ACTE IV
VAN BROUST.
Est- ce que vous m’en voulez de vous avoir fait attendre? Àh ! dame, voyez-vous, quand une fois je suis sur le port !... enfin, me voila... présent à l’ordre, mon amiral.
i/amiral.
Personne ici ne t’a rien dit encore?
Qu’est-ce que vous voulez qu’on me dise?... il y a donc quelque chose qui me regarde ?
l’amiral.
Oui. Viens ici, mon vieux, mon brave camarade.
van BROUST.
Amiral, vous me dites des douceurs, vous avez une mauvaise nouvelle à m’apprendre... Pourvu que ça n’ait pas rapport à l’enfant...
l’amiral.
Justement, il s’agit de ton fils.
VAN BROUST.
Hein?... Ah! diable! je vois ce que c’est... vous savez tout et vous êtes furieux...
l’amiral.
Comment? toi aussi, lu saurais déjà...
VAN BROUST.
Mon Dieu, oui... son secret lui a échappé... je lui ai fait une semonce... mais que voulez-vous? c’est un peu votre faute aussi.
l’amiral.
Ma faute ? ,
VAN BROUST.
Joli garçon, et jolie fille... on les laisse ensemble... et quand une fois le cœur est harponné... il devait y prendre garde, c’est vrai; que diable, ce n’est pas ici une amourette ordinaire, la nièce de son amiral!
Piaît-il? qu’est-ce^qu’il me conte là?
VAN BROUST.
Oh! c’est que le marin Van Broust ne badine pas avec l’honneur... 11 l’a prouvé; écoutez, amiral, je l’emmènerai pendant quelque iemps, et qui sait, le bon Dieu aidant, il pourra se distinguer, faire fortune, revenir digne d’elle !...
l’amiral.
Eh! malheureux, que m’apprehds-lu là!... et diyis quel moment I lui! amoureux de ma nièce! mais je l’ignohtis!...
VAN BROUST.
Vous l’ignoriez! Eh bien, alors., qu’avez-vous donc et
que s'est-il passé? Ah ! mon Dieu! lui serait-il arrivé malheur?
Si c’est vrai, dites-le tout de suite... lancez la bombe tout d’un coup... voyons... s’est-il cassé un bras? une jambe?... pis encore peut-être? serait-il mort? (
l’amiral.
Eh sacredié ! il vaudrait mieux qu’il le tût!
Vous me faites peur... moi qui ne tremble jamais... tenez...
I! vaudrait mieux qu’il fût mort, dites-vous?... Qu’est-ce qui s’est donc passé ici? c’est donc quelque chose d’épouvantable?
l’amiral.
Oui, tu l’as dit... d’épouvantable !... car ton fils, mon pauvre Van Broust, soit que l’ambition, la manie de s’enrichir, ou cet amour dont lu parlais lui ait tourné la tête, ou tout cela ensemble, ton Edouard a commis une action honteuse.
van BROUST.
Lui!
• l’amiral.
Un crime... le plus lâche de tous... un... un vol...
van broust.
Hein? vous dites?...
l’amiral.
Je dis que ton fils a volé un portefeuille contenant trente mille livres.
VAN BROUST, irauquillement.
Ça n’est pas vrai.
l’amiral.
Le doute n’est plus permis, Van Broust!... on a trouvé sur lui la somme volée...
VAN BROUST.
Je vous dis que ça n’est pas vrai.
Mais j’étais là, morbleu, et je l'ai vu.
VAN BROUST,
On vous a fait croire que vous le croyiez ; vous n’avez pas déjà de si bons yeux, vous.
l’amiral.
Mais sacredié, je te répète que j’étais là, quand le misérable a avoué le vol.
VAN BROUST.
Qui?
l’amiral. 9
Ton ms.
VAN BROUST.
Il ne l’a pas avoué.