‹ Jeux des adolescentsChapitre 19 sur 48 · LK LOTO · texte numérisé non relu

LK LOTO

Nous craignons, à vrai dire, que le nom seul de ce jeu ne suffise, comme celui du jeu de l'Oie, pour provoquer chez nos jeunes lecteurs un sourire de dédain ou on bâillement d'ennui. Mais cette crainte ne doit pas nous empêcher de dire quelques mots d'un jeu qui sert encore à l'amusement des familles dans les longues soirées d'hiver, et que les écoliers eux-mêmes ne dédaignent pas toujours lorsqu'une pluie incessante, ne per* met ni la promenade au dehors dans les champs , ni le jeu de balle dans la cour. Le Loto n'est pas très- ancien , car il ne remonte pas plus haut que i'édit qui créa la loterie en 1776; cependant il a prodigieusement vieilli, et si bien vieilli que le poète Delille l'appelait déjà, il y a cinquante ans, le Loto du grand-oncle.

Un jeu de loto se compose de vingt-quatre cartons bariolés de diverses couleurs; ils contiennent chacun

trois rangées transversales de neuf compartiments, quatre coloriés et cinq à fond blanc : c'est ^^^^^^^^^^ g^P ^ fond blanc que

^^ ^***®- sont inscrits les numéros

dans l'ordre des unités, des dizaines, des vingtaines, etc., jusques et y compris le numéro 90, qui est placé sur la même ligne verticale que la série de 80 à 89 : ainsi, chaque carton présente quinze numéros, et chacun des nombres se reproduit quatre fois sur la totalité. Tous les joueurs sont assis autour d'une table, et l'un d'eux, après avoir mêlé les cartons à peu près comme on mêle un jeu de cartes , les distribue à la ronde un k un. Si les joueurs

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saut trè3-nombreux« c'est-àrdire plus de douze, on ne donne qu'un carton à chacun d'eux ; moins nombreux ^ ils reçoivent deux cartons. De plus , chaque joueur a devant lui, à la portée de la main , un certain nonibre de jetons d'os coloriés , ou plutôt de verre transparent. Au milieu de la table est une petite corbeille qui contient les enjeux ou la poule; c'est ordinairement une. collection de sous , résultat de l'offrande déposée par chacun des joueurs; ou bien la dame du logis, qui préside au jeu, veut en faire tous les frais et met dans la corbeille un petit assortiment des plus jolis bonbons. Lorsque des écoliers jouent entre eux, ils se contentent de déposer comme enjeu un certain nombre de billes.

Toutes ces dispositions prises, le jeu commence et Fat* tention devient générale. Tous les joueurs' ont les yeux fixés sur leurs cartons. L'un d'eux tire successivement d'un sac de peau des boules hémisphériques , qui sont au nombre de 90, et dont chacune porte un nombre différent, depuis 1 jusqu'à 90. A l'appel de chaque numéro, les joueurs qui trouvent ce numéro sur un ou plusieurs de leurs cartons le marquent avec un jeton , et celui qui tire les boules marque les numéros de ses cartons avec les l>ouIes elles-mêmes. Un seul numéro sur la même ligne fait un extrait; deux numéros, toujours sur la même ligne, font unambe; trois, un terne; quatre, un quaterne ; cinq, un quine. On convient quelquefois que pour ces chances diverses, c'eâl-à-dire pour le premier ambe, le premier terne, le premier quaterne, les joueurs auront le droit de prendre au panier une quantité déterminée des enjeux qui y sont déposés, le reste appartenant à celui qui a le quine. Mais, le plus communément, les ambes, les. ternes, les quatecnes n'ont aucun avantage particulier, et c'est au premier quine qu'est adjugée la totalité de la poule. On fait alors une

ooDTcUediatributioD des cartons, on remet dan» le bw toutes les boules qtii en Bont sorties, on les agite ];iour bien les mêler, et l'on commence une autre poule.

Il y a de beaux esprits, ou soi-disant tels, qui ont imaginé de rompre la monotonie du jeu en donnant à certains nombres, et particulièrement aui nombres formés de deux chiffres semblales, des dénominations bizarres, que la tradition a conservées. Ainsi, le k s'appelle le chapeaudu commissaire; le 11, les deux jambes; le 22, les

deux cocottes, ou les deux poulettes; le 33, les deux bossus; le kk, les deux potences; le 77, les deux béquilles; le 86, les départements; enfin, le 69, \'infaU~ libte. On peut penser tout ce qu'on voudra de ces niaiseries, que nous nous gardons bien de prendre sous noire protection : quant au dernier terme, il a le mérite d'être vrai. En effet, de quelque manière qu'on tourne le numéro 69, il a toujours la même valeur, c'est toujours le même nombre, bien que le 6 se soit transformé en 9, et le 9 en 6. Il n'en serait pas de même des nombres isolés 6 et 9, que rien ne pourrait faire distinguer l'un de l'autre.

comme aussi les nombres 16 et 19, qui seraient confon«* dus, le premier avec 91 et le second avec 61. Pour empêcher les méprises, un gros point noir ou une ligne tracée au-dessous des chiffres sur les boules fait connaître dans quel sens il faut les lire.

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