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merveilleux observateur de Tâme humaine. Il est le dernigr des grands syinplionist€& du XIX^ siècle.
Par r architecture de sa musique, par le sentiment profond qui s'en dégage, Brahms s'éloigne de Técole purement pittoresque. Ses hautes qualités le placent bien plutôt à cotê~de Bachj de Beethoven, de Schumann, que près de Berlioz ou de Wagner.
La seule puissance de la note générale de son œuvre impose le respect et l'admiration.
Examinez sans parti pris les musiciens qui l'entourent au XIX® siècle, en mettant hors de pair R. Schumann, et demandez-vous si, chez J. Raff , Rubinstein, Niels Gade, Bruckner et chez tant d'autres, vous trouvez une semblable grandeur, une émotion aussi communicative, une telle maîtrise dans la façon de concevoir, en un mot un art aussi magistral.
Les races latines ont toujours eu un véritable effroi du génie allemand, aussi bien en littérature qu'en musique. Elles demandent la clarté, l'idée, la netteté de la forme ; mais elles semblent oublier que la musique, cet art né d'hier, essentiellement beau parce qu'étant vague, laisse toute latitude à l'imagination et a subi des transformations successives qui n'ont été en réalité que sa mise à l'unisson de la pensée moderne. Nos littérateurs, les Mus et, Baudelaire, Renan, Taine, Leconte de Lisle. P. Bourgetj, Sully-Prudhomme, ont créé, à l'exemple de Gœthe, Byron, Léopardi, Schopenhauer, Amiel, un monde de sentiments qui, jusqu'à eux,avaient été à peine entrevus.Ils ont cherché à scruter les ténèbres de la tombe et l'au-delà des misères humaines.
Brahms fut un des traducteurs de cet état de notre esprit au XIX® siècle. Il a paraphrasé peut-être avec au
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tant d'amertume que Schumann cette phrase de I^amennais; 1 « Mon âme est née avec une plaie ». Mais, suivant en cela l'exemple de ce dernier, et de son modèle Beethoven, il a su trouver des pensées empreintes de consolation et d'espérance. Il a eu surtout, pour la muse, des adorations qui ne se sont point démenties, un respect pour l'art, qui n'a jamais fait dévier sa plume. C'est ainsi qu'un artiste devient grand, qu'il s'impose peu à peu aux hommes aptes à marcher dans les mêmes voies que lui,en leur inculquant, par sa ténacité dans le « sublime », des vérités d'autant plus difficiles à accepter qu'elles ne sont point fardées,et qu'elles n'ont rien de commun avec ce que les foules préfèrent.... la banalité !
Brahmsa parlé la grande l angue d e la patrie allemande^
I Toute l'intimité de son esprit et de son cœur s'est manifestée à travers son œuvre. Mais cette œuvre a déjà passé les frontières du pays natal; elle deviendra universelle, parce qu'elle contient en elle les germes de la beauté, qui devient une religion chez les êtres de race différente, mais de compréhension artistique identique. Gœthe était dans le vrai lorsque, dans ses entretiens avec Eckermann,il disait : » I^e poète, comme homme, comme citoyen, doit aimer sa patrie ; mais la patrie de sa puissance poétique, de son influence poétique, c'es; le bon, le noble, le beau, qui n'appartiennent à aucune province spéciale, à aucun pays spécial et qu'il saisit et développe là où il les trouve. Il ressemble en cela à l'aigle, dont le regard plane librement au-dessus des diverses contrées, et à qui il est indifférent que le Uèvre sur lequel il se précipite coure en Prusse ou en Saxe. » ly' œuvre d'art qui est, suivant la belle définition d'Ernest Hello, « l'expression sensible du beau », pourra refléter très sensiblement l'esprit de la race qui la vit naître;
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mais, en raison de sa beauté rayonnante, elle deviendra sans patrie spéciale. Elle est au-dessus des nationalités. L'œuvre des Beethoven, Schumann, Berlioz, Wagner,
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Brahms éclaire le monde entier. '\