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Il n'a appris ni les belles-lettres ni la natation

lieu dans l'air beaucoup plus que daDs l'eau. Ce ne sera pas une innovation cependant. Nulle partie de la gymnastique n'est plus méthodiquement enseignée que celle-lk dana les écoles militaires. Chacun des temps de la natation y est l'objet d'une étude Bpéciale. On y fait d'abord l'éducation des bras, puis celle des jambes. On y coordonne ensuite les contractions de chaque bras avec celles de la jambe correspondante, jusqu'àcequ'enfin.cou-

Lt NaUliBD (flg. i:

L> HslaUon (Bg. ï).

ché k plat ventre sur un chevalet, l'élève exécute de ses quatre membres à la fois les mouvements de la natation. J'avoue qu'à un premier examen je n'aurais élé que médiocrement rassuré sur les effets de cette façon de nager par raison démonstrative; et j'aurais craint que, jeté il l'eau, le nageur présumé ne se trouvât pas suffisamment en gartie contre cet élément; mnis l'eipérience a été faile , et elle a été décisive. Trente-six sous-officiers, qui n'avaient nagé çuet^ru l'air, ont été amenés au bord delà Marne. ■ Vous savez; nager, ■ leur a-t-on dit : ceux-ci ne semblaient pas très-convaincus de la chose. Cependant

entrent dans la rivière. Dix-neuf d'entre eux nagent à rinatant ; pour les autres , le résultat désiré ne s*est pas fait attendre au delà de la deuxième séance ^ »

La faculté de se mouvoir dans l'eau n'est pas naturelle à l'homme comme à la plupart des animaux ; il ne. nage pas instinctivement : son organisation est contraire à ce genre de locomotion ; la situation horizontale ne lui convient que pour le repos ; sa pesanteur spécifique l'entraîne au-dessous de la surface du liquide, oîi il ne peut plus respirer ; son intelligence, en outre, lui fait apprécier un danger dont la crainte suffit pour paralyser ses forces. Il faut qu'il apprenne à se familiariser avec l'eau et à maîtriser toutes ses dispositions défavorables à la natation. Différents modes sont usités pour faciliter cet apprentissage : on se sert tour à tour d'une botte de joncs sur laquelle on appuie la poitrine, de deux vessies remplies d'air ou de larges pièces de liège réunies autour du corps par un cordon. Il y a des personnes qui n'approuvent pas l'emploi de ces moyens auxiliaires : ils ont cependant l'avantage, en soutenant le corps , de laisser à l'apprenti la liberté d'exercer ses membres et de s'habituer aux mouvements qui sont les conditions princi* pales de la natation. Ces soutiens, seulement, ne doivent pas enhardir au point de perdre pied dans une eau profonde ; car ils peuvent accidentellement se détacher du corps.

Voici quelques conseils que nous empruntons aux écrits du célèbre Franklin. Le seul obstacle aux progrès dans l'art si utile de la natation , c'est la crainte , et ce

1. Les hommes qui font leur début dans la rivière sont attachés à une longue corde portant à son autre extrémité un gros morceau de liège qui flotte. Il serait donc toujours facile de ramener à la surface un homme qui se serait laissé couler sous Teau. Ce système est bien supérieur à celui qui consiste à suspendre le débutant au bout d'une perche.

n*est qu'en surmontant cette crainte que vous pouvez < venir maître d'observer les instructions suivantes. Il est très-ordinaire à ceux qui sont encore novices dans Fart de nager de se servir de soutiens de différentes sortes, pour aider le corps k rester sur l'eau; mais vous ne saurez nager qu'autant que vous aurez confiance dans le pouvoir qu'a l'eau de vous supporter, et, pour acquérir cette con* fiance , on peut employer un moyen dont Texpérience a plus d'une fois justifié l'utilité; ce moyen est celui-ci : Choisissez un endroit oh l'eau s'approfondit graduellement; marchez tranquillement dedans jusqu'à ce qu'elle arrive à la poitrine ; tournez alors votre figure vers le bord, et jetez un œuf dans l'eau entre vous et le bord ; il tombera au fond, et vous le verrez aisément, si l'eau est claire. Il doit être assez profondément jeté pour que vous ne puissiez aller le chercher qu'en plongeant. Pour vous encourager, réfléchissez que vous passerez d'une eau profonde à une eau basse ; et qu'en tout temps vous pouvez, en poussant vos jambes sous vous et vous appuyant sur le fond , élever votre tête fort au-dessus de l'eau ; plongez les yeux ouverts, et tenez-les ouverts avant de plonger. Comme vous ne pouvez ouvrir les paupières , à cause du poids de Teau qui est au-dessus. de vous, il est nécessaire qu'ils soient ouverts d'avance pour vous jeter vers l'œuf, et vous efforcer, par l'action de vos mains et de vos pieds contre l'eau, d'avancer jusqu'à sa portée. Dans cet effort , vous trouvez que l'eau vous pousse en haut contre votre volonté, et qu'il n'est pas si facile d'enfoncer que vous le croyiez, et que vous ne pouvez que par une force active attraper l'œuf. Ainsi, vous sentez le pouvoir qu'a l'eau de vous supporter, et vous apprenez à vous confier à ce pouvoir. Pendant que vous vous efforcez de le surmonter pour atteindre l'œuf, apprenez-vous la manière d'agir sur Teau avec vos pieds et vos mains, moyen dont

on se sert ensuite en nageant pour soutenir la tête à la surface de Teau ou pour avancer ati travers.

Vous devez d'autant mieux essayer cette méthode, que, bien qu*il soit facile de vous démontrer que vous pour* riez flotter assez longtemps sur Teau en conservant votre bouche libre pour respirer, si vous vous mettiez dans une position convenable sans vous débattre ; cependant, jusqu'à ce que vous ayez acquis cette confiance expérimentale, on ne peut pas espérer que vous ayez assez de présence d'esprit pour vous rappeler cette position et les avis qui vous sont donnés à ce sujet. La surprise peut vous faire tout oublier. Apprenez donc à nager , comme il serait à désirer que tous les hommes l'apprissent dès leur jeunesse; ils seraient d'autant plus en sûreté qu'ils auraient ce talent , et , en outre , d'autant plus heureux qu'ils seraient libres des appréhensions pénibles du danger , pour ne rien dire du plaisir que procure un exercice si bon et si agréable.

Nous allons maintenant passer en revue les différentes manières de nager, et ensuite nous compléterons ce que nous avons à dire sur la natation, en donnant quelques préceptes et quelques règles de conduite que l'expérience a sanctionnés.

L.a Brasse. La Brasse consiste à imiter les mouvements de la grenouille, et c'est ce qu'on appelle nager en gre^ nouille. Vous êtes dans l'eau jusqu'à la hauteur des épaules; placez les bras près du corps, les paumes des mains et les doigts réunis , les pouces en l'air ; inclinez lentement le haut du corps en avant, en tenant la tête droite. Aussitôt que vos pieds ont quitté le sol, portez les talons l'un contre l'autre près de l'extrémité supérieure des cuisses ; puis, par un mouvement simultané et violent, les mains se portent en avant et les pieds en arrière. Les bras se tendent à hauteur des épaules ; les mains s'écar-

lent fa plat, les doitgs jointe, et décrirent une courbe m s'enfonçant un peu dans V,eau , puis reviennent fa leur

première position. Les jambes ae tendent par la projection vive et simultanée des pieds. On répète ces mémes^mouvements fa intervalles égaux , sans se presser : il faut, comme on dit , se hâter lentement.

i.a Planche. Celle manière de nager est très-simple et très-utile; elle donne le moyen de se reposer et d'éviter d'être enlacé par les herbes. Penchez doucemeni le

haut du corps en arrière, puis projetez-le fa la surface de l'eau, le corps et les jambes en ligne droite ; la figure, lit

poitrine et la pointe des pieds sortettt de t'eau; les braB tant places sar les cdl4s et près du corps. On progresse CD faisant mouvoir les bras comme des rames , et en même temps les pieds , comme il a été expliqué pour la brasse. Quand on veut changer de position et nager sur le ventre, il faut lever une jambe eu dehors, embrasser l'eau avec l'autre, et on se retournera du c6té oU la jambe saisira Veau par le mouvement.

L» Cvnpe. Il faut un concours d'efforts assez considérables pour nager ainsi ; mais , de toutes les manières de

progresser dans l'eau , c'est celle qui donne la plus grande vitesse. Couchez-vous sur le ventre, jetez en le sortant de l'eau le bras droit tendu en avant, pliez les dernières phalanges des doigts , de manière que ta main forme une cavité ; en même temps, exécutez avec les pieds le mouvement indiqué pour la brasse ; enfoncez la main dans l'eau en la faisant passer rapidement le long et près delapoitrine, puis laissez-la aller en arrière du corps. Ces mouvements du bras droit et des jambes ayant reçu toute leur amplitude, et le corps commençant à s'enfoncer dans l'eau , exécutez avec le bras gauche ce qui vient

d'élre indiqué pour le bras droit. Par le mouvemeat allernallf dee bras , le corps se penche b droile pendant la projection en avant du bras droit, et h gauche pendant la projection en avant du bras sauche.

Les trois modes de natation que nous venons de décrire sont le principe de toutes les manières de nager, qui peuvent être variées à l'infini; nous nous bornerons il en indiquer quelques-unes.

N«sep en chien. Celte manière de nager est la plu& naturelle : pour l'exécuter , il faut imiter les mouvements du chien, c'est-à-dire qu'il faut faire sortir allernalive-

Nager en cbini.

ment hors de l'eau les mains et les pieds, la main droile fonctionnant avec le pied gauche et la main gauche avec le pied droit. Les mains doiveul élre poussées, la paume en bas, un peu sur la surface de l'eau ; quand elles approchent de la poitrine, on les élève, et l'eau est attirée ou repoussée par le nageur.

Hacer «nr le eùté. Il y a des circonsfances où il peut être utile , lorsqu'on nage, de ne pas perdre de vue les bords de la rivière ; k cet effet, on se met soit sur le côté droit soit sur le câté gauche. Lorsque vous nagerez en grenouille, si vous voulez nager sur le cdlé gauche, tournez

la lêteà droite, chassez avec force l'eau avec la mais droite, qoe vouB rapprocherez eDsuite près de la poilriiie, pour

"^ fL^^ss^^s^ ,.

eiécuter encore le même mouTemenl. Quand vous toui^ nez sur le côlé droit, c'est la main gauche qui fait l'office d'aviron. Les pieda agissent comme d'habitude.

Naser les brms hors de re««. Il faut exécuter les mé-

Nager les bras bors di

mes mouvements que pour nager en grenouille, en se penchant su r le flanc gauche et en sortant la main droite hors

de l'eau. Il faut en môme temps, pour suppléer k l'inaclion du bras droit qui est hors de l'eau, que la force d'impulsion des jambes soit plus grande. On sortira la main gauche de l'eau par les mouvements inverses. Il est important de s'exercer ii nager ainsi sans que la main plac^ hors de l'eau soit chargée ; mais, lorsqu'on aura acquis assez d'habitude, il faudra saisir différents objets dontle poids sera graduellement augmenté, ainsi que la difficulté de les porter. C'est ainsi que des nageurs traversent une rivière en nageant d'une main, en portant de l'autre leurs habits élevés au-dessus de l'eau.

Plonger. Si l'on ne se livrait b l'exercice de la natation

Plonger (flg. i).

que pour son amusement et même pour sa santé, il ne serait pas indispensable de savoir plonger; mais, comme le but qu'on doit se proposer en apprenant à nager est de i pouvoir, quelle que soit la circonstance oii l'on se trouve, sauver sa vie ou celle des autres, il faut contracter d'à- : vance l'habitude de s'élancer dans l'eau et de s'y enfoncer j sans s'effrayer ni s'étourdir. Avec cette habitude, soit qae 1 vous tombiez par hasard dans une rivière , soit que l'on |

-^-tssS Ml Qrxs^ TOUS y précipite ponrvous perdre, soit enfin que vous voliez au secours de quelqu'un, il est presque impossible que vous ne vous tiriez pas d'affaire..

Pour apprendre à plonger, choisissez un endroit où vous ayez de l'eau jusqu'aux genoux, asseyez-vous el tendez les bras à uDe personne qui sera debout vis-à-vis de vous les jambes écarlées, afin de laisser aux vôtres, qui seront jointes, la facilité de se placer , entre les siennes : elle vous tiendra les poignets, tandis que vous vous inclinerez en arrière. Dès que l'eau aura couvert votre visage , elle vous remettra sur votre séant. Il faut répéter cet exercice jusqu'à ce qu'on soit en état de se renverser ainsi et de se relever seul à l'aide de ses mains.

Plonge (Bg. ,). , y^i^; g^pj^^Ç y„g

autre manière d'apprendre à plonger. D'abord on entre dans l'eau jusqu'à la ceinture, on aspire le plus d'air qu'on peut, on s'accroupit, fit, retenant son haleine , on reste quelques secondes sous l'eau. On se relève et l'on recommence plusieurs fois le même exercice. Il entre un peu d'eau dans les narines, mais à peine s'en aperçoit-on. Quant aux oreilles, l'eau qui s'y introduit cause bien une petite surdité et un bourdonnement désagréable, mais il ne faut pas s'en inquiéter; au moment

où Eon s'y attend le. moins, elle sort, et Touié n*éproiiTe plus la moindre gêne. Quand vous serez un peu habitué à retenir votre haleine et à enfoncer votre tête dans l'eau, allez dans un endroit assez profond. Après avoir nagé quelques instants a la surface, plongez la tête la première, en courbant brusquement le haut du corps et en élevant les jambes. Allongez les bras et nagez dans cette position en gagnant le fond de l'eau; vous l'atteindrez d'autant plus vite que vos mouvements seront plus précipités , et que votre position sera plus rapprochée de la perpendiculaire. Pour revenir sur l'eau, tenez-vous debout, levez ensuite alternativement les jambes comme si vous montiez les degrés d'un escalier, et faites le même mouvement avec les bras que vous tenez le long et près du corps, ayant la paume des mains tournée vers le fond de l'eau : de cette manière vous reviendrez promptement à la surface. Quand l'endroit que vous avez choisi pour plonger est peu profond, vous pouvez, dès que vous avez atteint le sol, le frapper solidement du pied; vous reviendrez alors au-dessus de l'eau, et d'autant plus vite que votre corps sera plus droit. On plonge aussi en jetant dans l'eau les pieds les premiers ou la tête la première, ce qu'on apppelle donner un pied devant ou donner v/ne têteK »

Nager entre deux eaux. Pour nager entre deux eaux, il suffit, quand vous aurez plongé, de prendre une position horizontale et de nager en grenouille, comme si vous étiez sur l'eau.

Les occasions les plus imprévues peuvent vous obliger de vous jeter k l'eau tout habillé : il faut donc s'habituer à nager avec ses vêtements, ce qui devient un surcroît d'embarras et de difficulté. Quand vous nagerez avec facilité,

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