En français dans le texte (N. D. T
Les deux fils aînés de Constable étaient sur le point de le quitter pour aller en pension à Folkestone.
« A M. George Constable. Well Walk, 9 décembre. . . . . J'ai été extrêmement malade, et pendant la semaine dernière spécialement ; j'ai cependant osé m'embarquer dans une grande toile, et me suis ainsi lancé sur une mer de tourments, mais c'est une mer qui généralement s'apaise à
mesureque j'avance: j'ai choisi un magnifique sujet
Je passerai demain une longue soirée à l'Académie, le 10 étant son anniversaire. Nous donnons les récompenses pour toutes les classes d'art. Je suis désolé de dire que nous devons abandonner une foule de nos superbes médailles assez mal à propos. A quoi devons-nous attribuer cela ? Peut-être, comme Fuseli mêle disait une fois, « à mesure que les commodités et les instruments d'étude augmenteront, les efforts des élèves iront toujours en diminuant »
« A. M. George Constable. Well Walk, Hampstead. 17 décembre. Mon cher Monsieur, Je ne vous aurais pas laissé si longtemps en suspens, s'il avait été en mon pouvoir de faire autrement ; mais je ne puis me remettre. Ma santé est dérangée depuis longtemps, et mon moral n'est pas ce qu'il était. Je n'ai pas l'idée de pouvoir me séparer du Salishury (1); le prix en sera nécessairement très grand, car le temps que j'y ai passé est énorme étant donnée sa dimension. Je ne suis pas désireux non plus de me séparer d'aucun de mes tableaux typiques ; car ils sont de première importance pour moi dans mon métier et régleront beaucoup mes productions futures, si je dois faire encore d'autres grandes œuvres. Le tableau de Cuyp que vous m'envoyez est agréable, sa couleur et sa lumière ensoleillée plairont à beaucoup; je ne désire pas cependant
1. Une de ses répliques du magnifique tableau da la Cathédrale vue du jardin de l'évêché.
augmenter ma collection de vieux tableaux. Si vous désirez quelques informations sur sa valeur marchande, je puis le faire voir à des amis du métier ; en cela je ne m'y connais pas ; je sais seulement distinguer en art les bonnes choses des mauvaises, et cela ne peut que dans une bien petite mesure être utile à mes amis »
« A M. John Constable. Arundel, 18 décembre
J'espère de tout mon cœur pouvoir vous persuader de faire une petite excursion à Arundel, je suis sûr que vous en tirerez beaucoup de bénéfice. Je suis absolument convaincu par expérience que de sortir parfois de la monotonie du milieu et des événements domestiques est très
bienfaisant pour l'esprit et pour le corps Pour ce
qui est de vos tableaux, je ferai certainement tout mon possible pour posséder celui que je crois être votre meilleur à certains égards, la Cathédrale de Salîshury ; mais nous recauserons de cela quand j'aurai le plaisir de vous
voir Croyez-moi, mon cher Monsieur, votre ami
sincère, George Constable. »
« A M. George Constable. Well Walk, Harapstead, 20 décembre. Mon cher ami, Merci de tout cœur pour votre bonne et amicale lettre. Je vais extrêmement mal, mais vous semblez résolu à ce que je ne me laisse pas abattre. Je suis trop mal pour aller en ville, mais mon ami Bonner (1) vient de partir pour Charlotte Street emballer
1. « Les lettres que Constable écrivit à Bonner en 1833 racontent comment certains de ses tableaux furent par hasard mis aux enchères à la salle Christie et comment leur apparition devant le marteau du commissaire-priseur fournit à un critique l'occasion d'une cruelle et amère attaque contre lui dans un journal. Cette attaque lui rongea l'esprit, sensilif comme il l'était en tous temps et l'irrita extrêmement. Tous les amis qu'il consulta lui conseillèrent de garder le silence et de ne faire aucunement attention au plumitif malappris, même en conversation. « Ne faites rien, disent-ils; ne lui faites pas voir que
votre tableau et vous l'envoyer ; c'est une très belle représentation d'une soirée d'été, calme, chaude et délicieuse; la couleur sur le visage de l'homme est du vrai soleil. Le pinceau liquide de cette école est rempli d'une beauté qui lui est spéciale. Néanmoins, je ne crois pas qu'ils aient aucun secret élixir, mais ils se servaient de simple huile de lin ; l'honnête huile de lin comme le vieux Wilson l'appelait. Mais il est toujours bon de rappeler que les peintres ordinaires de cette époque se servaient comme aujourd'hui des mêmes moyens que les maîtres, et aussi que leurs ouvrages ont tous subi les effets du temps qui durcit et émaille, de sorte que nous ne devons pas toujours juger de leur originalité d'après ces signes. Néanmoins votre tableau fait un effet superbe ; mais je ne veux plus en collectionner. J'ai envoyé la plupart de mes vieillards à la galerie de M. Davidson dans Pall Mail pour les vendre. Je trouve que ma maison est trop encombrée de fouillis, et cela encombre mon esprit. Mes fils sont revenus de Folkestone pour Noël. John est ravi de la collection (1) que vous lui avez envoyée ; il dit qu'ils ont vraiment beaucoup de valeur, et il les apprécie hautement. Pour moi ces morceaux de « matière mutilée par le temps » sont intéres-
vous avez prêté une attention quelconque à son ignoble entrefilet. » J'ai vu Shcepshanks ; il est du mênis avis et il dit que cela n'a fait que me grandir dans son estime... Sir M. Shee et Mulready disent que j'ai absolument raison de ne faire aucunement attention à cela. Que les misérables do cette espèce sachent que je considère le nom et le caractère comme hors de l'atteinte de telles attaques. Mais je doute peu qu'une telle canaillerie sera démasquée en temps. Que peut être un tel homme sinon un assassin, pour détruire ainsi le caractère, les moyens d'existence et ce qui s'ensuit, et se mettre ainsi à louer pour écrire contre tout ce qui est bon, moyennant salaire ? Il est absolument impossible que je compose avec un assassin. » Lord Windsor, loc. cit.