Mémoires de M»« de Mottevffie, t. !•*, p
4ft0 APPENDICE. NOTB TROISIÈME.
la réponse de M"* de Longueville, que nous devons encore à la gracieuse bienveillance de Monseigneur, le duc d'Aumale :
€ A Madame Madame la princesse Marie.
« Du 23» aoust 1645.
« Je vous suis très redevable de la bonté que vous avez eue de prendre part à la joie que le bonheur de Monsieur mon frère m'a donnée. C'est une marque très obligeante de l'honneur que vous me faites de nV aimer, que je n'ai point de paroles pour vous exprimer le ressentiment que j'en ai. Je crois que vous ne doutez pas de ma reconnaissance là-dessus; c'est pourquoi j'en quitterai le discours pour vous donner des nouvelles de M. le maréchal de Gramont, comme vous me l'ordonnez. Je vous dirai donc qu'il est prisonnier1, mais pas blessé, à ce que l'on m'a assurée. On espère que sa prison ne sera pas longue. Car nous avons pris le général Glen *, contre lequel on croit qu'on l'échangera promptement, les ennemis ayant grand besoin d'un homme de commandement parmi eux, et ayant perdu par la mort de Mercy et par la prison de celui-ci tous les plus considérables qu'ils eussent ; ce qui fait croire qu'ils ne feront nulle difficulté de rendre M. le maréchal de Gramont contre Glen, que l'on leur devait offrir tout à l'heure. Voilà tout ce que j'en ai appris. La pauvre M"* Montausier est fort afttigée de Pisany 3, à ce que l'on m'a dit. Je suis ravie que Trie vous soit agréable et que le séjour ne vous en soit pas incommode. Je souhaite pourtant de tout mon cœur que vous le quittiez bientôt, afin qu'en vous voyant souvent on puisse profiter du temps qui reste à vous avoir encore ici. »
1. Le maréchal de Gramont commandait la droite de Condé à Nortlingen; il avait été mis en déroute et fait prisonnier par Jean de Wert. Voyez chap. iv, p. 295.
î. Gleen commandait la droite de l'armée impériale. Il fat pris dans la dernière partie de l'affaire, quand Condé, avec la seule division de Turenne, rétablit le combat et gagna la bataille. Ibid.
3. Le fils de Mn* la marquise de Rambouillet, tué à Nortlingen.
Les bonnes Carmélites ne s'étaient pas contentées de faire écrire à la princesse Marie , devenue reine de Pologne , par MUe d'Épernon, pour obtenir sa protection auprès du pape dans l'affaire de la béatification de la mère de Saint-Joseph, comme nous l'apprennent les deux lettres de la reine de Pologne , publiées plus haut, p. 420; elles avaient employé auprès d'elle Mme de Longueville, qui n'avait pas manqué de presser vivement son illustre amie de s'associer à ses démarches, et lui avait même adressé un modèle des lettres qu'elle devait écrire à son ambassadeur à Rome et au Saint-Père '.
« A la reine de Poulogne et de Suéde»
« De Paris, ce 17e octobre (1647 2).
a Mon acouchement m'a empeschée de témoigner plutost à Vostre Majesté la part que j'ay prise au desplaisir qu'elle a receu de la perte du prince son beau fils, et voicy la première letre que j'ay esté en estât d'escrire despuis ce temps, qui me servira aussy, Madame, à faire une très humble suplication à Vostre Majesté, qui est de vouloir escrire au Pape et à l'ambassadeur de V. M. en faveur de la béatification de la bienheureuse mère Magdeleine, que V. M. a cognue au grand couvent des Carmélites de Paris. Je luy envoyé la teneur des letres qu'elles luy demandent et la su plie très humblement, sy elle leur acorde cette grâce, de me les envoyer quand V. M. les aura escrites, afin que je les anvoie à celuy qui est chargé de cette affaire qui les rendra à l'ambassadeur de V. M. quand il sera temps d'agir pour la faire réussir.