‹ Jeunesse de Madame de LonguevilleChapitre 166 sur 180 · Yoirplus haut, p. *M · texte numérisé non relu

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quelque temps avant sa mort qu'elle tenoit à grand bonheur de resusciter avec la vénérable Mère et d'estre en môme lieu qu'elle à ce grand jour. Je sçay qu'il y a grand concours de peuple et de personnes de grande condition qui vont au grand couvent des Carmélites demander de l'eau où il a trempé du linge teinct du sang de la vénérable Mère , et que cela fait des guerisons miraculeuses.

De tout ce que j'ay déposé icy il y a bruit et renommée publique.

« C'est insi que j'ay déposé pour la vérité moy Isabelle Angélique de Montmorancy. »

De tous côtés, on s'adressait au couvent des Carmélites pour obtenir l'intercession de la mère Madeleine de Saint-Joseph, soit dans les maladies, soit dans les dangers de tout genre où l'on pouvait se trouver. Dans le premier chapitre, page 110, nous avons dit, d'après Mademoiselle, que mademoiselle d'Épernon avait été fort recherchée dans sa première jeunesse par M. le duc de Joyeuse , et que la sœur de celui-ci, mademoiselle de Guise, avait détourné son frère de cet établissement , qui convenait fort des deux côtés. En 1654, le duc de Joyeuse étant tombé malade et se trouvant à toute extrémité par les suites d'une blessure, mademoiselle de Guise n'hésita point à s'adresser à celte même mademoiselle d'Épernon , devenue sœur Anne-Marie de Jésus , afin qu'elle priât pour son frère et invoquât la mère Madeleine.

« Pour mademoiselle d'Épernon.

19 septembre 1654. a II y a huit jours que je suis casi sans espérance de la santé de mon frère , si ce n'est du côté de Dieu. J'en suis en un estât que je ne puis représenter. Je vous supplie de m'envoyer quelque chose de vostre bien heureuse mère Magdelaine , et de vouloir continuer vos prières et de demander à la mère prieure (en 1654, c'était la mère Agnès) et à toute la communauté de nous faire la même charité. »

22 septembre, a Vous ne me sauriez donner des marques d'amitié à quoi je sois plus sensible qu'au soing que vous prenés

de la santé de mon frère. Elle est meilleure, Dieu merci, et nous avons présentement beaucoup d'espérance. , Continués, je vous supplie, vos prières à vostre sainte mère,. et puisque vous le voulés je vous mahdré touts les jours Testât où il sera. »

23 septembre. «Mon frère est plus mal qu'hier. Je vois bien qu'il n'y a que' Dieu qui nous te puisse rendre. J'espère cette miséricorde de sa bonté et de vostre intercession auprès de luy et de celle de vostre bien heureuse mère. »

24 septembre, a Mon frère est toujours en mesme estât. Il a communié ce matin pour la segonde fois, et promis hier que si Dieu luy redonnoit la santé qu'il iroit le recevoir dans vostre église pour le remercier de la grâce qu'il auroit obtenue par l'intercession de vostre E. H. mère. Continués à le prier d'avoir pitié de nous, et croyez que je suis touchée comme je le dois, estre de la bonté que vous me témoignés. »

Le 36 décembre 1660 , madame la princesse de Conti (Anne- Marie Martinozzi) étant grosse de plusieurs mois, commença une neuvaine à la mère de Saint-Joseph , et porta un scapulaire de l'habit de la bienheureuse mère. Elle avait déjà eu plusieurs enfants morts et n'en avait pas un vivant. Elle accoucha d'un garçon, le 4 avril 1661, assez heureusement; mais il tomba malade, et Lopès, médecin du prince et de la princesse de Conti, écrivit, le 43 avril 1662 , le billet suivant aux Carmélites :

a À la très-révérende mère, la très-révérende mète sousprieure (c'était mademoiselle Du Vigean en avril 1662) dés Car* mélHes du grand couvent.

« Ma très-révérende Mère ,

. « Comme je suis persuadé que nous devons l'heureuse naissance de monseigneur le comte à l'intercession de la bienheureuse mère Magdelaine et à vos prières, je crois que nous ne pouvons rien faire de mieux ni de plus conforme aux sentiments de M™ sa mère que de vous suplier de nous accorder les mêmes grâces pour sa conservation. Nous vous demandons instamment de l'eau de la bienheureuse mère et la continuation de a 29

vos prières. J'y ai une très-grande foy pour lui et pour moi. Je vous suplie tne les accorder. Je suis, ma très-révérende mère , de rhostel de Conty, jeudi au soir 13 avril 1662, votre trèshumble et très-obéissaut serviteur, . Lofes. »

Mademoiselle d'Alençon, seconde fille de Gaston et.de Marguerite de Lorraine , qui devint depuis la duchesse de Guise , demande, le 18 septembre 1664, une oeuvaine à la bienheureuse mère.

« Pour la mère Agnès,

« Je vous prie, ma chère mère, de vouloir faire faire à toute votre communauté une neuvaine au tombeau de postre bienheureuse mère à mon intention , et que l'on la commence aujourd'huy. Je tm suis si bien trouvée des prières que vous avez faites pour moy, que j'tspère que Dieu m'octroira ce que je luy demande par l'entremise de notre bienheureuse mère.

IsjnwxB d'Orléans.»

autre ucttr* pk la *£** P9 8 ocjob** 1664.

« A ta mère Agnès, aux Carmélites.

« Vous avés accepté si obligeament la prière que je vous a vois ftûtte, ma chère mère* de me faire pne neu vaine, que cela fait que je vous importune encore une fois, et que je vous prie d'en vouloir faire commencer encore une aujourd'huy à vostre communauté mi tombeau de vestae hjéft heureuse mère à mon intention. Je v<w an serai trèfrobligée , mère, et d'estce assurée de mon amitié. Je vous prie de faire mes compliments à ia mère de Bains, »

Madame la duchesse d'Elbeuf, Elisabeth de Bouillon, nièce de îurenne, mariée à Charles d'Elbeuf en 1656, et morte en 1680, écrit en 1659 à sa sœur, alors novice aux Carmélites, c'està-dire à Émîlie-Éléonore de Bouillon, dont nous avons parlé plus haut, page 398 :

« Jamais je n'ay tant espéré, chère sœur, que la bienheureuse mère fytodèïaine de Sfûn.t-josepMt l* bienheureuse seaurCatlut-

rine de Jésus feraient le miracle que nous souetons que présentement. Car le jour que je suis partie, j'ay prouvé moyen de mettre de leurs saintes reliques; et M. (TElbeuf, ce que je n'avois pas peu fere jusque à présent, sonscapuler estant rompeu et l'ayant donné à raccomoder à un de ses gents, les a mises, et au même moment je n'ay casy plus douté que Dieu nous accorderait ce que nous luy demandons par les prières de cette sainte. Je vous conjure, ma chèrç sœur, de suplier très-humblement la mère souprieure (en 1659 c'étaijt mademoiselle Du Vigean) que Ton redouble les prières pour cette pauvre âme, qui est en sy pitoyable estât. Si j'osois, je demanderais par charité à la mère prieure, c'est-à-dire à. celle qui l'a es{é, de demander à Noire Seigneur cette conversion. Je communierai, s'il plest à Dieu, dimanche pour cela. Souvenez-vous-en, chère sœur, ce jour-là, et priés toutes vos bonnes mères d'avoir ausy cette bonté. Enfin j'ay depuis peu tant d'espérance à ces saintes reliques, que ie n'en fais casy plus de doute. J'ay cela si fortement à la teste qu'il ne se peut pas plus. (Quelques lignes effacées)... et de me croire toute à vous, et de tout mon cœur. Ce dernier septembre 1639. »

Une autre ôHe du duc de Bouillon , une autre nièce de Turenne, Mauricette-Phébranie, mariée à Maximilien, duc de Bavière, frère de l'Électeur, morte sans postérité en 1706, écrit en 1670 à sa sœur, Çippolyte de 'Bouillon, déjà carmélite (voyez plus taut, page 400).

« A ma très-chère sœur, ma très-chère sœur Hipolite de Jésus.

«J'ay bien de lajoye, ma très-chère sœur, d'apprendre par vostre dernière lettre que vous estes bien aise que nbstre ausmonié retourne à nostre servisse. Asseurément c'est un fort honnpste homme. Il m'a bien réjouie en m'asseurant de la continuation de vostre amitié, et m'a bien dist aussi que je n'estes pas publiée dans vos bonnes prières. Je vous prie, ma chère sœur, de vouloir bien continuer, et principallçrnent envers la bienheureuse mère Magdeiaine, en quy j'ay eu toute ma vi$ bien de la dévotion» Vous ne pouviez pas me faire un présent plus agréable

qu'en nf envoyant un scapulaire fait dé sa robe. Je vous en suis infiniment obligée. Je le porteré toute ma vie. J'ay bien de la joye d'avoir sa .Vie (par le pèréSenault). Je vous prie, ma chère sœur, d'en vouloir bien remercier de ma part la révérende mère prieure (en 1670, la mère Agnès) et luy témoigner l'obligation que je luy en ay. Si la lecture de cette vie me peut convertir, je luy en oré toute l'obligation ; ce ne seroit pas une des moindres que je luy ay avec tant d'autres dont celle-là ne fera qu'augmenter le nombre. Je ne manqueré pas de faire faire un tableau pour mètre dans ma chambre d'après l'image que vous m'avez envoyée. Je vous remercie bien fort de tout ce que vous m'avez donné. Je n'ay pas manqué de faire vos compliments à Monsieur mon mari , qui vous en remercie bien fort et se recommande bien à vos bonnes prières, et moy je fais la mesme chose, en ayant bien besoing.

Adieu, ma chère sœur, soyez persuadée que vous avez un pouvoir apsolu sur le cœur de vostre

Maurice-Phrèbronie. — r A Munie , ce 30 avril 1670. »

Voici un billet de la célèbre duchesse de Savoie, Chrestienne de France, femme de Victor-Amédée, et la seconde fille d'Henri IV.

« A MADAME l'aBBESSE DU GRAND COUVENT DES CARMELITES A PARIS.

« Ma R. dame, vostre mérite, qui n'a fait que se perfectionner davantage dans la religion, n'est pas au rang des choses qu'on peut oublier; et si j'en conserve chèrement la mémoire, j'ay la satisfaction de voir que vous avez encore bien avant dans le cœur et dans l'esprit les inclinations que vous conçeutes autrefois pour moy. Le Sr des Chapelles, qui me rendit à son arrivée en ce pays vostre lettre, me fournit maintenant l'occasion , par son retour, de vous en remercier comme ie fais par ces lignes, et d'asseurer aussy dans cet endroit mademoiselle d'Épernon de mon amitié et de la joye que je ressens de considérer qu'en entrant au monastère ou vous estes, elle n'a pas faict moins connoistre la bonté de son jugement que celle de sa conscience, qui luy a attiré du ciel la grâce de cette vocation: Je me recommande à vos saintes prières, et vous prie de croire

que je suis véritablement, ma R. dame, vostre bien bonne amie, a Chrestienne. <— De Turin, ce 30 jDct. i649 *. »

Nous terminerons ce petit cartulaire par s\i lettres de la reine d'Angleterre , Henriette , la tille d'Henri IV, la femme de Charles Ier. Elles sont autographes, avec leurs cachets intacts.

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