‹ Jocelin le gardecote drame en cinq actesChapitre 50 sur 100 · ACTE H · texte numérisé non relu

ACTE H

Si

Eh bien, chevalier, après?

Enfin, la jeune dame donna le jour à un fils, et je fus reconduit avec les mêmes précautions.

l'amiral.

Sans avoir su quelle était cette jeune femme?

Je l’ai vue!

LA COMTESSE, à part.

Ah !...

Son voile s’étant dérangé un instant, je fus frappé de sa beauté , beauté tellement remarquable que je ne pouvais manquer de la reconnaître.

LA COMTESSE, à part.

Ciel, donne-moHa force de ne pas me trahir.

l’amiral.

Et le héros de cette intrigue...) l’inconnu... l’avez-vous revu ?

Une fois seulement avant mon départ, mais j’ai appris depuis lors, qu’il avait eu une fin déplorable.

l’amiral.

Comment? ’ . .

On m’a assuré que... quelque temps après... passant un soir dans les montagnes... il avait péri d’une mort violente.

LA COMTESSE, à part.

Hélas !

l’amiral.

Mais elle, cette femme, savez-vous ce qu’elle est devenue ?

SERVIÈRES, observant la oomtesse.

P^r un hasard bien extraordinaire, je l’ai retrouvée... vous ne devineriez pas où?...

l’amiral.

Non vraiment.

SERVIÈRES, regardant toujours la ^comtesse dont le trouble augmente à chaque instant.

Dans nos colonies. (La comtesse s’est levée involontairement, et comme éperdue.)

l’amiral.

Comment? ici? à la Martinique?

Non... à la Havane... (La comtesse retombe sur son siège.) A la Havane, où elle a épousé un homme des plus considérés.

l'amiral.

Qui peut-être n’a jamais rien su de cette aventure?

C’est possible...

l’amiral.

Eh bien, voilà une trahison que j’appelle lâche et odieuse... et si l’on pouvait pardonner un crime, je crois que j’aurais plutôt une excuse pour la femme qui trompe son mari pendant le mariage...

LA COMTESSE

Monsieur!...

L’AMIRAL, avec force.

Oui, Madame, l’une peut être coupable par entrainement, par passion... l’autre agit froidement et par calcul...

LA COMTESSE, très-troublée.

Eh ! mon Dieu ! que sait-on parfois des motifs...

l’amiral, avec colère.

Des motifs pour abuser de la confiance d’un honnête homme? non. Madame, non, morbleu, il n’y en a pas, et si j’avais été trompé de la sorte, et qu’on me l’apprît, lût-ceau bout de vingt ans, je jure par Dieu que je tuerais l’hypocrite sans pitié.

LA COMTESSE, à paît.

Malheureuse !

Revenons à mon aventure... ici, mon cher amiral, les choses ne pouvaient pas devenir aussi tragiques... le repos du mari était assuré... Il ne restait aucune trace du passé.. ..du moins on devait le croire... car, l’enfant, fruit de ce mystérieux amour, confié d’abord par moi, aux soins d’une paysanne, est mort par suite d’un accident... de sorte que la mère, à l’abri maintenant de toute inquiétude...

l’amiral.

Eh! mais... voyez donc... la comtesse; est près de se trouver mal...

SERVIÈRES, s’empressant auprès d’elle.

Eh! quoi, Madame?...

LA COMTESSE, se détournant de lui et se levant avec effort.

Eh ! Messieurs !... qui ne serait ému d’un pareil récit? Dn pauvre enfant abandonné dès sa naissance!., livré à des mains étrangères... et mourant misérablement sans avoir connu les caresses de sa mère!... Ah! c’est allreux ! (Elle se couvre le visage.)

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