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tient ce livre. II n'a qu'à ouvrir, qu'à fire, et qu'à verser autour de lui le trésor de lumière et de perfection dont la Providence lai a remis- k dé. Mitis, comne celai du Christ, 8on enseignement doit être double : par la vie et par la parole; sa vie doit être, autant qœ le comporte l'infir mité humaine , rexpUcation sensâ>le de sa doctrine , ofBe parole vivante! L'Égliae l'a fjAacé là comme exemple fdus que comme orade; la parole peut lui fsdflir si la nature Imena refosé le don} mais la parote qm^e fait éntenèei tous , c'est la vie : au^wie langue humaiBe n'est aussi éloquente et aussi persuasive qu'une tertu.
« Le curé est encore administrateur spirituel fc sacremens de son église et des bienfaits de la charité. Ses devoirs en cette qualité se rappr*hent à ceux que toute administration impose. D a âffioK aux hommes, il doit connaître les hommes; il toudi« aux passions humaines , il doit avoir la main délcate et douce , pleine de prudence et de mesure J^
dans ses atlHbtttions les fautes; leâ repentirs , les tni* sères, les nécessités, lêfi indigences de Thumanité; il doit avoir le oottur riche et débordant de tolérance , de miséricorde y de Ibansuétiïdé 9 de compas* sion, de charité et de pardons! Sa porte doit être ouverte à tdute taeni^e à celui qfui l'éveille, sa lampe toujours allumée, son bâton toujout^s so«is sa main ; il ne doit connaître ni saisons ^ ni distaii^s, ni contagion, ni soleil, ni neiges, s'il s'agit de porter l'huile au bleiasé, le paardon au coupable , <m 90m Dieu au mofirMit. H nef doit y àivoirdevsmtlm, comme de^vant Dieu^ ni riche , ni pauvre, ni petit, m grand, mais dés hommes, c'est^ànlire des frères en misères et en eftpârances. Mais s'il* ne* doit refuser son raihistère k personne, il ne doit pas l'o^&ir sans prudence à cetix qui le dédisogneiit ou le méconnaissent. L'importumté de la dbarité même aigrit et repousse plus qu'elle n'attire; il doit souvent attendre qu'on vienne à hii ou qu'on l'apipëlle ; il ne 4<Ht pfts oublier que sous le régime de liberté absolue de tous
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les cultes, qui est la loi de notre état social, rhomBie ne doit /:ompte de sa religion qu'à Dieu et à sa cosscience. Les droits et les devoirs civils du curé ne commencent que là où ob lui dit : Je suis chrétien.
« Le curé a des rapports administratifs de plusieurs natures avec le gouvernement y avec Tautorité municipale , avec sa fabrique.
« Ses rapports avec le gouvernement sont simpies ; il lui doit ce que lui doit tout citoyen français^ ni plus ni moins : obéissance dans les choses justfô^ Il né doit se passionner ni poiH* ni contre les fornie^ ou les ch^s des gouvememens d'ici-bas; les formes se modifient, les pouvoirs changent de noms et de mains , les hommes se précipitent tour à tour du trône : ce sont choses humaines ^ passagères, fugitives, instables de leur nature; la religion , gouvernement éternel de Dieu sjur la conscience, est au-dessus de cette sphère des vicissitudes, des ver-
satilités politiques ; elle se dégrade en y descendant ; son ministre doit s'en tenir soigneusement séparé. Le curé est le seul citoyen qui ait le droit et le devoir de rester neutre dans les Causes , dans les haines , dans les luttes des partis qui divisent les opinions et les hommes; car il est avant tout citoyen du royaume éternel, père commun des vainqueurs et des vaincus , homme d'amour et de paix, ne pouvant prêcher que paix et qu'amour ; disciple de celui qui a refusé de verser une goutte de sang pour sa défense, et qui a dit à Pierre : Remettez ce glaive dans le fourreau !
« Avec son maire, le curé doit être dans des rapports de noble indépendance en ce qui concerne les choses de Dieu , de douceur et de conciliation dans tout le reste; il ne doit ni briguer l'influence , ni lutter d'autorité dans la commune; il ne doit oublier jamais que son autorité commence et finit au seuil de son église , au pied
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de 90& autel, dans la chaire de vérilÀ» sw la porte de l'indigent e|: du malade, au chevet è mourant; là il est l'homme d^ Dieu : partout ailleurs le plus huïnble) le (dus inapierçu des homoes.
« Avec sa fabrique , ses devoil*s se borip^t à l'ordre et à l'économie que la pauvreté de la plupart des paroisses comporte. Plus bous avanç(P dans la civilisation et dans Fmtdligt^noe d'uae région tout immatéridle, moins le luxe extérieur devient nécessaire à nos temples. Simplicité^ propreté y décence dans les objets qui servent au <^i^i c'est tout ce que le curé doit demander à sa fabrique- Souvent même l'indigence de l'autel a quelque chose de vénéraMe , de touchant et de politique qui frappe et attendrit le cœur par k contraste , plus que les ornemens de soie et te candélabres d'or. Qu'est-ce que nos dorures et hû* grains de sable étincelans , d^iant celui qui a tend» le ciel et semé les étoiles ? Ijc calice d'étain fe^
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courber autant dç fronts que les vases d'argent ou de vermeil. Le luxe du christianisme est dans ses œuvres, et la véritable parure de l'autel, ce sont les dbeveux du prêtre blanclns dans la prière et dans la vertu , et la foi et la piété de3 fidèles agenouillés devant le Dietf de leurs pères.
tf Pour ae nourrir eit se vêtir, pour payer ^t nourrir rfaumble femme iqui le sert^ pour tenir sa porte ouverte à toutes 1^ indigences des allans et des venans , le curé a deux rétributions : l'une de l'État, 7S0 francs; l'autre autorisée par l'usage, et qu'on appelle le casuel. Ce casuel , assez élevé dans certaines villes où il sert à payer les vicaires , dans la plupart des villages produit peu ou rien au curé. A peine donc a-t-il l*étroit nécessrâre, le res angusia dm»iy et cepaidant nous lui dirons encore , dans riiMéi>et de ja religion comme dans celui de sa considération kns^ : « Oubliez le casuel; rece- « vez-le du riche qui inâiste pour vous faire accep-
«ter; refiisezrle du pauvre qui rougit de ne pas j « vous Foffrir, ou chez qui se mêle à la joie du ma- | ce riage, au bonheur de la paternité, au deuil des (c funérailles , la pensée importune de chercher au « fond de la bourse quelques rares pièces de moB- « naie pour payer vos bénédictions, vos larmes ou « vos prières; souvenez-vous que si nous nous d^ ce vons gratis les uns aux autres le pain de la vie ce matérielle , à plus forte raison nous devons-nous « gratis le pain céleste ; et rejetez loin de vous le i' reproche de faire payer aux enfans les grâces sam ce prix du père commun , et de mettre un tarif i b ce prière ! » Mais nous disons aux fidèles : ee Le salaire ce de l'autel est insuffisant ! »
ce Comme homme , le curé a encore quelques d^ voirs purement humains , qui lui sont imposés seu* lement par le soin de sa bontie renoiaméft, p^r cette grâce de la vie civile et domestique qui est comme la bonne odeur de la vertu. Retiré dan*
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son humble presbytère , à l'ombre de son église , il doit en sortir rarement. Il lui est permis d'avoir une vigne, un jardin, un verger, quelquefois un petit dbamp, et de les cultiver de ses propres mains ; d^ nourrir quelques animaux domestiques, de plaisir ou d'utilité, la vache, la chèvre, des brebis, le jMgeon, des oiseaux chantans, le chien surtout, ce meuble vivant du foyer , cet ami de ceux qui sont oubliés du monde , et qui pourtant ont besoin d'être aimés par quelqu'un ! De cet asile de travail, de silence et de paix, le curé doit peu s'éloigner pour se mêler aux sociétés bruyantes du voisinage; il ne doit que dans quelques occasions solennelles tremper ses lèvres avec les heureux du siècle dans la coupe d'une hospitalité somptueuse ; le pauvre est ombrageux et jaloux; il accuse promptement d'adulation ou de sensualité l'homme qu'il \ç\t scmvent à lar porte du riche à l'heure où ia fiiraée de son toit * s'élève et lui annonce une fable mieux servie que k sienne. Plus souvent, au
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retour de ses courses pieuses, ou quand la noee ou le baptême ont réuni les amis du pauvre, le curé peut'il s'asseoir un moment à la table du laboureur et manger le pain noir atec lui; 1^ ^ de sa vie doit se passer à Tauteii au milieu des «Q* fims auxquels il apprend à balbulîer tecatéelsfiiiDef ce code vulgaire 4® la plus haute pfcâosofphiet d alphabet ofune sagesse dinne. Dansées éludes s^ rieuses pomi les Urres, société morte du soïtaiiVt le soir, qoand le marguillier a pris les désdel^ ghse, quand ï Angélus a dnté dans le do^^tà bameau, on peut voir quelquefois le euré, sodIx^ viaîpe à la main, soit sous les pommiers è^^ verger, soit dans les sentiers &syis de la moab' gne, respirer l'air ^suave et rdigieux des iàafff et le repos acheté du jour, tantôt s'arrêter po^ Kre un verset des poésies sacrées, tantôt regarder le ciel ou l'horiaon de sa vaDée, et redescendre a pas lents dans la sainte et délicieufie^onteiBpb^^ de la nature et de son auteur*
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« Voilà sa vie et ses plaisirs ; ses cheveux blanchissent , ses mains tremblent en élevant le cahce , sa voix cassée ne rempUt plus le sanctuaire , mais retentit encore dans le cœur de son troupeau ; il meurt , une pierre sans nom marque sa place au cimetière; près de la porte de son égUse. Voilà une vie écoulée! voilà un homme oublié à jamais ! Mais cet homme est allé se reposer dans l'éternité y où son am%vivait d'avance ^ et il a fait id-bas ce qu'il y avait de mieux à y faire. U a continué un dogme immortel; il a servi d'anneau à une chaîne immense de foi et de vertu, et laissé aux générations qui votkt naître une croyance ^ une loi , un Dieu. »
NOTE in , PAGE 128.