XIX. Conclusion
Après avoir, dans la première partie de ce livre, étudié la vie, le caractère, la physionomie de J. Brahms, nous avons, dans la deuxième partie, interrogé ses œuvres. Elles ont répondu victorieusement et ont marqué la nature de son génie.
Parvenu au terme de cette étude, nous voudrions, avant de nous séparer d'un grand homme, jeter un regard d'ensemble sur son œuvre.
Ecoutez une des nobles pages de Johannès Brahms. Elle vous avertit que vous êtes en présence d'un artiste qui fut lui même fort attentif et méditatif. Ecoutez-la un long temps : nul effort apparent, nulle trace d'imitation de tel ou tel maître antérieur, mais le respect des hautes traditions, la révélation d'un penseur original dès le début de la carrière, une organisation vraimeiit créatrice, des pensées nobles, austères, profondes, fines, humoristiques, un penchant marqué pour le Folklore, et surtout pour les airs hongrois ou bohèmes, la beauté et l'originalité des thèmes qui lui sont propres et toujours fortement enchaînés, l'entente heureuse des oppositions, des contrastes, des combinaisons piquantes, des changements d'accents imprévus, l'art des transitions habilement ménagées et des modulations, la flexibilité et la variété du rythme. Brahins n'est pas seulement un technicien de premier ordre^ mais il est un penseur profond, ingénieux, passionné, un