‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 108 sur 180 · A MONSIEUR MON PÈRE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR MON PÈRE

« Monsieur,

«Cet ouvrage que je vous présente vous appartient, puisque tout

ce qui est à moy est à vous. Il n'a pas été en mon pouvoir de vous voir

commander les armées sans penser à la guerre , et je n'ay peu me

souvenir que l'estude , que j'avois commencée des fortifications , vous

Accoutumé à réparer les défaites des autres, Condé alla remplacer en 1647 le comte d'Harcourt, qui venait d'échouer devant Lerida. Mazarin avait voulu plusieurs fois envoyer Condé en Catalogne ; son père , M. le Prince , s'y était toujours opposé , et tous ses amis le dissuadèrent d'accepter ce commandement. Il montra certes une grande déférence envers Mazarin en quittant le théâtre ordinaire de ses exploits pour un pays où il fallait faire une petite guerre peu en rapport avec son génie, avec une ombre d'armée incapable de livrer une bataille, et bonne tout au plus à se soutenir devant l'ennemi. Quand tout le monde s'était moqué du comte d'Har-

avoit esté agréable, sans la continuer. Si vous daignés recevoir en bonne part ces petits essays de mon esprit et de ma main, je ne désire point d'autre approbation de mon travail, comme je n'auray jamais d'autre volonté que de vivre et mourir dans l'obéissance , et dans tous les respects que vous doit celuy qui est,

« Monsieur,

« Vostre très-humble et très-obéissant fils et serviteur,

« Louis de Bourbon. »

Suivent onze plans sur vélin des places de la Bourgogne avec des remarques.

Les grands sièges que Condé entreprit avec succès, particulièrement ceux de Thion ville et de Dunkerque, firent l'admiration et l'entretien des gens du métier. Depuis son retour en France, en 1660 , il ne cessa d'être consulté sur tous les projets de fortification, et son nom ainsi que ses avis paraissent dans la correspondance officielle de la guerre, surtout en 1664, 1670 et 1673 jusqu'en 1675, où il se retira entièrement du service et laissa Vauban agir seul. FonteneUe, dans l'éloge de Sauveur, dit que c'est dans ses fréquentes visites à Chantilly et dans les conversations de Condé que Sauveur prit l'idée de son traité de fortification.

court, qui n'avait pu prendre Lerida, Condé avait eu le bon sens et la générosité de défendre cet excellent général ; il s'était d'avance défendu lui-même. En effet, arrivé à son tour devant Lerida , et n'ayant reçu de France ni les secours de troupes qu'on lui avait promis, ni les munitions et l'artillerie qui lui étaient absolument nécessaires, n'ayant pas assez de forces pour aller au-devant de l'armée espagnole et ne pouvant songer à prendre d'assaut Lerida avec des soldats éteints, il eut le courage de lever le siège et de faire une bonne retraite, préférant le salut de l'armée à sa propre réputation. Cette conduite, soutenue avec sa hauteur accoutumée, lui fit le plus grand honneur, et prouva qu'il était maître de lui et savait employer tour à tour la prudence ou l'audace, selon les circonstances.

C'est ainsi qu'en 1648, à Lens, trouvant Tarchiduc Léopold dans une position formidable , comme celle de Mercy à Nortlingen , il reconnut qu'il serait d'une souveraine imprudence de tenter une seconde fois la fortune ; et , sachant bien qu'il n'avait plus affaire à Mercy, il entreprit d'attirer l'archiduc Léopold et le général Beck sur un terrain plus favorable, dans une plaine où la principale force de l'armée française, la gendarmerie, commandée par Châtillon , devait avoir un grand avantage» Du côté des Espagnols étaient le nombre, l'abondance et la discipline; du côté des Français, la misère et Tau-

dace. L'archiduc avait son centre adossé à des bourgs et à des hameaux formant des retranchements naturels. Sa droite , composée de tout ce qui restait de vieilles bandes nationales, s'appuyait à la ville de Lens. L'aile gauche était postée sur une éminence à laquelle on ne pouvait arriver qu'à travers les plus étroits sentiers. Il fallait manœuvrer avec un art infini pour faire abandonner à l'ennemi cette position inexpugnable. Condé commanda une fausse retraite, qu'expliquait parfaitement la faiblesse de l'armée française. Beck trompé détache la cavalerie lorraine pour inquiéter, et, s'il se peut , tailler en pièces notre arrière-garde , qui est assez promptement enfoncée et s'enfuit en désordre. Châtillon marche à son aide avec sa gendarmerie ; elle ramène vivement les Lorrains et menace d'en faire un carnage. On ne pouvait les abandonner. L'archiduc envoie à leur secours toute sa cavalerie. Le combat s'engage; toute l'année ennemie s'ébranle et descend dans la plaine. C'est là ce que voulait Condé. Cette manœuvre, qui eût échoué à Nortlingen, réussit à Lens. L'armée impériale avait encore l'immense désavantage d'être obligée de se former à mesure qu'elle avançait, tandis que l'armée française était depuis le matin rangée en bon ordre au bout de la plaine , sur un terrain bien choisi. Condé comptait particulièrement sur la gendarmerie de Châtillon ; il l'avait rappelée bien vite après le pre-

mier engagement, et l'avait mise à la seconde ligne pour lui donner le temps de se rafraîchir; puis, quand les deux corps de bataille en furent venus aux prises, il la lança de nouveau avec son intrépide général , et , après avoir été si utile au début de la journée, elle la décida en renversant tout ce qu'elle rencontra devant elle. Restait l'infanterie espagnole, qui ne montra pas la même opiniâtreté qu'à Rocroy, et demanda la vie. Le vieux général Beck se conduisit comme Fontaine et Mercy : il se battit en lion, fut blessé et pris, et mourut de désespoir. L'archiduc Léopold, après s'être fort bien conduit, se sauva dans les Pays-Bas avec le comte de Fuensaldaigne.

La victoire de Lens était aussi nécessaire et elle fut tout aussi utile que celle de Rocroy : on lui doit la reprise des négociations de Munster et la conclusion du traité de Westphalie. Ce traité est le suprême résultat des cinq grandes campagnes de Condé en Flandre et sur le Rhin. Condé était là en quelque sorte le négociateur armé , M. de Longueville était à Munster le négociateur pacifique.

Le père Bougeant , dans son estimable histoire du traité de Westphalie * , suppose que Mazarin envoya

1. Histoire des Guerres et des Négociations qui précédèrent le Traité de Westphalie, 3 vol. in-4°. A cet ouvrage il faut joindre les Négociations secrètes touchant la paix de. Munster et d'Osnabrug , ou Recueil général des préliminaires, instructions, lettres, mémoires concernant ces négociations, depuis leur commencement jusqu'à leur conclusion en 1648 , 2 vol. in-fol. , La Haye, 1725. — Dans le t. XXX des

le duc de Longueville à Munster « pour éloigner de la cour un prince capable d'y exciter des troubles. » Mais en 1645 Mazarin n'avait plus de troubles à redouter, et le duc de Longueville n'était pas homme à en faire naître : il se laissait conduire alors , ainsi que tout le reste de la famille, à la politique de son chef, M. le Prince, Il est bien plus à croire que c'est le crédit de ce dernier qui fit donner l'ambassade de Munster à son gendre. Mazarin ne l'avait pas choisi pour sa capacité, bien qu'il n'en fût pas dépourvu, mais pour faire marcher ensemble d'Avaux et Servien , qui ne s'entendaient guère, et donner de l'éclat à la légation française. 11 demeurait toujours le maître des négociations, et les Condés devaient être flattés d'être à la tête de la plus importante alïaire diplomatique, comme ils avaient déjà le commandement de la

Mélanges de Clerambault, à la Bibliothèque nationale, se trouve un dépouillement bien fait de toute la correspondance du cabinet français et de l'ambassade. En voici quelques extraits :

Année 1645. 3 Juin , Mazarin à M. de Longueville , encore à Paris , pour le complimenter sur la grossesse de sa femme et le presser de bâter son départ pour Munster. A peine arrivé, M. de Longueville écrit à Mazarin, le 2 juillet, pour lui dire qu'il a réconcilié d'Avaux et Servien.

Année 1646. 22 Juin, Mazarin annonce à M. de Longueville le dé-* part de Mm« de Longueville. 24 Juillet, M. de Longueville avertit Mazarin qu'il va au-devant de Mm« de Longueville. 23 Octobre, M. de Longueville remercie Mazarin de la promesse qu'il lui a faite de la charge de colonel général des Suisses.

Année 1647. 16 Janvier, Mazarin à M. de Longueville : Le Roi lui envoie un gentilhomme, ainsi qu'à Mm« de Longueville, pour lui annoncer la mort de M. le Prince. S 5 Mars, Mazarin mande à M. de Lon-

flotte de la Méditerranée et celui de l'armée du Rhin. M. de Longueville avait à poursuivre le grand objet que se proposait le cabinet français depuis Henri IY, l'affaiblissement de l'Empire au profit de la France. C'est dans ce dessein que le roi trèschrétien, le cardinal Richelieu et le cardinal Mazarin avaient été vus s'alliant au protestant Gustave- Adolphe, l'attirant dans le cœur de l'Allemagne, lui et après lui ses lieutenants, et soutenant la Hollande protestante contre la catholique Espagne. Cette lutte, qui parut avec tant d'éclat sur les champs de bataille pendant trente années, eut lieu aussi pendant plus de douze ans à Osnabrûk et à Munster. D'un côté étaient l'Autriche, l'Espagne, la Bavière, avec les électeurs ecclésiastiques de Mayence et de Cologne; de l'autre, les puissances protestantes, le Brande-

gueville qu'on ne peut lui donner la charge de colonel général des Suisses, qu'on lui donne en compensation le château de Caen. 25 Mars, M. de Longueville à la Reine, sur la charge de colonel général des Suisses. Item, à Mazarin sur le môme sujet. Mécontentement de M. de Longueville; il demande un congé; on le lui accorde. 17 Mai, M. de Longueville remercie Mazarin du congé qu'il lui a procuré ; il ne partira que quand il sera temps. 22 Juin, Mazarin se plaint à M. de Longueville de sa dernière lettre où il est taxé de ne pas vouloir la paix; il proteste du contraire, et montre son ressentiment de la manière dont les Espagnols ont agi. « La France veut la paix et la fera glorieuse. » 1" Juillet, M. de Longueville assure son Éminence que sa lettre est entièrement éloignée de l'interprétation qu'il lui a donnée; qu'il n'est pas connu de lui, ce qui Ta obligé de souhaiter son retour en France. Même jour, d'Avaux écrit à Mazarin qu'il n'a eu aucune part à la lettre de M. de Longueville. 13 Juillet , Mazarin à

bourg, la Saxe, la H esse, avec leurs alliés, la Hollande, la Suède et la France. Le parti protestant voulait obtenir le plus de concessions, et le parti catholique en faire le moins possible. On avançait et on reculait selon les vicissitudes de la guerre. Dès Tannée 1640, Richelieu avait désigné l'homme qui avait toute sa confiance, Mazarin, et le comte d'Àvaux, de la puissante famille parlementaire des de Mesme, pour représenter la France à Munster. Quand Mazarin succéda à Richelieu dans le ministère, il nomma à sa place le comte Abel Servien, oncle de l'habile et judicieux Lyonne qui lui était ce qu'il avait été luimême à Richelieu. Il maintint d'Àvaux, qui avait de l'esprit et de la pénétration, de la droiture et de la noblesse, avec une piété qui le faisait bien venir des puissances catholiques, mais le portait un peu trop à

M. de Longue-ville : U est bien aise que l'intention de sa lettre ait été telle qu'il Ta dit ; il ne souhaite au monde rien avec tant de passion que la paix, et voudrait que Pegnaranda ( l'ambassadeur d'Espagne ) partit de Munster pour lui donner cette occasion de faire un tour à Paris. Même jour, Mazarin témoigne à d'Avaux le plaisir qu'il a de s'éclaircir avec ses amis. Même jour, dépêche importante de Mazarin à Servien où il expose toute sa pensée : Traiter avec l'Allemagne , ou en obtenir an moins une trêve dans les Pays-Bas. « Si on n'avoit rien à faire en Flandre et en Allemagne , on f eroit avec facilité la guerre en Espagne et en Italie. » 22 Juillet , M. de Longueville à Mazarin : On ne peut satisfaire les Suédois sans leur donner des assurances positives de l'établissement du luthéranisme. Les protestants proposent de conclure sans la France. Le départ du comte de Trautmansdorf (ambassadeur impérial) lui donnant la liberté de s'en aller, il la prendra le plus tôt qu'il pourra. 29 Juillet, Mazarin prie M. de Longueville de différer son dé-

s'accommoder avec elles et à rechercher l'avantage de l'Église plus que ne le voulait la politique. Servien seul était dépositaire de la pensée de Mazarin, et Mazarin , comme son devancier, ne connaissait qu'un intérêt, celui de la grandeur de la France. 11 voulait d'abord obtenir de l'Empire F Alsace tout entière, avec quelques places fortes sur le Rhin , pour achever le légitime développement de la France de ce côté. Il avait encore une autre ambition que lui avait léguée Richelieu et qu'il légua à Lyonne : c'était d'arracher à l'Espagne l'échange de la Catalogne, où Richelieu et lui avaient habilement porté la guerre, contre les Pays-Bas, sans lesquels la France n'a réellement pas de frontière du Nord , et peut voir, après une bataille malheureuse , une armée ennemie arriver sans obstacle sous les murs de Paris. Telles

part. 9 Août, Mazarin à M. de Longueville : Comme on doit se conduire avec les Suédois. On a arrêté et conduit, à Nancy un gentilhomme de M. de Vandosme, qui portait des lettres à l'Archiduc. Les Espagnols sont très-éloignés de la paix. Le roi d'Espagne fait changer la manière d'agir de l'Empereur. Trautmansdorf pourrait bien avoir conclu quelque chose d'avantageux pour la Suède aux dépens de la France. 19 Août, .M. de Longueville à Mazarin : Les Napolitains ont chassé les Espagnols. Pegnaranda ne fera rien qu'à la fin de la campagne. Il prendra ce temps pour aller voir Son Éminence. 30 Août, Mazarin exprime à M. de Longueville quelque crainte sur le dessein de son voyage. 30 Août, lettre confidentielle de Lyonne à Servien : il le prie de découvrir les cabales que M. d'Avaux a faites contre Son Éminence. Ordre est donné à M. de Turenne d'abolir le nom de Weymariens. On ne doit pas différer de conclure la paix pour l'absence de M. de Longueville. M. d'Avaux cherche la protection de M. le Prince et de M. le duc d'Orléans. 6 Sep-

étaient les pensées qui occupaient l'esprit de Mazarin , et qu'il poursuivait à la fois par les négociations et par les armes, avec la douceur et la constance qui caractérisent ce grand homme d'État.

M. de Longueville arriva à Munster le 30 juin 1645, à peu près en même temps que son beaufrère le duc d'Enghien allait prendre le commandement de l'armée du Rhin , à la place de Turenne qui venait d'essuyer une défaite assez grave à Mariendal. La victoire de Nortlingen, du 5 août 1645, donna la plus grande force à M. de Longueville , et le duc de Bavière , la seconde puissance catholique de l'Allemagne, qui avait rompu les négociations après Mariendal, les reprit avec empressement après Nortlingen. La cession de l'Alsace était alors presque gagnée ; mais Mazarin victorieux avait de la

tembre, Mazarin à M. de Longueville : Bons effets que semble produire le retardement de son voyage. 16 Septembre , M. de Longueville se plaint du peu d'avancement des affaires ; il recommande à Mazarin le maréchal de LaMothe (qui venait d'être arrêté). 7 Octobre, nouvelles sollicitations de M. de Longueville pour le maréchal de La Mothe. 15 Octobre, M. de Longueville à Mazarin : Il craint que les Hollandais n'achèvent leur traité sans la France. Les ennemis ont reçu avec une joie singulière la nouvelle de la mort de M. de Gassion (tué devant Lens). Le 18 octobre, Mazarin fait part à M. de Longueville de la promotion de sept cardinaux , parmi lesquels est son frère le cardinal de Sainte-Cécile. 29 Octobre, M. de Longueville recommande le prince de Conti pour le siège de Trêves ou de Liège. 1er Novembre, Mazarin informe M. de Longueville que toutes leurs dépèches sont tombées entre les mains des Espagnols. 8 Novembre, Mazarin fait part à M. de Longueville d'une proposition de mariage de l'Empereur avec Mademoia 20

peine à renoncer à l'espérance qu'il nourrissait depuis longtemps d'acquérir les Pays-Bas de l'Espagne en lui remettant la Catalogne. C'est là en quoi résidait toute la difficulté des négociations , le nœud qu'aucune habileté ne pouvait résoudre et que l'épée seule pouvait trancher. Il était réservé à Louis XIV, à la fin du xvir siècle, après avoir perdu les trois hommes d'État .qui firent longtemps sa force et sa gloire, Mazarin, Lyonne et Colbert, d'abandonner la pensée de ses devanciers, et, quand on lui proposait les Pays-Bas en retour de ses droits sur l'Espagne, de rejeter cette faveur de la fortune que Mazarin et Bichelieu eussent embrassée avec des transports de joie , et cela dans un frivole intérêt de famille , jouant commç à plaisir sa propre couronne pour en mettre une sur la tête de son petit-fils, et

selle (voir les Mémoires de Mademoiselle, et pins haut, chap. i«, p. 112). 22 Décembre, Mazarin à M. de Longueville : Les Espagnols ne veulent pas la paix. Tacher d'avoir une déclaration que si la paix ne se termine, c'est l'Espagne qui ne Fa pas voulu.

Année 1648. 6 Janvier, M. de Longueville à Mazarin : Il ne tient qu'aux Impériaux et aux Espagnols que la paix ne s'achève; tout le reste la veut. 16 Janvier, M. de Longueville n'est pas d'avis qu'on rende Nancy sans la démolir. 17 Janvier, Mazarin fait part à M. de Longueville d'une proposition de mariage entre sa fille, Mu* de Longueville, et le duc de Mantoue. 28 Janvier, lettre confidentielle de Lyonne à Servien : On est mal satisfait de M. d' A vaux ; on le rappellerait, s'il n'avait engagé M. de Longueville dans son opinion; tacher de regagner M. de Longueville. 3 Février, M. de Longueville annonce son départ. 23 Février, arrivé à Trie, il écrit à Mazarin une lettre de compliments. 23 Mars, d' A vaux, trouvé trop favorable à M. de Lorraine et trop em-

manquant de perdre la France sans lui donner même pour un quart de siècle l'alliance de l'Espagne. Pour le dire en passant, cette résolution incroyable, mal couverte d'une apparence de grandeur, ainsi que la révocation de redit de Nantes, sont les deux grandes inspirations personnelles de Louis XIV : elles jugent sa politique intérieure et extérieure, comparée à celle de Mazarin, de Richelieu et d'Henri IV. On ne peut pas dire tous les efforts que fit Mazarin en 1648 pour amener l'Espagne à lui céder les Pays-Bas. Il offrit, avec la Catalogne tout entière, le jeune Louis XIV pour l'infante Marie-Thérèse. En même temps il envoya d'Estrades, avec lequel nous avons naguère fait connaissance l , en Hollande , pour y faire agréer l'arrangement qu'il désirait avec passion ; il alla jusqu'à proposer Anvers au commerce hollandais. C'était une puissante tentation : la Hollande y résista ;

pressé de faire la paix à tout prix, s'apprête à partir. 27 Avril , Mazarin informe Servien qu'il est nommé ministre et chargé d'achever les négociations. Dans la correspondance du mois de juillet, il est souvent fait mention des troubles du parlement. Mazarin prie Servien de ménager quelque chose en Alsace pour M. de Turenne, afin de l'attacher. 14 Août, Servien expose à Mazarin les raisons pour ne pas presser le traité avec l'Espagne, 21 Août, dépêche de Mazarin : M. le Prince vient de gagner une bataille contre l'Archiduc. La France ne laisse pas pour cela de vouloir la paix. 4 Septembre , dépèche de Mazarin. Son intérêt et son inclination sont pour la paix. Si les Espagnols la veulent , ils la concluront aux conditions proposées, sinon, il ne servira de rien de se relâcher. 17 Septembre : Il invite Servien a presser la paix avec l'Allemagne à cause des troubles.

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