THESES
Ncwman a systématisé la théorie des développements de la doctrine religieuse. Sa théologie évolutionnisle est devenue la théologie du nouveau catholicisme qui rejette le principe conservateur de l'immutabilité du dogme.
Bayle a remarqué dans l'histoire de l'idée du développement une curieuse intervention des rôles. Vers la fin du XVI"' siècle, un catholique, Latomus, comparait l'Église à un petit ours qui n'avait pu recevoir sa l'orme qu'après avoir été léché pendant plusieurs siècles ; l'Église n'était parvenue à la perfection que par degrés. Contre Latomus un protestant soutint que la loi du Christ — éternelle — n'a pas besoin du temps^pour se perfectionner. Plus tard, Jurieu reprit l'hypothèse' de [Latomus pour répondre à Bossuet affirmant « l'impossibilité des changements insensibles ».
Newman a vu dans la Réformation une hérésie, une doctrine hérétique. La Réformation n'est pas une doctrine, c'est un esprit.
L'Église anglicane porte en son sein un principe de division: sa confession de foi des XXXIX Articles est protestante, son Frayer Book est catholique. Les anglais disent que leur Église est « compréhensive ». Cette Église vit très bien sur un compromis comfo; table.
Certains esprits, identifiant le christianisme avec le catholicisme, posent le problème contemporain entre le catholicisme
et la libre-pensée, rejettent le catholicisme comme impossible et proclament la nécessité de la libre-pensée. A cette thèse nous opposons une autre thèse : « celle de la possibilité et de la nécessité d'un christianisme intérieur et mystique, affranchi de la tradition ecclésiastique et aussi éloigné de la libre-pensée irréligieuse que du catholicisme historique. » (Henri Bois).
L'œuvre et la personne du Christ ont une valeur absolue et universelle.
La prédication chrétienne réclame la psychologie, c'est-à-dire une étude approfondie de l'âme humaine.
Vu : le Président de la soutenance :
Montauban, le 22 juin 1902.