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fragments du Requiem allemand sur le programme de l’exercice des élèves du Conservatoire.
A Vienne les amis et admirateurs du maître ne restaient pas inactifs. Ils avaient compris que la ville qui avait recueilli les cendres des grands maîtres tels que Haydn Mozart, Beethoven, Schubert, et avait élevé des monuments à leur gloire, ne pouvait oublier Johannès Brahms Un comité préparatoire, dont faisaient partie les personnages les plus marquants dans les arts, avait fait, à la date du 3 avril 1808, anniversaire de la mort du maître un appel au public du monde entier, dans le but de lui ériger une statue dans la capitale de l'Autriche. Ce comité donna à la souscription un caractère international, et s’adressa à tous ceux qui furent profondément émus par ses belles compositions ; c’est ainsi, du reste, que doit être comprise la devise : « Pas de frontières pour l'art.» On voulut bien nous prier d'entrer dans le comité définitif d'exécution et d’user de notre influence pour ouvrir une souscription en France. Le montant des sommes recueillies ne pouvait être important, eu égard au caractère d’intimité qui avait été donné dès le principe à la manifestation. Ces sommes s'élevèrent à 735 fr. Si l’on y ajoute celles récoltées directement par Mile Marcella Pregi, on obtient un total de 990 fr (1). La souscription n’en aura pas moins été une modeste fleur jetée sur la tombe du grand maître.
(1) Voici les noms des souscripteurs :
Mme J. Bedel, René de Boissoudy, H. de Curzon, D' Dubief, A. d'Echérac, E. Gigout. Mne Grenet, Félix Grenier, Me Hellmann, H. Imbert, A. Imbert, AnCenECUnON APAUIMEACOMHE M ANNTASCOUX AP MÉebDIaneDUVEENOY, Ch. Malherbe, H. Marteau, G d’Offoël, I. Philipp, Mr Roger-Miclos, HuMONSantEPHeS Lt MedenasSi7eranne MIbLETSOoUDIÉS Ch M aWidor Abbiate, René de Boisdeffre, Mme Chanoine-Davranches, Ernest Chausson, Joseph Debroux, TH. Dubois, Gabriel Fauré, Mme. Berthe Marx-Goldschmidt,Daniel Herrmann, D' Paul Petit, Raoul Pugno, Louis de Romain,
Les auditions des œuvres de Brahms, sans prendre une grande extension, conquirent cependant des sympathies de plus en plus nombreuses. Parmi les séances de ces der nières années, il faut encore signaler les exécutions du Requiem, par la société l’Euterpe, au Cirque des Champs- Elysées (23 mars 1899) et par la Société des Concerts du Conservatoire, les 3 et 14 avril 1900. M. P. Taffanel, le très intelligent chef d'orchestre de l'Opéra de Paris et du Conservatoire, qui ne fut point un des derniers à reconnaître la beauté de l’œuvre de Brahms, mit à l'étude le Requiem allemand, avec un zèle louable et un véritable souci de la perfection. Si l’œuvre n'eut pas le chaud accueil auquel elle avait droit, c’est qu'au Conservatoire, il faut conquérir ses grades à l’ancienneté..., et Brahms y est en core un nouveau venu. Il est, du reste, de ces chefs-d’œuvrequi ne frappent pas immédiatement l'esprit des foules, ni même celui des personnes ayant une certaine cuiture de l’art. Une ombre voile encore à nombre d'amateurs de la divine musique les beautés sévères et tendres à la fois de cette page religieuse, superbe association de l’art classique à l’art romantique. Pourquoi ? C’est que, peut-être lorsqu'il mit son art si profondément émouvant au service des textes sacrés, J. Brahms donna à sa musique un caractère quelque peu austère et rude, qui exige de l'auditeur non encore versé dans la connaissance de son œuvre une étude préliminaire suffisamment laborieuse.
Il faut savoir gré à M. Camille Bellaigue d’avoir rendu hommage au génie de Brahms en publiant dans la «Revue
Edouard Schuré, Ernest Thomas, Ferdinand Watel, M Marcella Pregi, Georges Alary, Armand Parent, Louis Diemer, E. Mocqueris, Henri Falcke, Pauline Viardot, Périlhou, Mile Jeanne Lyon, Mw° Louise Ott.
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des Deux Mondes » une fort belle étude sur son Requiem allemand (x). Nous n’en citerons que ces quelques lignes très significatives :
« Cette musique apparaît très pure, très pieuse, à la fois puissante et douce. Volontairement isolée, contemporaine et indépendante de la réforme wagnérienne, on dirait qu’elle l’ignore ou la dédaigne. Elle ne proteste pas ; elle atteste seulement qu’en dehors d’un mouvement en apparence irrésistible,au-dessus d’un flot qui menaçait de tout engloutir, quelque chose de grand a pu naître et demeure. Le Requiem allemand, c'est un sommet très haut, très fier et non submergé. Musicien conservateur, qu'est-ce donc que ce musicien a conservé ? Tout simplement l’un des modes et comme l’une des catégories les plus admirables de la pensée humaine s'exprimant par les sons : le génie classique allemand. »
En cette étude de M. Camille Bellaigue, la pensée et la forme sont adéquates.
(1) Recue des Deux-Mondes, 15 octobre 1898. « Un grand musicien conservateur».