GLACIERS
(( Nous descendîmes ensuite au glacier , que nous côtoyâmes, en prenant le chemin que tiennent les gens qui cherchent le cristal. Nous arrivâtkies , en moins d'une heure, ^ un passage très dangereux ,
a70 NOTES DU TOME I.
nommé les PtmUy <|Bi est porp^tidiculairement âevé snr le roc et bordé cTim afïreiix prki[»oe.Gs passages sont encore d'un accès très difficik; mais on courait bien plus de dang^* avant que H. k SauMure eût fait sauter quelques parties durocps le moyen de la pondre à canon y et'creuser des trois pour poser les mains et les pâeds. Le preiB)^ pont était de la longueur de quarante pas;(t les deux autres , un peu plus praticables, d'emiit* dix chacun. Nous airivâmes en moins d'un f^ d*heureàutte fontaine quiix>ule de la voûte etdc^ cotés d'une grotte formée par k nature. Le deto de cette grotte est presque rempli de larges tonlfe de ranmsculus glacialis. C'est là où nous assîmes pour prendre notre premier repas ;aj fait à peu près huit milles depuis notre départ * Chmmounr.
«Nous passâmes ensuite à travers des neiges,re5K d^nne avalanche A\x dernier hiver, et nousp^
vînmes sur la Moraine ;/iiom qu'on donne à un amas de jHèrres et de terres que les glaciers rejettent des deux côtés 9 api?ès les avoir reçus des montagnes plus élevées. Il y a du dangar à passer dessus^ et il faut bien sonder les endroits sur lesqudis on marcfae. Les parties du glacier sur lesquelles ces pierres sont amoncelées , sont plus âevées ot plus dures que toutes les autres. La terre qui roule du haut des montaçn^ s'y trouve- placée avtM: tant de régu^urité et de symétrie, qu'il seud^ que ce soit l'ouvrage de l'art^ En regardant dé cet endrcMtla mer de §^ce que nous avionsiau-dessous de nous^dtte nous semblait impii^ticable. Les fentes qui la couplaient dam toutes les directions possibles étaient innombrables, et! formaient des précipices d'une profondeur immense, dont les bords semblaient devoir s'écrouler, à chaque instant. Nous jugeâmies cependant qu'il ne fallait que du courage et da l'adresse pour échapper à tout danger. Au lieu de crampons, nous avions, à nos souliers , de grands clous , qui nous paraissaient
a 7a NOTES DU TOME I.
beancoup plus commodesy et nos bàrajis armés d'un fer pointu nous furent d'un très grand secmirs. Élimt (kscendus dans le glacier, ^<ms Irouvâipes qu'un vent chMid avftit apnolli la glace ; ce qui la rendait moins, glissante.
« Nous y restâmes environ un guart d'heure; ensuite, ayant regagné la Moraine y nous y fîmcSiuie promenade d'une demi-hrare. Nous nous embarquâmes al<H*s sur la grande mer de ^ace, nommée Glacier des Bois. Je ressentis ^^ il eit vrai , une forte émotion , lorsque je me trou¥ai au milieu de àésa^ affreux I où d'horribles firécipices sembijdent s'ottvrir à clUKiue instant sous nos pas. I^s gouttes qw découlaient des gkçons réunis sur le commet des montagnes, frappées par les rayons du soleil , pi^' duisaient une infinité de petits ruisse^x qiu
Ni
offraient le coup d'œill&plus curieux. Ces ruisseaux se cnniseqt des lits d'où ils se précipitent entend à travers les fentes du glacis , en faisant un bruil
effiroy^bk. fis vi^nnâiiit augmenter l#i>«sm formé pAT 1^ fonte, de la surface intérieiune, et sépèrceiiit
^e ChamoànyéLGXi \jir9er0n prend sa source. Ces eattxaontagnéables etextnêfiiementrafrAidiiisaiiies.
« Qttoinpie, au fMremia* aspect, o^ juge eette ioi* mepse ^tendue de glace im^ticable à tout animai , ^Eo^té aux chamois et aux marB{io(?tes , même à iliQnftiie de pied le plps intr^ide^leBtrovqpeaux, pour alfer eher/chw une diétive sijb^istance de Tau-
tre c6té des rochers , n'ipiésîtent cependant pas à la
.*■...♦ traverser. L^ bergers les laissent- errer en liberté
dans ees l^eux «auvages , et vent iss visiter de temps
•/ en ten^. Kohs apeacçùmes sur ia g|ace les vestiges
d'un trpiîipeau, et nous en vîmes efiectîvement un
qui retournait; un bef ger i^af chait en avant pour
serWr de guide; et son compagnon suivait les mour
tons : nous eûmes le bonheur de sauver une brebis
qui s'était éloignée du troupeau .
Il- 18
274 IIOTES DU TOME I.
« En pouKuivant notre route, nous entenâimes tout à coup jm brufl- afireiix; et, aj^ant -regadlé
autour de nous, nous vîmes x^ei^^étaitÀnédat de
rocher qui s'était détaché d'une des pfiis hautes ai
guiUes f et qqi bondvisait de précipice en précipioe avec une telle rapidité , qu'avant que dp parvenirau fond, il était presque entièreni/QPt*réduitai^n poussière. Après une marche d^une heure ,1e5pectade le plus magnifique s'offrit à nos jmix. LIûnagiiiaSioD ne peut rien concevoir de plus terrible et-4^ pl^
imposant. Jusqu'à ce mcMoent, les glaciers avaient à peipe répondu à Fidée que je m'en ^ais formée; ici ils surpassèrent mon attente. La nature se fiusaât voir sous son aspect le plus t<^ible. Npu^aviAis devant les yeux une nappe de glace de vingt miOes d'étendue /.bornée de toute& parts par an gl/icieri neige, nommé roci//, j^ontdepkn est circulaire et qui conduit, en suivant la ligne droite, au pied do Moiït-JBlanOéCe glacier est environné de rochersde forme conique, qui se terminent en pointes aigiic^^
comme les tours de nos anciens châteaux. Â droite
s^ève une ohaine majestueuse de montagnes à pic^ dont les intervalles sont remplis par d'autres glaciers ; et le majestueux Mont-Blanc, qui porte sa tête jusque daps les nues, paréat commander à toutes les^monti^ties d'alentour « Sa batiteur est telle qu'en li^perceimait, les montagnes adjacenées, quoique trè$ hautes, ne nous paraissaient être que des col* lines. Au- bgut d'une demi-heure, nous arrivâmes à la AÊoji^me^ qui ferme une des bornes de Ift' vallée-; nous la traversâmes; et nous con&iuâmes
notre route ^5 sur un lac de glace d'environ trois
« quarts d^ mille de largeur; nous y trouvâmes la
glace pki^unie et%ioins de creitasses que dans la
grande vallées Nous passâmes ensi^te une seconde
Moraine qui nous conduisit à une auHie masse de
gla\)e, d'oùnoys anrivâmes à^^pe troisième^fomiVie :
en descendant dç«cet endroit , nous parvînmes à la
dernière, chaîne des glaçons, beaucoup pluscoQsi*
dérable que les deux dernières, et* remplie de fentes
a7t> NOTES DU TOME I.
très larges : elle n'est sé|»rée dn ràc que par mie Moraine trèsétroite. Ces mcH*ames ccmtiemientaK grande quantité de crisÙH
« Nous pruoes efisuite un peà à droite^ et vm k^ttontâmes k vallée de glaœ; à d]fli<fete moneslii scène s'agrandissait^ eUe derenak et ptulcrriMeit plus .majestueuse. Mous ahiTames bientôt aa f^ du Couvercle, aprèft avoir parGO«ru9;surlagbfle) lin espace de six imilles ; et nous.sébtimes était difficile de^fuitter la glace; le oommeBeenieBt de la descente était très dangereux; un endroitoàH MlaÂt ptn^^e» était surtout eflFpayaat;. Nous mm sons ]es yeux ua rocber iiwojenàe, dont laeiff&fls était absolument ume^ et au-defisoijis duquel m voyait un précipîee profeoid), ttnniné par unela? a*eva6se formée dans le gliçon^ cpii.semisJaîtiv'B' dé&ndre dWanoen Un petit creux qui se 'tnHi^>'^ daus le milieu^ nous â^ant nésmmoâis para «ufii' sont pour y poser >in seul pied, mnis.risquànes^
na^ser €et eofbroit redoutable , et. ndos arrivâmes beareusetnent sar la terre ferme. Un de nos guides aM^t en avsfflBt^^et teBak.lamain^^ndue, en cas que noitf fissions un faux pas^ fendîi^que Fautre nfHB indiqusiil k» endroits of» il liailaît poser nosi péficfo. Le resle dn chenan , quoiqti'il fût très étroit^ trèstfàide ^ l^iordé tout ani long d^un précipice alGreux^ n'offrit pins àtiotre œtt agijiqrri Tapparence d'aucun danger # La soène dont nous étîcnis environnés'était si imposiiuite , (|ue nous ne pensions plus à nos fatigues ni à nos craintes* Dans moins d'une dMtiî^lBirare nous parvînmes à iu<e fontaine ^ autres de laquelle qoqs hob» aasimei^ pour dîner. H y iiY4i^ cinq heures et demie que nous avions quitfé laxal^* léedeChamaunjri etraalgrélesdiffîcQltésqui avaient retardé notre marefae^ et les haltes que nous avions f^tes^ nous avions ps^couru un espace de quinze miUeS^aw cependant qu'aucun denmiftseplaîgait d'être fort fatigué.
<x Les nùag^ q^i s'amoncelaient n^H^ eB^agèrent à doubler le pa^ , pour arriver^au sommet du Couyerde. De ce^oste élevé^ nous pouTîons voiràla fois trois vallées de glace ; le glacier de Z(âl^k\à\. à notre gaudie^ celui de VEsamPmi face de nous^ et le Tituba à noire droite; touiies ||0is aboutissaient à un inuoiiise bassin de g^of^ nommé le QH^ der des Bois y qui se prolongeait sous nos pieds ^ et était entouré et embelli p^. les aiguilles raboteuses. ^
«Le silence proipndqui règipe dans ce lipu n'est interrpmputmp par 1^ bondîssemens des chamo^ et par lès cris quç jettent les «narmottes, pour avertir leurs compagnes de Ts^proche des hommes.
«Après *avoir pris quelques rafraîchissemens^ nous continuâmes à marcher pour gagner le sommet du Couvercle , rocher très-extraordinaire : w présente Ja forme d'un édifice grand , irrégulier rf
en ruines , pjgicé sur le sommet d'une montagne. Ce rocher est de granit. Il est difficile de le gravir; mais on ne court aucun danger, ^ous trouvâmes vers le pied de la montagne une bouteille dans laquelle étaient les noms de deux Anglais, qui étaient montés juqufà cet endroit quinze jours avant nous, et qui se flattaient probablement qu'aucim étranger ne serait tenté d'aller plus loin. » (Pbyage en Suisse ae fTitticun Coxe , t. II. )
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