‹ Johannès Brahms, sa vie et son œuvreChapitre 36 sur 50 · I. (BUVRB · texte numérisé non relu

I. (BUVRB

comme T auteur a su adapter l'esprit mod€me à la forme ancienne. C'est l'art polyphonique dérivant de J. S. Bach et s'épanouissant en toute sa beauté. Ce sont de véritables modèles dans le genre.

Examinez les chants sacrés pour voix diverses (op. 30 et 37) ; vous y trouverez un sentiment infiniment tendre, relevé par un accompagnement le plus souvent complètement indépendant du chant et d'une souplesse admirable.

Et que d'ensembles vocaux il y aurait encore à signaler : les Chants pour chœur mixte (op. 41. 42, 44, 62, 93, 104, 105, 109), les Canons op. ii3\ te... ! Arrêtons-nous aux Valses chantées (Liebeslieder , chants d'amour, pour quatuor mixte avec accompagnement de piiano, d'après le poème « Polydora » de Daumer. Le premier recueil (op. 52) fut publié "en 1869 et se compose de dix-huit pièces; le second, paru en 1875, en renferme 14, plus la conclusion. Ne vous figurez pas que ces Valses aient été écrites, comme celles de J.Strauss,pour faire danser les jolies filles devienne? Non pas qu'il soit utile de mépriser ces dernières, qui ont un certain accent, une aimable couleur et dont Brahms lui même était loin de méconnaître la valeur ; mais tout autres sont les Liebeslieder de Brahms : leur rythme très curieux^ leur mouvement tantôt lent, tantôt rapide, ne semble pas indiquer qu'ils puissent convenir pour marquer le pas. Ici, la mélodie dansante et chantante n'a rien à voir avec ce que l'on pourrait appeler la dépravation du goût. Brahms n'a admis aucune alliance suspecte ; il prend le genre au sérieux et en fait quelque chose de nouveau. Ce sont de véritables poèmes chantés^dontlesmotifs sont beaux et nobles ; ils provoquent une émotion si sincère, si éloignée de toute idée superficielle, qu'ils peuvent être com-

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