‹ John Constable d'après les souvenirsChapitre 65 sur 77 · L'imprimeur du texte accompagnant le Paysage Anglais · texte numérisé non relu

L'imprimeur du texte accompagnant le Paysage Anglais

est une fameuse composition et doit faire beaucoup plaisir ; — mais c'est le diable et je suis douloureusement perplexe. »

Il veut dire par la Procession du Lord-Maire, l'Ouverture du Pont de Waterloo, (la barque de sa seigneurie étant un des objets frappants de ce tableau). — Le lecteur n'a pu manquer d'observer combien Constabîe fut toujours inquiet de la réussite de ce tableau. C'est en 1819 que l'idée lui en vint pour la première fois ; et entre cette époque et 1832 (annnée où il fut exposé) il fut souvent repris et souvent mis de côté, avec maintes alternatives d'espoir et de crainte. L'étendue de ciel et d'eau le tentait de poursuivre, tandis que l'absence de toute association avec la vie rurale le lui rendait antipathique ; et quand il le produisit enfin, bien qu'il possédât de très hautes qualités — composition, largeur, coloris éclatant, — il lui en manquait une qui constituait généralement le charme suprême de ses tableaux — le sentiment, — et il fut condamné par le public ; quoique moins peut-être pour un défaut dont le sujet était la cause, que pour son manque de fini. Qu'aurait-il ressenti, s'il avait pu prévoir qu'un peu plus d'une année après sa mort, son éclat argenté serait condamné à se couvrir de nuages grâce à une couche de noir, déposée par la main d'un marchand de tableaux ! — Cependant que ceci ait été fait, par manière de donner du ton au tableau, je le sais de la meilleure autorité, le tenant de la bouche même de l'opérateui', qui m'assura gravement que plusieurs personnes de la noblesse l'avaient considéré comme très amélioré par ce traitement. Le noir fut étendu avec de l'eau, et fixé par une couche de vernis au mastic.

Page 1