Mémoires, t. H, p
rets du prince de Marcillac y tenaient une grande place. Elle devint ambitieuse pour lui, elle cessa d'aimer le repos pour lui, et, pour être sensible à cette affection, elle devint trop insensible à sa propre gloire... Les vœux du prince de Marcillac, comme je l'ai dit, ne lui avaient point déplu, et ce seigneur, qui était peut-être plus intéressé qu'il n'était tendre, voulant s'agrandir par elle , crut lui devoir inspirer le désir de gouverner les princes ses frères... »
Enfin Retz, qui a parfaitement connu tous les acteurs et toutes les actrices de la Fronde , et qui , sur cette époque, mérite, non pas du tout d'être cru sans réserve, mais d'être sérieusement écouté, termine le plus charmant éloge de M"" de Longueville par ces mots tant de fois répétés et qui contiennent le jugement véridique de la postérité : « Comme sa passion l'obligea de ne mettre la politique qu'en second dans sa conduite, d'héroïne d'un grand parti elle en devint l'aventurière '. »
Ou bien il faut renoncer à toute critique historique, ou de ces témoignages accumulés, et que nous aurions pu grossir encore de toute sorte de passages analogues, il faut tirer cette conclusion : 1° qu'avant sa liaison avec La Rochefoucauld , Mœ* de Longueville resta entièrement étrangère à toute intrigue politique ; qu'elle ne fut occupée que de bel esprit et de galanterie, se laissant conduire absolument dans