‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 117 sur 180 · Mémoires de littérature^. Ier, p · texte numérisé non relu

Mémoires de littérature^. Ier, p

que Job pouvait au moins gémir tout haut de son mal, tandis que le pauvre amant était réduit à souffrir en silence :

Job de mille tourments atteint Vous rendra sa douleur connue, Et raisonnablement il craint Que vous n'en soyez point émue.

Vous verrez sa misère nue ;

11 s'est lui-même icy dépeint :

Accoutumez-vous à la vue

D'un homme qui souffre et se plaint.

Bien qu'il eût d'extrêmes souffrances, On voit aller des patiences Plus loin que la sienne n'alla.

Il souffrit des maux incroyables ; Il s'en plaignit, il en parla :

J'en connois de plus misérables *.

Tout ce qu'il y avait d'amoureux à la mode, tous les languissants et les mourants du jour trouvèrent admirable de peindre ainsi son martyre, le comble du déplaisir étant de souffrir sans oser se plaindre, et il est certain que la fin du sonnet de Benserade n'est ni sans esprit ni sans agrément. 11 fit fureur. Le sonnet de. Voiture avait un tout autre caractère. Il était de l'élégance la plus parfaite, un peu molle il est vrai, mais relevée et animée d'un certain accent passionné qui, sans éclater dans aucun trait particulier, se fait partout doucement sentir. Il était d'une qualité plus distinguée et plus rare; aussi eut-il

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