‹ JocelynChapitre 17 sur 24 · SUITE DES LETTRES A SA SOEUR · texte numérisé non relu

SUITE DES LETTRES A SA SOEUR

Valneige, 4 '"ai ' 79*^-

Tu me demanderas de quoi j'existe ici ?

Je me le demandai, moi, bien souvent aussi ;

Mais pour l'homme et l'oiseau la Providence est grande.

De l'autel relevé la volontaire offrande,

(^,es âmes qui, cherchant une voix pour piùer,

A défaut d ange, hélas! nous glissent leur denier;

Les époux qu on bénit, les enfants qu on baptise.

Ces dîmes du bonheur que l'on jette à l'église.

Quelques fonds que l'évêque adresse à ses curés.

Le jardin, le verger, quelques arpents de prés.

Les châtaignes, les noix, de petits coins de terre

Que je bêche moi-même autour du presbytère.

Suffisent amplement pour moi, Marthe et le ciiien.

A la table frugale il ne nous manque rien :

Le lait de mon troupeau, le vin blanc de mes treilles,

Les fruits de mes pommiers, le miel de mes abeilles,

Tout abonde; le pain y cuit pour l'indigent.

Et Marthe dans l'armoire a même un peu d'argent.

Qui m eût dit qu'un peu d'or me ferait tant de joie'

Je n en ai pas besoin, prenez, je vous l'envoie!...

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