‹ Jocelin le gardecote drame en cinq actesChapitre 70 sur 100 · LES MÊMES, SERVIÈRES, MATELOTS, NÈGRES , DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

LES MÊMES, SERVIÈRES, MATELOTS, NÈGRES , DOMESTIQUES

SERV1ÈRES, en dehors.

Arrivez tous, entourez la maison, fermez bien les issues.

l’amiral.

Qu’est-ce donc? que se passe-t-il? Est-ce que vous voulez me faire prisonnier, mon cher hôte?

* Ah! c’est vous, amiral? Dieu soit loué! J’allais vous envoyer chercher... Pardonnez-moi... Ce n’est plus seulement un ami qui vous parle, c’est un habitant de la colonie qui demande justice et protection à son premier magistrat, au gouverneur.

LA COMTESSE, h part.

Que dit-il?

l’amiral.

Justice, protection ! expliquez-vous. Cette protection n’a jamais manqué à personne.

ÉDOUARD, à part.

Que signifie?

l'amiral.

Je vous écoute.

SERVIÈREE.

Il y a une demi-heure à peine, un vol a été commis chez moi.

Un vol !

l’amiral.

ÉDOUARD, ù part.

Le misérable ! il ose !...

l’amiral.

On vous a volé? Comment? dans quelle circonstance?

Assis près de ma fenêtre, accablé par la chaleur du jour, je m’étais endormi. Un homme s’est introduit dans ma chambre et m’a soustrait un portefeuille contenant trente mille livres en bons au porteur.

ÉDOUARD

Quel abominable mensonge !

l'amiral.

Que dites-vous, Édouard? Qu’en savez-vous?

ÉDOUARD

Mais... ce crime me parait tellement extraordinaire...

Il est certain, chevalier, que c’est le premier fait de ce genre dont je suis informé... Trente mille livres, dites-vous’ Mais c’est presque une fortune!... Volé dans une maison qui m’appartient, où vous ôtes servi par mes gens ! Morbleu! vous ne perdrez rien, chevalier, c’est à moi de répondre de la somme. Mais, je l’espère, nous trouverons le coupable, et si vous pouvez le reconnaître...

servières.

Je le connais...

l’amiral.

Eh bien, nommez-le; qui vous arrête?...

La crainte seule de vous affliger.

l’amiral.

Ce coupable m’intéresse donc?... t

Que trop... vous, et Madame la comtesse.

l’amiral.

Il n’y a pas d’intérêt qui tienne. Je suis magistrat ici, et jamais je n’ai eu de pitié pour les criminels. Parlez, quel est-il?

SERVIÈRES, montrant Édouard.

Le voilà.

* Moi !

ÉDOUARD

l’amiral.

Édouard!

LA COMTESSE

C’est impossible, Monsieur.

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SERVIERES.

Je dirais comme vous. Madame, et je démentirais le témoi gnage de mes propres yeux, si tout le monde ici ne l’avait vu s’introduire par l’escalier dérobé. Demandez... (Tous les assistants

font un signe d’assentiment.)

l’amiral.

Qu’est-ce que cela prouve, après tout? qu’Édouard est venu ici? Il y est encore, je m’en suis étonné inoi-même; mais il nous expliquera sa présence... (a Édouard.) Voyons, qu'êtesvous venu faire chez Servières?*

Je ne puis vous le dire.

l’amiral.

C’est étrange 1... Vous étiez pâle, troublé, je l’ai remarqué... Pourquoi?... Eh ! parlez donc?... Dites donc à cet homme qu’il en a menti... ou je croirai qu’une affreuse teqtation de vous enrichir...

ÉDOUARD

Ah! Monsieur!...

LA COMTESSE

Ah ! pouvez-vous le supposer?..** (a Edouard.) parlez, Édouard, expliquez-vous... c’est moj qui vous en prie.

ÉDOUARD

Vous, Madame?...

^ LA COMTESSE

Oui... moi... (Bas.) Et elle aussi.

ÉDOUARD

Ah ! je ne le puis, vous dis-je.

LA COMTESSE

Ah!

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