‹ Johannès Brahms, sa vie et son œuvreChapitre 2 sur 50 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

^'entendre. Finalement, les deux interlocuteurs s'avisèrent de parler latin ^ et, malgré la difficulté de s'entretenir de V auteur de Manfred, dans la langue de Cicéron, ils devinrent en quelques minutes les meilleurs amis du. monde. On ne se sépara qu'avec peine, après s'être embrassé en Schumann,

Faire comprendre et aimer en France Schumann et Brahms^ devint en quelque sorte la vocation de Hugues Imbert, Il les prêchait à ses amis compositeurs, virtuoses ou dilettantes. Il organisait des concerts composés de leur musique. Chanteurs et chanteuses venaient s'initier auprès de lui à leurs beautés. Ses articles, ses livres, appuyés de sa parole et de son action infatigable, ont contribué pour une bonne part à ouvrir l'intelligence .de nos compatriotes aux deux musiciens les plus intimes peut -être et les plus religieux de l'Allemagne au XI X^. siècle.

Depuis l'année 1894, Imbert était devenu le rédacteur en chef {pour la France ) du Guide musical, poste qui lui avait été confié par M. Maurice Kufferath, l'éminent directeur du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, écrivain de marque comme on sait, et critique musical de premier ordre. Imbert remplissait cette tâche avec un zèle et un talent auquel tous rendaient hommage. Il y a un mois (le 16 janvier 1905), la mort l'enlevait subitement à sa tâche et à ses amis. Dans ses papiers, on a trouvé le manuscrit complètement achevé d'un livre sur Johannès Brahms: THomme et TOEuvre. Ce livre, qui fait l'objet de la présente publication, est en quelque sorte son testament. Depuis des années, il en rassemblait les éléments avec un soin minutieux. On y trouvera ses meilleures qualités, l'exactitude et l'ampleur des informations, une critique élevée et impartiale , l'enthousiasme profond pour son sujet, enfin ce talent de portraicturer ses modèles d'un crayon sûr et léger., qui a fait de lui le pastel-

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