‹ Jocelin le gardecote drame en cinq actesChapitre 17 sur 100 · ACTE i · texte numérisé non relu

ACTE i

Dieu qui l’a frappé par ta main... et puis , si tu as versé le sang de mon frère, je me souviens que je te dois le salut de ma femme... je ne puis plus te presser la main... mais j’ai promis d’aider à te sauver, et je tiendrai ma parole.

JOCELIN.

Ah! que ne puis-je vous donner ma vie en expiation du malheur dont je suis cause !

LE COMTE

Assez de paroles sur ce sujet; il faut songer à ta sûreté... la maréchaussée est sur tes traces... Cette hôtellerie ne saurait t’offrir un asile.

MADAME FLAMBART, revenant en scène.

H&las, mon Dieu! c’est d’abord là qu’on ira le chercher.

LF. COMTE.

Heureusement voici la nuit, il te sera facile de trouver un abri de quelques heures, dans les rochers qui bordent la mer entre Lorient et Vannes ; demain, au point du jour, tu me rejoindras, à l’entrée de Vannes, dans la cabane de Toby le pêcheur... je le déciderai à te prendre sur son chasse marée... et de là tu gagneras quelque bâtiment en partance pour les colonies.

JOCELIN.

Ah!

LE COMTE

Ne me remercie pas. Je ne dois avoir pour toi, ni haine, ni amitié ; laisse-moi penser que je remplis un devoir, voilà tout.

JOCELIN. (11 va pour sortir ; puis il revient sur ses pas, s’agenouille en silence près du comte, et lui saisit une main qu’il porte à ses lèvres avec émotion ; puis se relevant :

Ah! si jamais vous avez besoin d’un homme dévoué!... Vous l’avez dit, c’est entre nous à la vie et à la mort!

FLAMBART, revenant avec les ma telots.

Ils viennent, les enragés ! ils sont sur mes talons.

MADAME FLAMBART

Sauve-toi, Jocelin, parla porte de la grange. (Joceiin sort précipitamment. — Il fait nuit.)

LE COMTE

Voilà donc ce que m’annonçaient mes pressentiments. (Les

soldats entrent uvec un officier.)

l’officier, aux soldats.

Visitez cette hôtellerie.

FLAMBART

A votre aise, mes braves... l’hôtel du Grand Marsouin... je suis chez moi , passez donc...

l'officier.

Prenons garde qu’on ne protège sa fuite... que personne ne s’éloigne !... (Au comte.) Qui êtes-vous, monsieur?

LB COMTE

Le comte Léon d’Esgrigny.

L’OFFICIER, se découvrant.

Le frère de la victime.

LE COMTE

Mon frère est mort ?

l’officier.

Sans proférer un seul mot... mais on connaît son meurtrier... nous l’atteindrons! Vous serez vengé, monsieur.

LE COMTB, à part.

O mon frère, que le ciel te pardonne comme à celui qui t’a frappé !... Mais le docteur Verdier m’attend. ..(a madame Flambait.) Vous , madame , veillez bien sur elle. (Envoyant un adieu aux fenêtres du pavillon.) A demain , Amélie, à demain 1 (n sort.)

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