ACTE IV
L'AMI It A I. , exaspéré.
Oii ! c’est à se manger les poings... (a voix basse.) oi si je te disais ce que personne ne sait!... c’est qu’il était armé pour le crime..,
TAN BROUST.
Armé? ,
l’amiral.
Un de mes gens a trouvé sur le chemin qui conduit chez la personne volée un pistolet qu’il avait jeté en fuyant, et que j’ai bien reconnu... il est là, dans ce secrétaire... encore chargé... m’en croiras tu maintenant!
van broust.
C’est faux.
l’amirai,.
Malheureux, tu donnes un démenti à ton amiral?
VAN BROUST.
Il n’y a pas d’amiral qui tienne !... faites-moi arrêter, jeter à fond de cale, pendre à la grande vergue, vous en avez le droit ; mais celui qui appellera mon fils misérable voleur en ma présence, amiral , roi , ou n’importe qui , je lui dirai qu’il en a menti.
L’AMIRAL, levant sa canne.
Ah!... Il est heureux pour toi que je me souvienne de tes services, et surtout que je comprenne ce que tu dois souffrir en ce moment.
VAN BROUST.
Non, amiral, non, vous ne pouvez pas le comprendre!...
l’amiral.
Crois-tu donc que je sois une barre de fer, et qu’il n’y ait
{ ias du tout de cœur là-dessous ?-eh bien, tu te trompes... je ’aime, ton garçon... et souvent je me suis surpris à désirer un fils qui lui ressemblât.
VAN BROUST.
Vous n’êtes pas dégoûté.
l’amiral.
J’ai fait pour lui ce que je n’ai jamais fait pour moi... j’ai sollicité.., et quand j’ai reçu l’avis de sa nomination comme intendant de la colonie, j’en ai éprouvé plus de satisfaction que si le roi m’avait nommé grand amiral de France.
VAN BROUST.
Pas possible!... mon Édouard, intendant de la colonie!
l’amiral.
Et c’est au moment où je lui annonçais cette nouvelle.. . c’est quand j’ouvrais la carrière à son ambition, c’est alors que le malheureux brisait lui-même son avenir, et couvrait son vieux père et lui d’un opprobre éternel , par une action qui peut le conduire aux galères!
VAX BROUST.
Assez, amiral, assez... voilà que vous recommencez à m’effrayer... et je n’ai plus le courage de vous démentir... ce que j’éprouvais tout à l’heure, ce n’était pas de la douleur... non... c’était de la rage... car vous ragiez aussi, vous .... et je vous connais , quand vous avez la tête montée, vous ne sâvëz pas toujours ce que vous dites... mais, maintenant que vous venez de me parler avec bonté... et quand je vois que, fout bourru que vous êtes... vôus l’aimez aussi , ce garçon... et que vous alliez faire pour lui... enfin... des choses qui prouvent que.:, maintenant je dis... je dis qu’il faut que vous soyez diantrement convaincu du fait... pour que... pour que vous l’appeliez misérable... (Ses larmes le suffoquent.) pardon... amiral;., ne faites pas attention, c’est malgré moi...
l'amiiul.
Eh ! mille tonnerres! il n’ÿ a pas de honte à ça... puisque nioi-mêmé, éi c’était possible qu’un amiral... rhais, non, riiorbleu ! il në le mérite pas.
VAN BROÜST.
C’est ce qu’il faut savoir... et je le saurai... je dis encore que ça ne peut pas être... Il y a quelque chose là-dessous et je veux en avoir le cœur net. (Il prend son chapeau et se dirige vers la porte.)