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allemand, qui fut édité dans la même année chez J. Rieter- Biedermann.
L^es trois premiers morceaux non gravés avaient été exécutés à Vienne, en 1867, sous la direction de Herbeck- I/' œuvre entière (à Texception du chœur n°5 ) fut exécutée le 10 avril 1868 dans la cathédrale de Brème. I^e retentissement qu'eut cette composition magistrale la répandit rapidement en Allemagne et en Suisse, où elle fut produite souvent, notamment dans la belle cathédrale de Bâle, qui se mire dans les eaux du Rhin. En France, la première audition en fut donnée aux concerts populaires, sous la direction de Pasdeloup ; mais Texécution fut si faible, que l'œuvre ne fut pas comprise et passa inaperçue. La Société TEuterpe a poursuivi la belle mission qu'elle s'est imposée, en faisant exécuter à plusieurs reprises le Requiem allemand, soit à la chapelle du palais de Versailles, le 24 mars 1891, soit , le 23 mars 1899, ^^ Cirque d'Eté. Sous la. direction de M. Paul Taffanel, la « Société des Concerts » le donna pour la première fois au Conservatoire, le Samedi saint, 14 avril 1900.
Rinaldo (op. 58), cantate pour ténor, chœur d'honmies et orchestre sur la poésie de Gœthe, d'après la Jérusalem délivrée du Tasse, publiée en 1869, est une des belles créations de musique vocale du maitre de Hambourg. A l'exem-f pie de Schumann, en plusieurs de ses partitions similaires, il a traduit avec une fidélité surprenante l'œuvre du poète, rendant avec un rare bonheur les accents de passion douloureuse, de caressantes douceurs, d'extase infinie, de mouvements héroïques qui éclatent à chaque ps^e. Ubalde et le Chevalier danois partent pour se rendre près de Renaud et l'arracher aux séductions d'Arinide. A leur approche, l'enchanteresse fuit, et toute la scène est concentrée
entre les chevaliers qui veulent arracher leur compagnon à rinfluence d' Armide, et Renaud qui lutte contre la passion qui le dévore. Ce n'est qu'à l'aspect du bouclier de diamant, sur lequel se reflète son image flétrie, qu'il commence à revenir à lui et à prendre la détermination de quitter les jardins d' Armide. Il faudrait citer toutes ces mélodies remplies d'enivrantes langueurs : « Les roses fleurissent près de la terre » — « Alors, les lis et les roses s'entrelacent en couronnes », etc...., — puis le chœur énergique des chevaliers cherchant à éveiller Renaud de ses rêves ; le récit plein de sombre désespoir du chevalier, lorsqu'il se voit défiguré dans le bouclier magique, et enfin la splendide péroraison aboutissant à un chant de victoire. C'est cette
dernière scène qu'a si bien rendue, par le pinceau(i)et parle crayon lithographique, un des peintres les plus individuels, peut-être le plus grand portraitiste du XIX® siècle, Fantîn- I^atour. IrC vaisseau est prêt à partir ; les voiles se gonflent ; déjà les chevaliers embarquent. Renaud, armé du bouclier, dit, par un geste plein de noblesse, adieu au séjour trompeur. Au loin, on entrevoit l'enchanteresse, comme une sédufeante apparition*
Après l'achèvement de la Rhapsodie pour contralto, voix d'hommes et orchestre (op. 53), publiée en 1870, et des Chants du destin (op. 54), édités en 1871, deux oeuvres de caractère grave, J. Brahms compose en 1872, à l'occaaon des victoires des armées allemandes, le Triumphlied (op. 55), d'après les paroles de l'Apocalypse, pour choeur a huit parties et grand orchestre: c'est l'art de Bach et de Haendel, rajeuni par to:ut le trésor de l'harmonie moderne.
(I) Le tabeau de Fantin-Latour, représentant la dernière scène de Rinaldo est dans notre collection*
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Naenie (op. 82) pour chceur et orchestre, parue en 1881, fut inspirée au compositeur par une poésie de Schiller,empreinte de souvenirs mythologiques et funèbres. Dans cette composition, où Ton retrouverait certaines analogies avec telles pages du Requiemy le compositeur a montré quel parti pouvait être tiré de l'alliance du style ancien avec les ressources de Torchestration moderne. « Le beau même périt ; il le faut ! Ce qui subjugue et les dieux et les hommes n^ émeut pas le cœur de fer de Jupiter stygien. » Toute cette première partie, avec un prélude orchestral à 6/4, est conçue dans la manière de Bach ou de Haendel, avec une teinte moins sévère et une grâce éloignée de toute affectation théâtrale. Mais, lorsque Vénus, ne pouvant sauver le héros divin succombant aux portes de Troie, sort de la mer avec les filles de Nérée et élève une plainte funèbre à la gloire de son fils, Brahms écrit un hymne d'une largeur et d'une chaleur qui rappellent le style de Schumann. I^, comme dans nombre de ses compositions pour chant, il s'est éloigné de Beethoven, pour revenir à son conseiller, à son m^tre de prédilection.
Une belle et très sévère page encore est Le Chant des Parques (op. 89), d'après Goethe, qui fut exécuté pour la première fois à Paris, à la «Société des Concerts », le 23 mars 1894, sôus la direction de M. Paul Taffanel. ly' œuvre, qui peut être rattachée au genre re'igieux, fut publiée en 1883. On y rencontre une forme très particulière au maître de Hambourg, l'emploi savamment combiné des rythmes binaires et ternaires, T alternance des notes détachées et des notes soutenues, une couleur intense, qui donnent à l'ensemble de l'œuvre un effet très caractéristique. Avec un mélange marqué de l'école classique et de l'école romantique, Brahms a écrit une œuvre profondément
sentie comme traduction du texte de Gœthe. A côté de pages d'une mâle vigueur existent des parties comme le chœur à 3/4, débutant à découvert, qui sont d'une grande douceur. On notera les effets curieux qui, à la conclusion de l'œuvre, se détachent d'une manière si pittoresque à l'orchestre.
Aux travaux précédents s'allient tout naturellement les œuvres pour chœurs sans accompagnement ou avec accompagnement de piano et même d'instruments, parmi lesquels figurent des chants sacrés ou profanes, des I^ieder pour plusieurs voix, des motets... Nul doute que les chants ayant un caractère religieux n'aient été pour ainsi dire des préludes au grand Requiem ; c'était l'époque à laquelle Brahms, fortifié par de nouvelles et sérieuses études, allait s'élever aux sommets les plus élevés. En toutes ces compositions sacrées,le maître a su allier les formes les plus sévères au charme qui se dégage des ressources de l'harmonie moderne. Quelques-unes, les Marienlieder pour chœur mixte (op. 22',sont une traduction fidèle de ces antiques chansons pieuses, de ces légendes naïves qui se créèrent, au moyen âge, autour de l'autel de Marie. I^e plus beau joyau du cycle ne serait-il pas Maria' s Kirchgang ?
I/C Vingt troisième Psaume (op. 27), pour chœur de femmes à trois voix, avec accompagnement d'orgue ou de piano, publié à Vienne en 1864, ne relève plus de l'art brillant de Mendelssohn, mais de l'école des maîtres anciens. Seulement, à leur style s'ajoute une chaleur communicative, dont Brahms est coutumier.
Ecoutez les divers Motets pou¥ chœur mixte écrits a capella (op. 29 1864, — op. 74,1879^ — op, iio,i89o),et voyez