‹ Jeux des adolescentsChapitre 29 sur 48 · M. de Courtivron , Traité de nataùon · texte numérisé non relu

M. de Courtivron , Traité de nataùon

commencez d'abord par nager avec un pantalon et votre chanssare, puîe avec une veste, un habit, en augmentant le Burcrott d'embarras.

B«Bles & •bscrror. Dans l'exercjce de la natation, il faut observer certaines règles et prendre quelques précautions que la prudence conseille. Avant d'entrer dans l'eau, si l'on vient de faire une assez longue course, it faut attendre non-seulement que le corps ne soit plus en transpiration, mais même qu'il soit entièrement rafraîchi. Lorsqu'on se plonge dans l'eau, la meilleure pratique est d'y faire entrer d'un seul mouvement le corps tout entier : on prévient ainsi l'action ascendante du sang, qui peut causer des maux de tête, des migraines. En sortant de l'eau , il ne faut reprendre ses vêtements que lorsque toutes les parties du corps sont parfaitement sèches, et il est salutaire, après qu'on s'est habillé, de faire un peu d'exercice, de marcher, de se promener. Il n'est pas bon de se baigner après les orages, parce que l'eau contracte quelques-unes des qualités malfaisantes des marais. Il est prudent aussi de s'abstenir de la natation lorsque le soleil , dans toute sa force , darde ses

rayons presque perpendiculairement sur l'horizon. Le milieu du jour n'est pas favorable pour cet exercice ; il faut s'y livrer le matin, avant le premier repas, ou mieux encore le soir, avant le dernier. Les eaux courantes, telles que celles des fleuves et des rivières, sont préférables pour le bain aux eaux étroitement encaissées ou toujours abritées par les arbres des deux rives. On doit choisir, autant qu'on le peut, un fond uni et sans pierres, afin de pouvoir plonger .sans se blesser. Il faut éviter de nager au milieu des joncs : on court le risque de s'y engager fatalement, et c'est un danger que toute l'habileté des nageurs ne peut souvent pas conjurer.

Les nageurs sont exposés à une contraction musculaire qu'on appelle crampe ^ contraction douloureuse qui rend impuissant le membre qui en est atteint. Mais il ne faut pas s'en effrayer; avec du sang-froid, ce mal est peu redoutable. Dès que le nageur sentira une crampe au pied ou à la jambe, il devra allonger ce membre avec force, agitant le talon et poussant les pieds vers le haut; si ses efforts ne réussissent pas, qu'il se tourne sur le dos et se laisse flotter, ou bien qu'il nage avec les mains, jusqu'à ce que des secours lui arrivent. Si la crampe ne s'est emparée que d'une jambe, qu'il agisse de l'autre ; si elle paralyse les deux, qu'il nage des bras. L'important, c'est de savoir conserver sa présence d'esprit ; carie plus habile nageur, s'il s'abandonne à la crainte, s'il perd la tête, court les mêmes dangers que celui qui ne sait pas nager.

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