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X. L'HUMOUR DE BRAHMS. ANECDOTES

Dans sa belle étude sur Chateaubriand, Sainte-Beuve expose quelques-uns des principes quelques-unes des habitudes de méthode qui le dirigeaient dans l’étude critique des littérateurs. Sa théorie, exposée avec la lucidité et la finesse qui lui sont particulières, peut s'appliquer également à la mise en lumière de tous les personnages appartenant aux arts et aux sciences. Si elle était appliqué avec soin, nous avonslieu de croire que la nature du talent et de l'esprit des modèles serait mieux connue, mieux appréciée. Le portrait physique et moral serait plus vrai. Sainte-Beuve affirmait qu'on ne saurait trop multiplier et renouveler les occasions d’observer l’homme, de son vivant, et, lorsqu'il n’estplus, de faire comme pour un procès, « de rassembler toutes les preuves, toutes les dépositions, de manière à régler, au moins dans ses articles principaux, un jugement, un arrêt ».

Nous voudrions, adoptant les conseils du maître de la critique, présenter Johannès Brahms sous tous ses aspects. Il se-livra peu : ses amisintimes pourraient peut-être éclairer plus complètement quelques côtés de son caractère, mettre son âme à nu. Son œuvre, sans doute, explique assez clairement ses tendances.Il n’en est pas moins vrai que ses habitudes, ses pensées intimes, ses tics familiers sont utiles à connaître, pour que l’on puisse dire: « Je connais l’homme aussi bien que l'artiste. »

Ne layant point approché, il nous a fallu réunir nombre de Gocuments, afin de former un faisceau de preuves.

N'est-ce point le philosophe genevois, Frédéric Amiel qui affirmait que « les vrais artistes, les vrais philosophes les vrais religieux ne s’arrangent guère qu'avec lasimplicité des tout petits enfants ou la sublimité des chefs-d’œuvre c’est-à-dire avec la nature ou le pur idéal. »

On pourrait ajouter que ceux qui aiment l'enfance ont un fonds de bonté native, que la fréquentation des hommes a pu gâter, mais que l’on retrouve quand même. Brahms avait l’adoration des tout petits. Comme 1l les comprenait ! Se mêlant volontiers à leurs jeux, il se sentait à l’aise parmi eux. Ses poches renfermaient toujours des bonbons à leur intention, et lorsqu'il se rendait en visite chez des amis, on le voyait souvent quitter le salon dans lequel se trouvaient les grandes personnes, pour aller dans la Kinderstube, où sa bonne humeur ne tarissait pas en jouant avec les petits, et même en leur tenant de longues conversations. Nouvel Henri IV, il s’amusait à les porter sur son dos. Pendant la cure qu’il vint faire à Carlsbad, en septembre 1896, Brahms qui, à Vienne, refusait les invitations des plus hauts personnages, se plaisait à rester des heures dans le modeste atelier de son logeur ou à fréquenter les enfants qui se trouvaient dans la rue, et pour lesquels il inventait les plaisanteries les plus variées.,

Cette touchante affection de Brahms pour les enfants ne corrige-t-elle pas ce que son caractère pouvait avoir de rébarbatif pour les gens du monde et, disons-le, surtoul pour les importuns qui venaient frapper à la porte de sa tour d'ivoire ? Ils furent nombreux, ceux qui cherchèrent

à obtenir de lui son opinion sur leurs œuvres ou à lui arracher un autographe (x).

Un compositeur, Jules Betz, raconta lui-même dans la Neue Freie Presse de Vienne, comment, malgré toutes les difficultés connues, 1l parvint à lui remettre une mélodie et à avoir son avis. Après l'avoir repoussé plusieurs fois, Brahms lui dit un jour : « Allons, ne vous chagrinez pas Je n’ai point voulu vous faire de la peine. Si je suis un peu rude, c'est que j'ai eu beaucoup à souffrir des hommes ; cela m'a rendu un peu craintif et misanthrope... |! Maintenant, confiez-moi votre mélodie pour que je la regarde et que je vous donne franchement mon opinion. » Tout heureux, Betz lui remit son manuscrit, que la poste lui renvoya l'après-midi même. Anxieux, il cherche les corrections que Brahms a pu faire : il n y en avait pas. Mais, jetant par hasard les yeux sur le texte, il remarqua plusieurs mots soulignés à l’encre rouge : Es 2st nichts. Rapprochés, les trois mots formaient le jugement du sarcastique compositeur : Ce n’est rien !/

Les obsessions des chasseurs d’autographes l’exaspéraient. Forcé de tracer quelques lignes sur un album, il écrivit plusieurs mesures de mélodies, inscrivit au-dessus: « Pour le texte, voir Brahms, Poèmes d'amour », et au-dessous : « Pas moyen de se défendre des gens » ! On recourait à des. stratagèmes qui ne réussissaient pas toujours. Une lettre ainsi conçue lui fut remise un jour : « Les épées que vous avez commandées vous seront envoyées dans cinq jours. » L'adresse du correspondant s’y trouvait. Etonné, Brahms fut sur le point de répondre qa'il n'avait

(1) La plupart des anecdotes insérées ici ont été puisées à des sources diverses, mais sûres. Quelques-unes ont été extraites de Revues étrangères.

rien commandé. Réflexion faite, il s’abstint…., et les fameuses épées n'arrivèrent jamais. C’étaient les conséquences forcées de la célébrité qui lui attiraient toutes ces petites mésaventures.Le docteur Grunberger,qui lui donna des soins, lors deson dernier séjour à Carlsbad, désirait vivement obtenir quelques lignes de lui; mais Brahms avait fait la sourde oreille. Peu de temps après, les circonstances permirent au docteur d'entrer en possession de l’autographe désiré.En effet, Brahms, au moment de quitter Carisbad, lui remit une enveloppe fermée sur laquelle il avait écrit »: «Avec les meilleurs remerciements ! Johannès Brahms. » Et, comme Île docteur souriait joyeusement : « Vous riez déjà, lui dit le compositeur ,et vous ne savez pas encore ce que l'enveloppe contient. >» — « Cela m'est égal, repartit l’autre, l'important pour moi, c’est ce qu'il y a dessus. » |

L'humour de Brahms lui attira certes plus d’ennemis que d'amis. C'était chez lui une disposition d'esprit dont ii ne pouvait s'affranchir et qu'il tenait de son père, un homme rude du nord.On sait que ce dernier était contrebassiste au théâtre de Hambourg. Son chef d'orchestre lui faisait remarquer qu’il jouait trop fort : « Herr Kapellmeïster, lui répondit-il aussitôt, ceci est ma contrebasse,et je puis jouer dessus aussi fort qu’il me convient. » Johannès Brahms exagéra encore cette causticité ; il y prenait un certain plaisir ,ne songeant pas à molester ceux auxquels il adressait ses boutades, car son âme charmante d'enfant, sa droiture, la culture de son esprit, sa vie faite de noblesse, de dignité, de simplicité et de bonté, cette dernière un peu trop cachée derrière l'écorce rude et noueuse, le placent au nombre des âmes d’élite.

Un volume ne serait pas trop vaste pour relater toutes

les anecdotes relatives à cet humour. Il suffira d’en citer quelques-unes des plus caractéristiques.

Un professeur de chant très connu à Vienne, qui jouait, à l’occasion, du violoncelle, priait un jour J. Brahms d’exécuter avec lui sa deuxième Sonate en fa majeur pour piano et violoncelle. À peine l’œuvre était-elle commencée que le violoncelliste, un peu gêné par la manière vigoureuse dont son illustre partenaire attaquait le clavier, ne put s’empêcher de s’écrier : « Mais, mon cher Brahms, je ne m’entends pas ! >» — « Heureux homme», murmura le compositeur. Rappelons que Brahms était loin de jouer avec correction et en technicien ; il ne visait qu'à la grande impression, et 1l l’obtenait. Si son jeu était extrêmement libre, il faut reconnaître que les libertés prises par lui étaient toujours musicalement motivées. C'était surtout dans la lecture de la musique à première vue qu'il était remarquable. En un mot, il jouait en compositeur plutôt qu'en virtuose, et on ne pourrait mieux définir son jeu qu'en se reportant en pensée à la façon dont Beethoven, d’après ses commeztateurs, jouait du piano.

Un soir qu’il quittait une des réunions intimes où 1il se rendait de temps à autre, il s’adressait ainsi à la mattresse de maison : « Adieu,chère amie! Si par hasard j'avais oublié de blesser quelqu'un de votre estimable compagnie, veuillez m'en excuser. »

Ainsi, cet homme qui observait une grande réserve lorsqu'on cherchait à connaître son opinion sur les œuvres de ses contemporains, se montrait , au contraire, plein de verve railleuse lorsqu'il se trouvait en petit comité.

Brahms, qui n’aimait n1 l'Angleterre, où cependant ses œuvres étaient appréciées, ni la France, qu'il ne visita jamais, avait un faible pour l'Italie. 11 y fit plusieurs voya-

ges avec un ami intime, M. J. V. Widmann, qui consigna ses souvenirs dans une étude qui a été publiée et laissa entrevoir la figure du maître s épanouissant sous le beau ciel du midi. On sent que cet homme du nord, à l'exemple de nombre de ses compatriotes, se grise de l’ensorcelante lumière de l'Italie. Ce qui l’attire, ce n’est point la musique que l’on exécute dans ses théâtres ou dans ses églises, mais c’est le peuple,avec lequel il fraternise, c’est la belle limpidité de l’atmosphère, ce sont encore les délicieux sites et les chefs-d'œuvre du passé. Comme un barbare qui a vécu sous les nuages du nord, il se plonge en cette voluptueuse impression du chaud soleil.Il aimait Carmen denotre Bizet,pour samerveilleuse clarté et son charme méridional.

Le savant musicien de Zurich, Hégar, qui avait accompli un de ces voyages dans la Péninsule, avec Brahms et Widmann, nous racontait que Brahms recherchaïit de préférence, pour y descendre, les hôtels signalés par Bædeker, comme les p'us infimes. Ce choix avait bien amené des déboires qui consterna‘ent un peu ses compagnons de route ; maïs lui ne se plaïgnait jamais, tant il était heureux de fuir ces caravansérails, hôtels cosmopolites où l’on ne cherche qu'à exp'oiter l'étranger qui les fréquente, et qui sont dénues de toute couleur locale. Il n’était pas toujours, du reste, un compagnon de voyage très agréable. Se levant de très bonne heure, il exigeait sans pitié que l’on se conformât à sa façon de vivre. Unde ses compagnons le comparait à «un bon éléphant tournant toujours autour de vous ».

Brahms était un sublime et grand enfant qui, plongé dans ses merveilleux travaux de composition, ne s’en était pas moins intéressé aux beautés d’un autre ordre. En arrivant en Italie,il allait lire avec avidité les pages d’un livre dont il n'avait parcouru encore que la préface. « Il se re-

trouvait lui-même, dit Widmann, dans l’art de la Renaïissance italienne, bien qu'il fût trop modeste pour le reconnaître. » Les œuvres admirables d’un passé admirable le subjugua:ent ; 1l suivait avec le plus grand soin les évolutions de l’histoire de l’art, nese lassant pas de revoir les mêmes objets dans les plus petits détails, d'établir des comparaisons. Il avait emporté, pour se livrer fructueusement à ces études d'art et de nature, le guide le plus sûr : l’optimisme.

La très plaisante aventure qui suit s’est-elle passée en Italie ou en Allemagne ? On en a donné deux versions ; prenons celle de M. Widmann : « J'avais à mon service une cuisinière qui répondait au nom sonore de Mora; elle n'avait pas sa pareille à Rome pour préparer le maccherom con pomi d'oro, le fritto… Un jour, j'avais invité Brahms et le célèbre chirurgien Billroth, qui était également son ami, à un déjeuner italien. Mora s'était surpassée,et, comme les vins étaient bons, Billroth, enthousiasmé, s’écriait en levant son verre : « Voilà le vin que buvait Horace », alors que Brahms, pénétré de ia bonté des mets, se demandait s’il n'y aurait pas lieu d'épouser une aussi excellente cuisinière. Alors, je fis la plaisanterie d'appeler mon cordon bleu et de lui annoncer que je venais de trouver un prétendu à sa main. « Et qui est-il ? »— demanda-t elle un peu curieuse. — « Le voici, répondis-je, en lui désignant Brahms; c'est un célèbre music'en allemand ; il doit te convenir, puisque tu chantes, du matin au soir, comme une alouette .» Elle toisa immédiatement Brahms et, d'un geste fin et inimitable, s’écria: « Sono romana, nata al ponte rotto, dove sta il tempio da Vesta non sposero mai un barbaro ! (x) »

(17 « Je Suis romaine, née au ponte rotto, près du temple de Vesta, et jamais je n’épouserai un barbare !»

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KI. AMIS ET ADMIRATEURS DE BRAHMS. LISZT, LE ROI GEORGES DE HANOVRE, HANS DE BÜLOW. LETTRE A SES PARENTS.

En Allemagne, plusieurs études ont été faites, qui ont servi à faire mieux connaître celui qui, de son vivant, avait tenu à cacher sa vie. Parmi! elles, on signalera celles de H. Deiters (1880), avec traduction françaïse de Mme H.

Frisch-Estrangin, de B. Vogel, de JL. Kohler, de Spitta, :

d'Albert Dietrich, de Widmann, d'Heinrich Reimann (1898) Nous puiserons, dans les unes et les autres, quelques renseignements qui ne figurent pas encore dans notre travail.

Le célèbre violoniste Edouard Remenyi (Hoffmann) avait, à la fin de l’année 1852 ou au début de 1853, fait la connaissance, à Hambourg, de Johannès Brahms, qui était alors âgé de dix-neuf ans. Frappé par la beauté des premières œuvres que lui révéla le jeune musicien, le violoniste hongrois se prit d'enthousiasme pour lui, et ils commencèrent ensemble une tournée de concerts quiles amena bientôt à Weimar. En sa qualité de Hongrois, et de Hongrois compromis dans la révolution de 1848, ce qui l’avait d’abord forcé de se réfugier en Amérique, Remenyi avait ses entrées auprès de Liszt. Il se rendit donc à Altenburg, mais sans trouver Liszt ; celui-ci vint, peu de temps après, lui rendre sa visite à l’hôtel où il était descendu avec Brahms. Les prem'ers compliments échangés, je suppose, dit Liszt, que vous

n'avez pas grand argent. — Et Remenyi de répondre qu’en effet il en était presque dénué. — « Eh bien, vous viendrez à Altenburg et vous habiterez avec moi ; j'ai de la place pour deux. >» — «Maïs, maître, je ne suis pas seul. » — Vous avez peut-être un domestique ? — Oh non, j'ai un génie. — Un quoi ? riposte Liszt. Solennellement Remenyi reprend : Un génie ! — Puis il lui fait le portrait du jeune Johannès Brahms de Hambourg, qu’il considère comme le p'us grand compositeur ayant paru depuis la mort de Beethoven.

— « Et votre génie est aussi sans argent ?

— « Absolument comme moi, maître.

— «Eh bien, amenez votre génie à Altenburg, et nous verrons. »

Liszt racontait de façon plaisante cette entrevue, le soir même à dîner, et la princesse de Wittgenstein riait de bon cœur de l'affirmation solennelle donnée par Remenyi du génie de Brahms.

Une autre anecdote, non moins amusante, a trait à cette première entrevue de F. Liszt avec Johannès Brahms. Partis de Hambourg, Remenyi et Brahms avaient voyagé toute la nuit, dans une voiture de troisième classe, pour se rendre à Weimar. En route, ils avaient pris, l’un et l’autre, fort peu de nourriture ; aussi arrivèrent-ils très fatigués au terme de leur voyage Liszt vou'ut examiner de suite les œuvres que lui apportait 1: jeune musicien : un 7710 pour piano et cordes, une Sonate pour piano et violon, un Scherzo pour piano. Cette lecture lui fit concevoir de grandes espérances pour l'avenir de Brahms ; aussi, voulant lui montrer en quelle estime il le tenait, le grand virtuose lui joua une Sonate qu'il venait d'écrire. Liszt mit tous ses soins à l'interprétation de son œuvre ; mais lorsque, dans

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un des passages les plus expressifs, il se retourna pour voir l'impression que son auditeur en ressentait, il s’aperçut avec stupéfaction qu’il était profondément endormi. Le pauvre Brahms, harassé par la nuit passée blanche, accablé aussi par la chaleur de l’après-midi, n'avait pu vaincre le sommeil qui l'avait envahi. L’enthousiasme de Liszt s’en refroidit quelque peu ; mais il avait l’âme trop noble et l'intelligence trop ouverte pour garder un long temps rancune à Brahms d’une faiblesse bien excusable et indépendante de sa volonté.

Dès le début de l’apparition des compositions du jeune maître de Hambourg, tout le monde, même en Allemagne, n'eut pas, comme Liszt et Schumann, l'intuition de son génie.

Dans une tournée de concer!:s que Remenyi et Brahms firent en Hanovre, ils jouèrent en présence du roi Georges, grand amateur de musique. Avant la séance, Remenyi avait annoncé au prince que Brahms était déjà un maître de premier ordre : « À parler de génie — lui dit le roi — après l'audition des œuvres de Brahms, — Remenyi oui, Brahms non ! » Et les affirmations de Remenyi ne purent le convaincre. Trente ans plus tard, le célèbre violoniste hongrois vint rendre visite au vieux roi, devenu aveugle et exilé à Paris. Lorsque Remenyi eut joué et qu’on eut réveillé les souvenirs de l’ancien temps, le roi Georges lui annonça qu'il avait une confession à lui faire. Rappelant la conversation qu’ils avaient eue autrefois au palais de Hanovre, 1l ajouta : « Vous aviez raison, et c’est moi qui avais mal jugé Brahms ; il eut un grand génie. »

Hans de Bulow ne fut point un admirateur de la première heure. Après l’article élogieux paru sur Johannès Brahms dans le journal de Robert Schumann, de Bulow

écrivait à Liszt:»> Mozart-Brahms ou Schubert-Brahms ne trouble pas mon sommeil. J'attends qu’il se manifeste. « Mais, quelques semaines plus tard, le 4 janvier 1854, à l’occasion d’un concert que de Bulow avait donné à Hanovre, il envoyait les lignes suivantes à sa mère : » J'ai appris à connaître Johannès Brahms, le jeune protégé de Robert Schumann ; il a passé par ici deux jours avec nous. C’est une simple et charmante nature, et son talent est certainement un don de Dieu.» Deux mois plus tard, dans une soirée donnée par Mme Adélie Peroni-Glasbrenner, le grand pianiste jouait le premier morceau de la Sonate en ui majeur de Brahms.

Nous avons dit quelle affection Brahms eut toujours pour les siens. Dans sa collection si importante et si precieuse d’autographes, M. Fr. N. Mansekopf, de Francfort, possède une lettre adressée par l’illustre compositeur à ses parents, indiquant bien les excellentes relations qu'il entretenait avec eux. En voici la traduction :

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