, je vous en prie.

ROGER

Six mois, six mois passés ainsi, loin, à penser à vous jour et nuit, sans rien savoir de vous, rien, sinon que vous étiez à un autre ! Tout à l'iieure, devant lui, j'ai fait le brave. Je ne le suis pas. Je tremble, je souffre, j'ai peur... D'un mot vous allez me faire savoir si ma vie est finie, ou si... Dites-le, je vous en supplie, dites-le vite!... Que je sache, que je sache !

MAURIGETTE.

Moi aussi je suis Iroublép. . très émue !... Vous revoir ainsi tout à coup... Laissez-moi le temps de me remettre... Ne croyez pas que je vous ai oublié... Si vous avez pensé à moi, moi aussi j'ai penséà vous...

ROGER, avec émotion.

C'est vrai, Mauricetle ?

MAURIGETTE.

J'ai pensé à vous de tout mon cœur, tendrement, tristement... Je pensais à votre peine et je n'aurais pu goûter aucune joie... Je m'inquiétais d'être sans Nouvelles de vous et je n'osais en demander... Votre image était entre moi et tout...

ROGER, do même.

C'est vrai...

MAURIGETTE.

J'ai pleuré en me rappelant des heures où nous avions ri, si heureux, si confiants, sans mauvaises pensées, les uns près des autres Est-ce possible que la vie soit si méchante, qu'elle mette du mal partout, qu'il faille toujours en faire aux uns ou aiax autres et blesser surtout ceux qui vous aiment? Comme j'en ai fait, moi, déjà, du mal sans le vouloir.

ROGER

Ahl ne regrettez rien, allez.*

Oh I si, je regrette, je regrette beaucoup... Il y a des moments où mon coeur est gros, gros... où j'ai envie de demander pardon, pardon à tout le monde... à tous ceux qui m'entourent et que je fais soulïrir.., que je ferai souffrir encore... à tout le monde... (un

temps.) à vous...

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