T. V. — 4. Lettres originales, t. IV
Mlle DU VIGEAN ET CONDÉ. 213
pour avoir trop plu à un prince , fut réduite à ensevelir dans un cloître sa beauté et sa vertu f.
Ainsi se terminent bien souvent les plaisirs de la jeunesse, les inclinations les plus nobles, les fêtes du cœur et de la vie. MUe de Bourbon vit naître , croître et finir les amours de Condé et de M,le Du Vigean. Villefore* dit qu'elle les traversa, mais il n'en apporte aucune preuve; il est au moins bien certain qu'elle s'efforça de réparer, autant qu'il était en elle, le mal que fit son frère à sa jeune et charmante amie. En souvenir d'elle, elle combla sa sœur de bienfaits, et, quand la pauvre délaissée eut été chercher un asile aux Carmélites, elle entretint avec elle un commerce affectueux ; elle la visitait et lui écrivait souvent , et , jusqu'à la fin de sa vie , elle la mit dans son cœur à côté de Mme de Sablé.
Mais ne devançons pas l'avenir. Nous en sommes encore aux illusions du bel âge , dans la saison des plaisirs et des amours. Pendant qu'autour d'elle , à l'hôtel de Rambouillet et à l'hôtel de Condé, à Chantilly, à Ruel, à Liancourt, tout respirait l'héroïsme et la galanterie, environnée de jeunes et brillants cavaliers devenus plus tard de grands capitaines, de gracieuses amies qui entraînaient après elles tous les cœurs, que faisait du sien. M"e de Bourbon? Le donna-t-elle aussi , comme M1,e Du Vigean et MlIe de