ÉDOUARD, L’AMIRAL, LA COMTESSE
l'amiral.
Comment? personne pour annoncer ma visite?... ( Apercevant Édouard.) Tiens ! c’est vous, Édouard ? moi qui vous ai cherché dans toute l’habitation... vous étiez ici?...
LA COMTESSB, à part.
Lui I
ÉDOUARD, troublé.
Oui, en effet, Monsieur... vous voyez...
l’amiral.
Que faisiez-vous donc là?
Je... j’étais venu... jusqu’ici en me promenant.
l’amiral.
Tiens... comme ma femme, que j’ai rencontrée à quelque distance, et que j’ai amenée avec moi pour voir si rien ne manquait à notre hôte. Où est-il donc le chevalier?
ÉDOUARD
Je l’ignore... je... je ne l'ai pas vu...
l’amiral.
Que diable avez-vous donc, mon cher?... Je vous trouve un air tout singulier...
la comtesse.
Mon ami, vous l’avez presque grondé...
l’amiral.
C’est possible... j’étais si impatient de le voir pour lui annoncer la grande nouvelle.
ÉDOUARD
Une nouvelle!
l’amiral.
Oui, parbleu ! fort importante pour vous... monsieur l’ambitieux... dévoré du désir de faire fortune !... C’est assez naturel, du reste, quand les moyens sont honorables. Votre père m’a rendu autrefois de grands services, et il n’a jamais voulu que je lisse rien pour lui, l’entêté. C’était de l’orgueil toutpür. Je n’avais qu’un moyen d’en venir à bout, c’était de faire quelque chose pour son fils ; et moi, qui ne sollicite jamais, j’ai demandé au ministre votre nomination au poste d’intendant de la colonie.
Se peut-il?
l'amiral.
Et j’ai reçu le brevet tout à l’heure avec mes dépêches.
ÉDOUARD
Ah! Monsieur, que de bonté ! et comment pourrai-je m’en rendre digne?
l’amiral.
Parbleu ! en continuant d’être ce que vous étiez, un bon sujet, appliqué, studieux, et surtout... en achevant mes mémoires.
LA COMTESSE
Vous ne nous quitterez plus. (Bas.) Et bientôt peut-être un autre espoir vous sera permis.
ÉDOUARD
O bonheur !
Enfin, voilà le chevalier.