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« A ma très-chere sœur, ma tres-cbere sœur Marthe de Jésus.
O 9 septembre 1648.
Ma tres-chere sœur,
Dieu soit béni qui m'a fait la grâce d'imiter votre retraite du monde, quoique très-imparfaitement, et avec des faiblesses dont je devrçis être honteuse si je pouvois songer à quelque autre chose qu'au bonheur que j'ai d'être tout a fait destinée au service de Dieu. Je méritois si peu ses faveurs que je ne puis assez admirer la bonté qui me les a faites , et je crois en avoir obligation à vos bonnes prières. Car enfin , ma tres-chere sœur, vous m'avez toujours témoigné que vous les employiez pour cela, et je ne puis vous en rendre assez de grâces tres-humbles. Mais si je ne puis satisfaire à ce que je vous dois, j'en ai le désir tout entier, et m'estimerai bien heureuse si je vous le puis faire connoître au point qu'il est. Je vous supplie, ma chère sœur, de continuer d'avoir quelque amitié pour moi et de croire que je le souhaite de tout mon cœur, et que je la tiendrai tres-chere. Dans peu de jours j'espère que j'aurai l'honneur de vous voir et d'apprendre de vous comme il se faut donner à Dieu, puisque vous F avez si bien fait que je ne puis avoir une maîtresse plus expérimentée ni pour laquelle j'aye plus d'estime et d'inclination , étant de tout mon cœur, ma tres-chere sœur, votre tres-hùriible et tres-affect ion née servante, Sœur Anne Marie de Jésus. »
Nous donnons en extrait les deux dépositions de MHe Du Vigean et de sa sœur aînée, M"" de Pons, devenue la duchesse de Richelieu , dans l'affaire de la béatification de la mère Madeleine de Saint-Joseph , parce qu'au milieu de détails étrangers à notre objet, il se rencontre plusieurs faits authentiques sur M11' Du Vigean, sur sa famille et sa société intimé.
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